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Présidentielle 2015 : le scrutin de toutes les incertitudes

Aliou Sow  Vendredi, 14 Août 2015 19:56

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CONDE_Alpha_31_01Le président Alpha Condé a validé lundi dernier par décret, la date du 11 octobre 2015 proposée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour la tenue de l’élection présidentielle. Et presqu’au même moment la CENI fixait la caution à payer pour les candidats ainsi que le plafonnement des dépenses pour la campagne électorale. Cet aspect grandiloquent des préparatifs de la présidentielle n’est en réalité que l’arbre qui cache la forêt, dans ce processus électoral, qui ne semble pas faire l’unanimité entre une opposition désabusée et un pouvoir réputé pour son jusqu’auboutisme.

La confirmation du chronogramme électoral à 60 jours du vote, est conforme au code électoral. Et c’est ce que le président de la République a fait lundi dernier. Levant ainsi l’équivoque qui entourait l’ordre des élections. L’opposition qui exigeait le déroulement des élections communales et communautaires avant la présidentielle, devra se faire à l’idée que ce schéma n’est plus possible. C’est le moins qu’on puisse dire suite à la validation de la date du 11 octobre par le chef de l’Etat.

La validation de ce chronogramme de la présidentielle a lieu alors que l’opposition s’est engagée dans une logique de confrontation avec le pouvoir. A travers une série de manifestations, qu’elle compte déclencher à compter du 17 août prochain. Arguant de l’échec du dialogue inter guinéen qui n’a accouché d’aucun accord probant. Au moment où nous allions sous presse, le principal parti d’opposition avait anticipé les choses, pour appeler ses militants à une journée « ville morte » pour ce mercredi. Une action déclenchée en guise de protestation du député Ousmane Gaoual Diallo, suite à une altercation avec un opérateur économique la semaine dernière. Il y a eu des voix dissonantes à cette décision de l’UFDG. C’est le cas de l’Union des forces républicaines de Sidya Touré, qui ne s’est pas associée à la démarche. Ce parti ne serait d’ailleurs pas partant pour l’épreuve de force avec le pouvoir. A moins qu’il ne fasse machine arrière, le parti de M. Touré ne sera pas partant pour les manifestations de rue projetées pour la semaine à venir. Le Parti de l’espoir pour le développement national de Lansana Kouyaté non plus ne sera pas de la partie. On est en face d’une opposition de plus en plus divisée, à mesure que le scrutin présidentiel approche. Ce qui mettra de l’eau sans doute au moulin de la mouvance présidentielle.

Pour revenir aux préparatifs du scrutin, il faut noter que la CENI poursuit sa mission. Elle vient de fixer le montant de la caution à 800 millions de francs guinéens par candidat et par parti politique pour le scrutin du 11 octobre prochain. L’institution a par la même occasion annoncé que le plafonnement des dépenses de campagne est fixé à 20 milliards de francs guinéens. La CENI précise que tout candidat qui va recueillir au minimum 5% des voix, sera remboursé de la caution de 800 millions de francs guinéens déboursée pour sa candidature. Ce, 15 jours après la proclamation des résultats de l’élection. Le dépôt des candidatures a débuté ce mercredi et se poursuivra jusqu’au 12 septembre.

Autre volet de cette organisation du vote du 11 octobre, c’est la désignation par la Cour constitutionnelle par ordonnance le lundi dernier des membres du collège médical, qui aura la charge de certifier la bonne santé des candidats à l’élection présidentielle. Ce collège comprend 3 membres et 3 suppléants, tous des médecins expérimentés. Leur prestation de serment s’est déroulée le mardi 11 août devant la Cour constitutionnelle.

A propos de la caution fixée par la CENI, certains opposants dont Sidya et Aboubacar Sylla y voient une manœuvre pour écarter simplement certains leaders. Pour le moment, l’opposition qui ne semble pas emboucher la même trompette que le pouvoir, sur les préparatifs des élections, se trouve dans un dilemme cornélien. Aller ou non à la présidentielle ? La réponse à cette interrogation se fera connaître d’ici le 12 septembre, date de fermeture des listes de candidature. Bien des gens pensent qu’à l’allure où vont les choses, participer à un scrutin dont les préparatifs seraient au seul goût du pouvoir, serait une sorte de pari risqué. Pour ces gens, aller à la présidentielle va servir simplement à légitimer une victoire du président sortant. Comme pour dire que le scrutin du 11 octobre s’annonce comme étant celui de toutes les incertitudes pour l’opposition et ses militants.


Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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