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Qui est donc cet Idrissa Thiam nommé par Alpha Condé ?

L'oeil de GuineeActu  Lundi, 10 Octobre 2011 19:48

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THIAM_Idrissa_conseiller_Conde_01Les journaux et autres sites Internet ont failli en faire leurs choux gras : la nomination d’Idrissa Thiam, qui rappelle le nom d’un autre, tristement célèbre, avait provoqué une vive levée de boucliers, mais sans jamais surprendre le Guinéen le moins intelligent. Tant les actes d’Alpha Condé ne sauraient surprendre personne, vu le retour de tous les anciens : Fodé Soumah, Tidiane Souaré, Alpha Ibrahima Keira, May Kaba Camara, etc. Mais qui est alors cet autre Idrissa Thiam ?

Le Bureau de presse de la Présidence de la République éclaire la lanterne : « Soutenir les efforts du Président de la République en vue de répondre aux nombreuses attentes du peuple de Guinée, c’est du moins ce qui ressort de la déclaration de monsieur Idrissa Thiam, nouveau conseiller spécial du Pr Alpha Condé. Monsieur Idrissa Thiam, à ne pas confondre avec un autre Idrissa Thiam qui fut directeur du Protocole d’Etat sous le régime de feu le général Lansana Conté, s’emploiera à mener les négociations avec le FMI et le club de Paris dans le cadre de la réduction de la dette guinéenne. In fine, l’objectif est que notre pays puisse atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) et ainsi l’annulation des 2/3 de cette dette soit 2 milliards 400 millions de dollars US.

Economiste, ancien fonctionnaire au Fonds Monétaire International, l’appui et les conseils de monsieur Idrissa Thiam seront utiles pour que la Guinée puisse respecter l’ensemble des critères d'éligibilité exigés par les institutions internationales dans le cadre de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. La Guinée doit en effet faire preuve de politiques avisées, respecter les normes de bonne gouvernance économique, avant d'obtenir cet allègement, donnant ainsi l'assurance que les ressources libérées seront utilisées à bon escient pour faciliter son avancée dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies, qui visent à réduire de moitié la pauvreté d'ici à 2015. Le Chef de l’Etat ne pouvait trouver mieux cadre qu’Idrissa Thiam dans le domaine pour l’atteinte de ces objectifs. Â»

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Voici à quoi ressemble l’autre Idrissa Thiam…

L’ancien directeur chef du Protocole d’Etat, le présumé principal architecte – Idrissa Thiam, protégé de l’une des nombreuses douces moitiés du vieux général expirant ‒ des décrets et contre-décrets sous le régime bananier de Lansana Conté, au plus fort moment de sa profonde déconfiture, a été rappelé mercredi par le président Alpha Condé, en qualité de conseiller. Zoom sur un délinquant économico-administratif.

Idrissa Thiam, dont le Fonds koweitien a déjà été cité dans les 20 dossiers identifiés par la junte, nos confrères du journal ‘’La Vérité’’ évoquaient le détournement de 23 478 687,27 USD par l’ancien directeur chef du Protocole d’Etat. Des révélations reprises par un site Internet guinéen. Lequel rappelle par ailleurs que « Jusqu’à l’arrivée du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) qui l’a évoqué et instruit le Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie de faire la lumière sur ce rocambolesque dossier. Sous la supervision du docteur Ousmane Kaba, ce comité a audité le dossier et livré, depuis mars 2010, ses conclusions au Conseil national de transition (CNT) à toutes fins utiles. Mais comme dans le cas des dossiers Air guinée, Guinomar, le chemin de fer, le projet coton, le Fonds d’entretien routier (FER), la BCRG, la CBK et Futurelec Holding, le CNT a jugé curieusement utile de ne pas en parler. Â»

