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A l’index : Tougué, des élèves filles-mères à la pelle !
Thierno Fodé Sow Lundi, 10 Octobre 2011 12:53
Les bonnes mœurs ont-elles perdu leurs valeurs à Tougué, dans les contreforts du Fouta Djallon ? Cette question agace aujourd’hui plus qu’elle ne préoccupe tant et si bien que les élèves filles-mères se comptent par dizaines dans cette ville fantôme où le seul loisir se trouve dans les labyrinthes insalubres et sombres du nouveau marché qui attend encore et toujours son déménagement.
L’endroit est connu de tous les jeunes – ils sont tous ou presque sous l’emprise de la drogue, de la cigarette ‒ et autres délinquants séniles soupçonnés, camouflés ou découverts. Ici, boutiques et magasins alors destinés aux marchandises, une fois l’éternel nouveau marché opérationnel ont cédé le pas à des maisons closes, buvettes, etc. Certains locaux n’ouvrent que la nuit. Cette situation ubuesque explique en grande partie l’accroissement des élèves filles-mères, obligées de fait d’interrompre leur cursus scolaire ou professionnel. Certaines filles piquent des grossesses, au sein même de leur famille à Tougué. D’autres, chez leurs tuteurs désignés, soit à Tougué ou à Labé où elles poursuivent leurs études secondaires, après un, ou deux échecs consécutifs. C’est là aussi qu’elles font l’Ecole normale d’instituteurs (ENI) ou l’école de la Santé.
Ce départ pour d’autres cieux devient alors vite un affranchissement pour la majorité des jeunes filles manifestement forcées à étudier. Très vite, elles lient amitié avec tel ou tel, tentent des aventures ou se font passer pour les plus émancipées de leur contrée. Conséquence : une grossesse, une dépravation, une succession de présumés avortements consentis ou pas. Bref une belle-vie (?). A Tougué centre, elles sont légion. Elles portent leur grossesse ou ont leur rejeton au dos la journée. La nuit étant trop chargée. Ou pire encore, abandonnent ceux-ci entre les mains de leurs parents, qui, de guerre lasse, acceptent d’adopter les innocents. En se libérant de leurs petits, ces jeunes filles remettent ça très souvent. Parfois avec d’autres hommes. Ce qui est surtout ahurissant, c’est la précocité de ces jeunes filles-mères. Leur âge varie entre 14 et 20 ans. Nous y reviendrons.
T. F. Sow








