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Scrutin électoral : le pire est-il à craindre ?
Aliou Sow Mardi, 22 Septembre 2015 18:27
Le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo, multiplie les menaces qu’en cas de manipulation des urnes lors du vote du 11 octobre, il ne sera pas disposé à accepter les résultats. Il adresse dans cette foulée, une mise en garde aux forces de défense et de sécurité, les invitant à ne pas s’immiscer dans le processus électoral, en soutenant un camp contre un autre. Ces sorties musclées ne sont pas de nature à rassurer l’opinion sur l’issue de cette présidentielle, quand on sait que le président sortant veut coûte que coûte rempiler, tandis que l’opposition rêve d’une alternance.
Cellou Dalein Diallo a quitté Conakry pour l’intérieur du pays samedi dernier, dans le cadre de la campagne électorale qui a débuté le 9 septembre dernier. Avant de quitter la capitale, le candidat de l’UFDG a fait un tour du côté de Dubréka, où dans un stade archicomble, il s’est adressé à la foule. Ce discours musclé, a été une occasion pour Cellou Dalein Diallo de saper la gouvernance de M. Alpha Condé.
Il a invité les électeurs de cette localité à lui accorder leurs suffrages, dans l’espoir d’apporter un véritable changement en Guinée. A travers nos confrères d’africaguinee.com, nous avons pu parcourir quelques extraits de cette sortie qui n’était qu’à l’image des différents discours tenus depuis le début de la campagne par le président de l’UFDG. Par la teneur empreinte de fermeté.
Devant les populations du quartier de Tobolon, à Dubréka, Dalein lance : « Ce quartier de Tobolon incarne beaucoup de malheurs et de misère dont souffre notre peuple. C’est un quartier enclavé qui n’a pas les infrastructures essentielles (routes, eau, électricité). Vous voulez le changement. Pourtant ce changement vous était promis. Mais M Alpha Condé, le petit Roi, n’a rien apporté. Il n’a pas pu répondre aux attentes de notre population, parce qu’il est venu apprendre comment gérer un pays, il n’avait ni l’expérience, ni la compétence.
Mais au-delà du déficit d’infrastructures, je vois dans cette jeunesse beaucoup d’anxiété parce qu’elle n’a pas d’emplois, elle n’a pas d’espoir, il n’y aucune perspective devant elle. J’ai décidé de dédier mon prochain mandat que vous allez me donner, à la jeunesse. Je m’occuperai d’elle en faisant en sorte que ceux qui sont à l’école reçoivent un enseignement de qualité et qu’ils soient préparés à affronter la compétition de la vie. Il faut qu’à l’école qu’on leur donne les outils nécessaires à l’exercice d’emploi décent dans la vie. Il faut que ceux qui ont fini leurs études puissent avoir de l’emploi.
Je ferai en sorte qu’il y ait un choc de confiance entre les Guinéens, mais aussi entre les administrés et les administrateurs. Je ferai en sorte qu’entre la Guinée et l’extérieur, il y ait la confiance pour que ceux qui disposent de la technologie, des capitaux viennent investir dans notre pays, créer de la richesse et des emplois. »
De la gouvernance d’Alpha Condé
Le chef de l’opposition est très amer vis-à -vis de la gouvernance d’Alpha Condé, qu’il considère comme étant marquée par une corruption endémique.
« Aujourd’hui, beaucoup d’usines ont fermé, ceux qui avaient des projets d’investissement dans notre pays sont partis, parce que le gouvernement en place est non seulement incompétent, mais corrompu. Le Petit Roi ne cherche qu’à satisfaire ses besoins et les préoccupations d’un clan qui est autour de lui et qui cherche à pérenniser le Pouvoir. Est-ce que nous allons l’accepter ? Le 11 octobre prochain, c’est à vous les jeunes, les femmes, les sages de décider. Nous ne voulons plus de ce régime qui ne crée pas d’emploi, qui divise notre peuple, qui n’assure pas la sécurité des citoyens. Est-ce que vous allez accepter qu’on continue comme ça ?
Le 11 octobre, le Pouvoir vous appartient. Il faudra le prendre et décider en toute responsabilité d’éloigner Alpha Condé et sa clique du Pouvoir.
