Moussa Traoré Lundi, 24 Août 2015 17:53
La présidente du Parti guinéen pour le progrès et le développement (PGPD), Bintou Touré, a crié sa colère contre la Commission électorale nationale indépendante (CENI), suite à l’augmentation du cautionnement à l’élection présidentielle de 2015, le mardi 18 aout 2015. Elle s’est exprimée lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à la Maison de la presse, devant un parterre de journalistes.
Mme Bintou Touré, candidate à la présidentielle de 2015, a indiqué lors de sa conférence de presse que la montée de la caution pour la candidature à ce scrutin est « exorbitante, faramineuse, indescriptible, pour un pays qui est à 52% de taux de pauvreté. Donc nous sommes vraiment indignés, nous affirmons avec la dernière énergie notre mécontentement, notre désolation, nous sommes dans un pays qui n’a même pas posé les bases du développement », a-t-elle déploré.
Elle poursuit son coup de gueule en disant: « je crois que la voie est ouverte pour le détournement des deniers publics parce que, quoi qu’on dise, pour quelqu’un qui fait sa vie, quelqu’un qui connait la situation politique de la Guinée, les situations des militants qui adhèrent souvent par conditions d’ordre mercantiliste, ces gens n’ont pas les moyens qu’il faut pour quand même, à ce qu’un parti politique ait toute cette somme, donc pour des gens qui travaillent honnêtement sans puiser dans l’argent du contribuable guinéen, je crois que cette caution est faramineuse », affirme la conférencière.
A en croire Bintou Touré, la CENI vient de bafouer quelque part la dignité humaine, les droits des Guinéens qui sont des droits inaliénables, qu’on doit respecter. Très malheureusement aujourd’hui ils se retrouvent dans un Etat avec une nouvelle version. D’après elle, la liberté qu’on a à se présenter est réduite aujourd’hui, et c’est dommage pour ce pays.
Par ailleurs, la présidente du PGPD, martèle ceci : « Notre code électoral ne fait pas de la caution sa priorité. Pour être éligible, premièrement, il faut être guinéen. Deuxièmement, il faut avoir 35 ans le jour du scrutin. Et troisièmement, il faut jouir de ses droits civiques. Et je crois que la caution vient dans ses droits de candidature. Donc nous tenons à dire ça à l’opinion nationale et internationale. »
Plus loin, elle répond aux gens qui considèrent certains partis comme de petits partis en Guinée, « qu’on a jamais vu un grand parti en République de Guinée rafler les suffrages sans l’appui de ces petits partis. Nous dirons à l’autorité que cette caution n’est pas raisonnable. »
Elle renchérit en disant aux autorités de ne pas regarder les pays limitrophes pour justifier de telles décisions de rehausser la caution électorale. « Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, déjà on n’a pas les mêmes niveaux de vie. On n’a pas les mêmes salaires, pas les mêmes situations, mais en attendant ils font la comparaison. La comparaison n’a pas raison. »
Poursuivant, la présidente du PGPD déplore le comportement des autorités guinéennes. Elle affirme que « pour le retour de Moussa Dadis Camara, la question qu’on s’est toujours posée au niveau du PGPD c’est de savoir qu’est-ce que Moussa Dadis Camara fait au Burkina ? Nous nous sommes toujours posé cette question. Je crois que le droit élémentaire d’un Guinéen, quand tu vas pour te soigner, c’est de retourner dans ton pays. »
Et d’ajouter : « c’est vrai, on ne l’exclut pas des événements du 28 septembre mais par sa personne morale, il ne peut se dissocier de cela parce qu’on a perdu des gens, des sœurs mais en attendant il a été victime aussi. Il est parti se faire soigner au Maroc. Il s’est retrouvé au Burkina et aucun Guinéen ne s’est demandé ce qu’il fait au Burkina. »
Bintou Touré estime « qu’on doit le laisser rentrer dans son pays, étant un fils de ce pays aussi. Je crois que c’est son droit jusqu’à preuve du contraire, c’est un Guinéen. Qu’on le laisse rentrer comme tout Guinéen. Je ne sais pas pourquoi, qui a peur et qui craint de le laisser rentrer. S’ils ont confiance en leur coup Ko. »
Pour terminer, la présidente du PGPD, n’a pas manqué de dire ceci : « Aujourd’hui la vague est en couleur jaune partout où on passe, c’est en jaune dans les medias de l’Etat. Si c’est vrai on n’a pas peur, si c’est vrai que la vague est jaune, si c’est vrai que le coup Ko est possible, ils n’ont qu’à laisser Dadis rentrer », a-t-elle conclu.
Moussa Traoré
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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