Mamady Kéita Mardi, 15 Septembre 2015 16:37
Le pouvoir ne semble pas partager l’hypothèse d’un report du scrutin du 11 octobre, avancée par certains partenaires au développement, ce malgré le blocage enregistré dans l’application de l’accord du 20 août. Pire, le président de la République a pris un décret pour ne confirmer que l’un des deux commissaires désignés par l’opposition au sein de la CENI. De quoi attiser les rancœurs, à jour J-25 du vote.
La tenue du scrutin présidentiel le 11 octobre pourrait poser problème, vu que l’accord du 20 août tarde à se traduire en actes. A jour J-25, aucun des trois points litigieux n’a été résolu, en termes d’application de l’accord. Les choses semblent prendre une autre tournure d’ailleurs, avec ce décret du chef de l’Etat qui n’a confirmé que Mme Saran Kanté, la commissaire désignée par l’UFR de Sidya Touré. Omettant ainsi Mme Bah Ramatoulaye, du PGRP, désignée elle aussi par l’opposition. Cet acte du président de la République est perçu comme une « provocation », dont le but serait « d’exaspérer l’opposition », afin de l’amener à se retirer du processus électoral.
Il revient désormais aux opposants de tirer les leçons de ce que certains observateurs qualifient de « mauvaise foi » de la majorité présidentielle, dont les actes viseraient à torpiller le processus électoral. A l’allure où vont les choses, la tenue du scrutin à la date indiquée ne pourrait que mener à un désordre électoral. C’est du moins l’avis de maints observateurs, qui craignent des troubles. Car, pour eux, tous les ingrédients sont réunis pour que la Guinée renoue avec ses vieux démons. Pour éviter que le vote ne soit bâclé, ces observateurs recommandent le report du scrutin. Un avis partagé par la communauté internationale, qui participe au financement de cette élection présidentielle. Mais de son côté, la CENI assure que la date du 11 octobre est « tout à fait tenable. » Son porte-parole Salif Kébé a indiqué lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée la semaine dernière que son institution avait la capacité de dérouler son chronogramme comme il faut. Les représentants de l’institution ont fait savoir à cette occasion qu’ils étaient à 6.042.000 électeurs inscrits pour la présidentielle. Promettant de publier la liste des bureaux de vote, et de procéder à l’impression des cartes et des listes définitives dans les bureaux de vote, dans les jours à venir.
Malgré les arguments avancés par la CENI, l’opposition ne semble pas rassurée. Car le comité technique désigné pour assainir le fichier électoral aura encore besoin de temps pour mener sa mission. Contrairement aux déclarations des commissaires, qui ont l’air de vouloir organiser coûte que coûte le scrutin le 11 octobre. Même si toutes les anomalies n’étaient pas corrigées. Ce qui ne serait qu’à l’avantage du candidat Alpha Condé. Ses adversaires pensent en effet que l’augmentation du nombre d’électeurs à la faveur de la révision des listes électorales, qui s’est faite à hauteur de plus de 1 500 000 électeurs, ne serait profitable qu’à la majorité présidentielle. Etant donné que c’est dans le fief du RPG Arc-en-ciel que le gros de ces électeurs, dont la plupart seraient des mineurs, ont été enrôlés. Pour finir, il faut dire que l’opposition a le choix entre exiger un scrutin transparent, ce qui supposerait le report de la date du 11 octobre, ou un saut dans l’inconnu, les pieds joints.
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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