Heinan Goba Mardi, 11 Octobre 2011 18:21
La télévision nationale, plus que par le passé, ne s'était fatiguée qu’à montrer les images des gendarmes et policiers blessés, dit-elle, par les manifestants du 27 septembre. Sur le petit écran, passaient en boucle, des images de manifestants en train de jeter des pierres aux forces de l'ordre.
A part ceux de forces de l'ordre répondant à ces jets de pierres par des bombes lacrymogènes, aucun cliché des exactions et autres atrocités commises par les gendarmes et les policiers dans les quartiers favorables à l'opposition n'a été montré au public.
Aucun journaliste de la télévision nationale n'a vu un manifestant battu à sang par les forces de l'ordre, un domicile envahi par des gendarmes et des policiers. Une pratique qui, de l'avis des observateurs, a pourtant duré deux à trois jours après la marche de l'opposition empêchée par le pouvoir.
Les descentes musclées des forces de l'ordre dans les familles à Hamdaalaye, Wanidara et environs ont été passées sous silence. L'objectif visé étant, sans doute, faire croire à l'opinion nationale et internationale que cette marche de l'opposition n'avait rien de pacifique.
Fort heureusement, grâce au développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication, des images des bidasses ont été prises pendant qu'ils se livraient à des violences de tout genre. Pendant ce temps, de petits malins ont pu à travers leur téléphone portable, le plus souvent, les filmer.
C'est donc pour rétorquer au gouvernement et à sa télévision qui ont fini par embarquer les Guinéens, les plus naïfs, dans leur bateau, que les auteurs de ces vidéos amateurs font circuler actuellement ces images à Conakry. Mais cela n'a pas tardé à provoquer le courroux de l'Etat-major général des armées.
Dans un communiqué rendu public lundi, le chef d'Etat-major général des armées s'est insurgé contre cette réponse à laquelle il ne s'attendait pas. Pour lui, toutes ces images qui circulent actuellement à Conakry ont été prises ailleurs. Et le seul but est de ternir l'image des forces de l'ordre qui ont pourtant bien fait leur travail.
Le Général Souleymane Kelefa Diallo lance un avertissement aux auteurs de cette campagne qu'il appelle campagne d'intoxication. Il veut l'arrêt immédiat de la diffusion de ces images. Ce qui n'est pas pour maintenant. Pour ne pas dire, que ce n'est plus possible en cette ère de la révolution numérique.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com