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Alpha, Cellou et Sidya : qui faut-il croire ?

Mamady Kéita   Mardi, 29 Septembre 2015 18:40

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CONDE_Alpha_DIALLO_Cellou_Dalein_TOURE_Sidya_01Guinea is back est l’un des slogans chers au candidat Alpha Condé, qui dit avoir réussi à réaliser en 5 ans ce que ses prédécesseurs n’ont pu faire en 50 ans. D’où cette envie de rempiler pour un second mandat, qui anime le chef de l’Etat. De quoi provoquer l’ire chez ses principaux adversaires que sont Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, qui jugent le bilan du professeur en deçà des attentes. D’où leur combat pour que la Guinée parvienne à une alternance à l’issue du scrutin du 11 octobre.

Le scrutin du 11 octobre prochain mettra aux prises 7 candidats avec le président sortant. Tous ces 8 candidats se sont lancés dans la pêche aux électeurs, car le vote approche à grands pas. Et ce sont les suffrages des électeurs qui vont départager les candidats dans ce scrutin qui se veut juste et transparent. Au-delà de toute considération d’ordre subjectif. Parmi ces candidats, 3 sortent du lot. C’est là quelque chose qui saute aux yeux. Il s’agit du président sortant Alpha Condé, de Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée, et de Sidya Touré, candidat de l’Union des forces républicaines. De la manière dont se dessine ce vote, tout porte-à-croire que l’on s’achemine vers un remake de la présidentielle de 2010, quand ce trio avait occupé la tête du scrutin. Il avait fallu un second tour pour départager les deux challengers, à savoir Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, qui avaient gardé le cap, tandis que Sidya Touré se détachait, faute de voix suffisantes pour la suite de la compétition. Au final, c’est Alpha Condé qui avait réussi un tour de force qui est demeuré dans les annales de l’histoire de notre pays. En réussissant à passer de 18% des voix à plus de 51%. Au grand dam de Cellou Dalein Diallo, qui avait pourtant réussi à laminer ses adversaires, qui étaient au nombre de 23 au premier tour, en obtenant 44%. Ce sont les mêmes adversaires qui reviennent dans les starting-blocks, cette fois-ci encore, pour ce qui est d’Alpha, Cellou et Sidya. A la différence que le président sortant a un bilan à défendre. Un bilan qu’il juge glorieux. A travers des discours populistes, Alpha Condé ne rate aucune occasion pour dire qu’il a fait en 5 ans ce que ses prédécesseurs n’ont pas réussi en 50 ans. Le trophée qu’il brandit pour appuyer son argumentaire est le barrage hydroélectrique de Kaléta. Le professeur promet de s’atteler à la construction du barrage de Souapiti, dès sa réélection.

A part Kaléta, le candidat du parti au pouvoir a à son actif la réforme opérée au sein des forces armées. Mais qui laisse un goût d’inachevé. A cela s’ajoute le secteur judiciaire, qui a subi elle aussi une restructuration, avec l’adoption du statut de la magistrature et l’installation du Conseil supérieur de la magistrature.

Même si la justice continue d’être un appendice de l’exécutif, aux yeux de maints observateurs. Ce sont là entre autres arguments de campagne, brandis par Alpha Condé, qui s’attend à une victoire dès le premier tour du scrutin. En effet, le président et le RPG Arc-en-ciel, rêvent de l’emporter haut la main. Le slogan choisi pour exprimer cette conviction est le fameux « Un coup KO ». Car les militants de cette mouvance qui mettent en avant les « acquis » de la troisième République, pensent que leur candidat est le favori de cette élection.

Les adversaires d’Alpha Condé y voient plutôt une manœuvre visant à préparer les esprits à une fraude électorale, que le pouvoir pourrait orchestrer, pour permettre au président sortant de rempiler.

Cellou Dalein Diallo, le candidat de l’UFDG, balaie du revers de la main les arguments de campagne de la majorité présidentielle, en affirmant partout où il est passé depuis le début de sa tournée de campagne, que c’est l’année de « sa victoire ». Et que les Guinéens veulent désormais le voir diriger le pays.

Dalein promet des emplois pour lutter contre le chômage, une fois au pouvoir.

Il dépeint Alpha Condé comme un acteur de la division ethnique, dont le sort sera scellé à l’issue du scrutin du 11 octobre.

Le président de l’Union des forces républicaines (UFR) Sidya Touré, lui, réclame simplement cinq ans pour apporter le vrai changement à la Guinée. « Juste cinq ans pour montrer aux Guinéens que la pauvreté, la famine, l’ethnocentrisme ne sont pas des fatalités ». Pour lui, « le seul obstacle que les Guinéens doivent surmonter ensemble, c’est Alpha Condé ». 

A jour J-13, Cellou Dalein Diallo, le candidat qui veut « gouverner autrement » et Sidya Touré, qui promet de faire gagner la Guinée à tous les coups, pourront-ils avoir le dessus sur Alpha Condé, celui qui dit avoir ramené la Guinée dans le concert des Nations ? Seul le verdict des urnes, pourra nous apporter une réponse à cette question.


Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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