Richard Tamone Mercredi, 16 Septembre 2015 16:13
« Ensemble avec vous et pour vous, nous avons parcouru du chemin, nous avons remonté des obstacles. Nous avons relevé les défis », a déclaré le président Alpha Condé, lors de son intervention. Le président a par la suite fait savoir que les chiffres et les analyses des observateurs nationaux et internationaux attestent que la Guinée se porte mieux. Aujourd’hui, déclare le candidat de la mouvance présidentielle, l’éducation est de meilleure qualité. Cela a été possible grâce à la construction des infrastructures.
Pour Alpha Condé, durant cinq ans, il a parcouru les villes et villages du pays, afin de toucher du doigt des progrès réalisés et certaines insuffisances qui prévalent. Le président a ensuite cité le projet agroalimentaire entrepris par son gouvernement. Chose qui aurait permis, dit-il, un accroissement notoire de la production qui est passée selon lui, d’un million de tonnes de riz en 2002, à 2 millions de tonnes en 2014. Toute chose qui a permis de réduire le prix du sac du riz. Avec cette performance, la période de soudure n’existe plus.
Parlant de la réhabilitation des voies routières (photo : la route Mamou - Labé « réhabilitée », Ndlr), Alpha Condé a dit que pendant son magistère, 4 mille kilomètres de routes ont été réhabilités et plus de 2 mille 680 kilomètres de pistes rurales ont été construites. Ces réhabilitations ont favorisé la commercialisation de produits agricoles, l’augmentation de revenus des familles, a-t-il souligné.
Alpha Condé a aussi touché le secteur des NTICS et de la téléphonie, en disant qu’en cinq ans, la téléphonie s’est répendue de façon exponentielle sur tout le territoire du pays. « De 4 millions 200 abonnés en 2010, nous sommes arrivés à 9 millions 200 mille en 2014. Le nombre d’utilisateurs d’internet est passé dans la même période de 30 mille à 2 millions », a précisé le président candidat.
Concernant les réformes qu’il a engagées depuis qu’il est à la tête de l’Etat, Alpha Condé a indiqué qu’au sein de l’administration guinéenne mais également celle de l’armée guinéenne sont en bonne voie.
Il a par la suite déploré qu’au moment où le pays s’apprêtait à prendre son envol pour sortir du joug de la pauvreté, une meurtrière fièvre hémorragique à virus Ebola soit apparue. Cette épidémie a étouffé les projets de développement, dit-il. Avant d’ajouter que les épreuves enregistrées par les Guinéens, leur ont permis de tirer des leçons dans le domaine de la santé.
Le président sortant a conclu en invitant ses compatriotes à lui faire confiance, afin que les projets qu’il a entamés pour la Guinée, fassent de ce pays, un pays émergent. « Je crois que dans cinq ans, ces projets feront de notre pays, un pays émergent, qui tiendra sa place en Afrique de l’Ouest », a-t-il conclu.
Quant au président de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré, il a appelé ses compatriotes à plus de responsabilité et à choisir celui qui est à même de résoudre les problèmes au quotidien.
Sidya a souhaité que cette campagne puisse être une occasion pour le déroulement d’un débat républicain, qui permettra à tous les Guinéens de juger à travers « des bilan contre bilan, vision contre vision, afin de savoir exactement qui d’entre les candidats sera à même de satisfaire les désidératas, de satisfaire les besoins essentiels des Guinéens ».
Concernant le président du Parti de l’espoir et du développement national (PEDN), il a quasiment contredit le discours du président Alpha Condé. Le président du PEDN a entamé son intervention par faire remarquer que c’est grâce aux alliés notamment, le PEDN que le président sortant a été porté à la magistrature suprême. Avant de souligner que les cinq années du mandat d’Alpha Condé se sont écoulées, mais que les mêmes problèmes demeurent intacts.
Il a par la suite ajouté qu’au plan politique et institutionnel, les institutions républicaines ne sont ni toutes mises en place, ni indépendantes. Lansana Kouyaté n’a pas aussi occulté l’insécurité qu’il a qualifiée de galopante, le sous-emploi et le chômage des jeunes, avec une économie complètement dans le rouge.
Le président du PEDN va jusqu‘à donner des chiffres des institutions de Breton Woods, pour appuyer son propos. Selon Kouyaté, ces dernières estiment que le taux de croissance de la Guinée sera au mieux de 0,5%, contrairement à la Côté d’Ivoire, pays qui a été en guerre, et à la Sierra Leone, qui a connu aussi la guerre.
« Notre pays est classé 179e sur 187 selon l’indice de développement humain des Nations unies », a fait savoir le candidat du PEDN. Avant d’ajouter qu’aucun des secteurs essentiels, à savoir, l’agriculture, l’industrie, les transports, les mines, le tourisme, n’a connu de progrès. Et quant au secteur de l’éducation, Kouyaté a laissé entendre que ce secteur est dans un état lamentable. Concernant le secteur de la santé, il a souligné que la majorité des Guinéens n’ont pas accès aux soins primaires. Quant à l’armée nationale, selon lui, c’est une pyramide renversée. Sans compter, dit-il, les dysfonctionnements de ce corps de défense. « Je pense aux 4 300 retraités qui ont droit aux mesures d’accompagnement promises », martèle-t-il.
Le manquement au niveau de l’environnement, l’insalubrité, ont été passés au crible par le président du PEDN. De tous ces maux, et ce grâce à son carnet d’adresses, des cadres de son parti et ses alliés, Kouyaté pense détenir le remède.
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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