Pour que la Guinée soit dirigée par une équipe capable d’assurer la réconciliation, de promouvoir la fraternité et de garantir la dignité de tous les fils du pays sans aucune discrimination. Nous en avons marre de la discrimination fondée sur l’ethnie. Nous voulons l’égalité de tous les citoyens du pays devant la justice et devant les biens communs. »
Du projet d’alliance avec Dadis Camara…
Le candidat de l’UFDG n’a pas digéré le tollé suscité par son projet d’alliance avec Dadis Camara, ancien putschiste et leader du FPDD. Notamment dans le camp présidentiel, où on a tenté, selon lui, de saper la démarche en essayant de diviser les populations forestières. « Alpha Condé, sa politique c’est de diviser pour régner. Lorsque le capitaine Dadis Camara a décidé d’avoir une alliance avec l’UFDG, il a cherché à diviser la Forêt en disant que les Mano sont ceci, les Guerzé sont cela. Nous ne voulons pas ça. Nous voulons un président de tous les Guinéens, qui assure l’unité de notre pays et l’égalité des citoyens. Alpha Condé en est incapable, vous l’avez vu. Est-ce que nous allons permettre que notre pays continue encore sous un régime comme ça ? Alors mobilisez-vous pour sanctionner Alpha Condé le 11 octobre prochain, pour avoir méprisé notre peuple, diviser notre nation, aggraver la pauvreté et augmenter le chômage. Est-ce que vous êtes prêt ? "Oui". Alors nous comptons sur vous. »
Mise en garde contre la CENI et les hommes en treillis
« Je vais mettre en garde le Gouvernement et le Petit Roi. Cette fois-ci on n’acceptera pas que nos suffrages soient volés. Il faut qu’ils comprennent qu’on ne meurt qu’une fois, lorsque Dieu l’aura voulu. Cette fois-ci, on va tous se mobiliser, se lever et dire non au holdup électoral. Est-ce que vous êtes prêts pour ça ?
Nous lançons un appel à nos forces de défense et de sécurité. Nous les mettons en garde pour l’exécution d’instruction qu’ils recevraient de réprimer leur peuple.
S’ils ne peuvent pas se mettre au service de la démocratie, alors qu’ils observent la neutralité la plus absolue. Parce que le Peuple se lèvera pour dire non au vol, non à la dictature, non à la confiscation de ses suffrages. Les militaires, les gendarmes et les policiers, leur mission, c’est de défendre la démocratie, l’intégrité territoriale. Aujourd’hui, ils le savent, M Alpha Condé et sa clique sont en train d’instaurer une dictature en Guinée dans le mépris total de nos compatriotes. S’ils ne peuvent pas nous débarrasser d’Alpha Condé, alors qu’ils protègent la vie des Guinéens au lieu d’être une source d’insécurité pour leurs compatriotes. »
Cellou Dalein Diallo dans son adresse, reconnait que l’accord du 20 août n’a pas été appliqué. Sur les raisons, il pointe du doigt Alpha Condé et Bakary Fofana, président de la CENI. Pour lui, ces deux personnalités portent « la responsabilité de tout ce qui adviendra lorsqu’ils vont proclamer ici des résultats qui seront contraires à la vérité des urnes. Parce que les Guinéens n’accepteront pas, qu’ils le comprennent une fois pour toute. Est-ce que vous êtes d’accords qu’on se batte ? »
Comme on le voit, Dalein n’a plus le même discours qu’en 2010. Cette fois, il appelle carrément ses électeurs à défendre leurs votes. Même au péril de leurs vies. Face à un pouvoir réputé pour ses méthodes brutales, en témoigne la soixantaine de morts enregistrée depuis l’avènement d’Alpha Condé aux affaires en 2010, il faut craindre le pire.
Il faut rappeler que dans un récent rapport publié par Amnesty International, l’ONG rappelle que « les autorités guinéennes doivent contrôler les forces de sécurité à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre et veiller à ce qu’elles n’usent pas une nouvelle fois d’une force excessive lors d’affrontements avec les manifestants ».
Amnesty International sonne le tocsin en disant : « bien que le secteur de la sécurité ait été réformé, le risque est élevé que de nouvelles violations se produisent en 2015, si des mesures ne sont pas prises en vue de faciliter les rassemblements pacifiques, de garantir la liberté de réunion et de prévenir le recours excessif à la force ».
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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