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Transparence du scrutin : faut-il se fier à la Communauté internationale ?

Aliou Sow  Jeudi, 17 Septembre 2015 22:01

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CHAMBAS_Mohamed_Ibn_2_01La mission conduite par le représentant en Afrique de l’Ouest du secrétaire général des Nations Unies, Mohamed Ibn Chambas, qui a séjourné durant deux jours en Guinée, est arrivée à la conclusion que des progrès avaient été réalisés dans la perspective de la tenue de la présidentielle du 11 octobre. Pourtant, l’opposition ne semble pas partager ce point de vue, elle qui menace de se retirer du processus électoral, faute de l’application intégrale de l’accord du 20 août.

La communauté internationale vient de dépêcher une mission à Conakry, sous la conduite d’Ibn Chambas. Cette mission qui a séjourné du samedi au lundi dernier dans la capitale, a pu s’apercevoir selon elle, des progrès réalisés dans les préparatifs du vote. Aux côtés du représentant spécial de Ban Ki-moon, on notait la présence de représentants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union africaine et de l’Organisation internationale de la Francophonie. « L’objectif de la mission était de s’assurer que les conditions pour des élections crédibles, transparentes et apaisées sont réunies », ont rappelé l’ONU et ses partenaires dans un communiqué de presse conjoint.

Durant cette mission, la délégation a rencontré les autorités guinéennes, les responsables politiques, les représentants de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les partenaires techniques et financiers qui soutiennent les élections.

« Nous avons noté les avancées significatives dans la mise en œuvre de l’Accord du 20 août, en particulier les décisions portant sur la recomposition des délégations spéciales et la nomination des deux représentants de l’opposition. Nous nous félicitons également des progrès dans la révision du fichier électoral », ont noté l’ONU et ses partenaires.

Dans ce sens, une réunion extraordinaire, présidée par le ministre de la Justice, a eu lieu lundi entre le Comité de suivi élargi de l’Accord du 20 août et le Comité technique de suivi de la consolidation du fichier et la finalisation de la liste électorale. La révision d’un dernier échantillon de votants est l’étape qui achèvera le processus de révision du fichier et ouvrira la voie à la tenue des élections, souligne le communiqué.

Pour la CEDEAO, l’Union africaine, l’OIF et les Nations Unies, le processus électoral doit se poursuivre en conformité avec les dispositions prévues dans le code électoral et la Constitution guinéenne. « Nous en appelons, une fois de plus, à la CENI et aux institutions administratives et judiciaires engagées dans le processus électoral, de continuer leurs efforts pour ranger la Guinée au nombre des pays qui inspirent les autres en matière de tenue d’élections inclusives, crédibles, transparentes et apaisées. Tous ont un rôle historique à jouer dans la conduite des élections à venir, en commençant par le scrutin présidentiel », déclare le communiqué de presse.

« Nous appelons en particulier les candidats à la retenue et au respect mutuel, en évitant de recourir à des propos provocateurs et diffamatoires. Nous les encourageons également à instruire leurs partisans à conserver une conduite pacifique, afin de prévenir tout acte de violence », ajoute-t-il, précisant que la communauté internationale continuera d’apporter toute l’assistance nécessaire pour des élections apaisées en Guinée, le 11 octobre.

« Le problème sur la CENI est réglé ». Devant les médias au siège du système des Nations Unies à Coléah, le diplomate onusien Ibn Chambas, au terme des deux jours de mission, a annoncé que trois points essentiels des accords politiques du 20 août 2015, sont réglés.

Premièrement, Ibn Chambas affirme que le problème de la CENI est terminé. « Le problème sur la CENI est réglé. Les deux commissaires ont été choisis et ils ont bénéficié du décret du président de la République », a-t-il dit.

Deuxièmement, il a mentionné que sur les 128 délégations spéciales, il n’en reste que trois et qu’un consensus est trouvé. « Sur les 128 délégations spéciales, il ne reste que trois et on a trouvé un consensus après les consultations qu’on a eues avec les différents partis politiques. »

Enfin, Ibn Chambas soutient que cet autre point ne fera plus l’objet de contestation. « Pour le fichier électoral, deux heures d’horloge ont été accordées aux experts techniciens des deux parties (opposition et mouvance présidentielle) sous leur propre demande. Nous leur avons demandé si les deux heures suffisaient pour ce travail d’un fichier électoral de plus de six mille électeurs. Ils nous ont répondu qu’ils ont déjà fait ce type de travail dans d’autres pays. Qu’avec 100 millions d’électeurs, ça leur a pris juste 30 min ».

Toujours dans sa déclaration, Ibn Chambas a annoncé que la CENI a donné l’assurance qu’elle va selon les accords politiques du 20 août dernier, donner un disque comportant le fichier électoral final à chacun des candidats en lice pour le scrutin présidentiel du 11 octobre 2015.

« Le président de la CENI, Bakary Fofana nous a promis que dès demain (mardi 15 septembre 2015, NDRL), il va appeler les candidats ou leurs représentants pour leur donner des informations sur le niveau d’avancement du processus électoral », a-t-il conclu.

Cette conclusion de la Communauté internationale laisse une fois de plus de nombreux observateurs sur leur faim. Quand on sait que la CENI aurait déjà commencé l’impression des cartes électorales en cachette, loin des regards indiscrets. Ceux qui ont tenté de percer les mystères qui se cachent dans certaines villas de la cité des Nations, en ont été empêchés. Allez-y comprendre.


Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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