Et ce site – l’administrateur est actuellement dans les grâces du cercle présidentiel – d’ajouter comme rappel : « Il faut savoir qu’en 1976, comme déjà révélé par le journal ‘’La Vérité’’, la Banque centrale de la république de Guinée a reçu en placement un dépôt de 15 millions de dollars aux conditions ci-après : dépôt de 02 ans renouvelable sur accord des deux parties ; taux d’intérêt, le taux du marché interbancaire international moins 1%. Ce montant devrait être viré sur le compte de la BCRG ouvert dans les livres de la First national Citibank à New York. Ainsi, à la date du 06 juillet 2001 le compte présentait un solde de 23.478.687,27 USD dont : montant du principal : 4.213.776,04 USD, montant des intérêts : 19.264.911,23 USD. Le solde de ces deux montants a fait l’objet d’un accord de conversion de dette signé le 16 juillet 2001 entre le gouvernement guinéen (le débiteur) et la SAG (le créancier). En d’autres termes la SAG a racheté la dette guinéenne qui devrait lui rembourser selon certaines modalités le solde de 6.574.032,23 USD. Ce payement devait s’effectuer en 2 tranches soit 1.643.508 USD aux échéances de juillet et août 2001 et 4.930.524, 32 USD en douze semestrialités égales à compter d’octobre 2001. Â»

Et, concluait le site, ce sont ces 6.574.032,23 USD qu’Idrissa Thiam et ses complices des Finances ont détournés. Mais en réalité, selon le comité d’audit piloté par Ousmane Kaba dont le parcours et l’enrichissement devraient imposer la prudence, il y a eu une terrible ténébreuse manÅ“uvre sur la gestion du fonds. En effet, la Koweitian Investment Authority (communément appelé dans l’affaire Fonds koweitien) a annulé la dette de 23.478.687,27 USD avec pour charge à la Guinée de la réorienter vers des secteurs sociaux (construction d’écoles, de centres de santé et de points d’eau). C’est ainsi, de l’avis de nos confrères (dont nous taisons le nom du site), citant le rapport d’audit, « De par sa position au ministère des Affaires étrangères où il officiait à l’époque, Idrissa Thiam a intercepté cette lettre d’annulation et a procédé à tout ce montage pour s’approprier cette somme. Ce que le Comité d’audit n’a pas également compris, c’est que la SAG n’a pas été la seule à racheter cette dette. Un autre groupe d’origine hindoue, monté par pièce et impliquant les mêmes acteurs se sont appropriés le restant des 23.478.687,27 USD moins les 6.574.032,23 USD déjà perçus dans la transaction avec la SAG. Voilà en des termes moins compliqués le fond du problème. Il s’agit du détournement de 23.478.687,27 USD d’une dette annulée et qui devait être reconvertie vers des secteurs sociaux profitables à la Guinée. Idrissa Thiam a reconnu le détournement des 6.574.032,23 USD et a cité ses complices mais n’a pas évoqué le reste puisque l’on ne lui a pas demandé. Â» La suite, on la connaît.

Idrissa Thiam a été en effet arrêté par la police suite à ses aveux. Des jours de détention, puis, libéré. Il s’est retrouvé d’abord en France avant d’atterrir aux Etats-Unis. Aujourd’hui, il est réhabilité par Alpha Condé. Comme pour prouver qu’il est président, rempart pour l’impunité. Certes, en recevant au Palais Sékhoutouréya Jonas Mukamba Kadiata Diallo, président du Comité d’audit nommé le 18 mars 2011 et de ses deux vice-présidents, Lamarana Diallo, économiste, et Mouctar Baldé, ancien membre du Comité d’audit sous le CNDD, tous deux nommés le lundi 6 juin 2011, Condé avait affiché sa réelle volonté de ne protéger personne, fût-il un allié. « Je n’ai l’intention de protéger personne. C’est pourquoi je vous donne carte blanche de contrôler tous les services financiers en vous servant de la loi. Sans faire de chasse aux sorcières ». Cette profession de foi suffit-elle pour continuer à s’encombrer de délinquants économiques ? La question reste posée. Ainsi va la Guinée du changement…


L’œil de GuineeActu.com


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