Alpha Oumar Diallo Lundi, 10 Octobre 2011 11:05
C’est une véritable claque qui a été infligée à Alpha Condé et ses acolytes. La demande d’extradition de Bah Oury, le numéro de 2 de l’UFDG, soumise à Interpol et annoncée en fanfare le weekend dernier a été purement et simplement rejetée.
Pour les uns c’est un cinglant désaveu, pour d’autres c’est une véritable humiliation aussi bien pour Alpha Condé que pour notre pays dans la mesure où le motif du rejet est dû à la méconnaissance des autorités guinéennes des compétences d’Interpol.
Pourtant, les textes d’Interpol sont très clairs et ne souffrent d’aucune ambigüité. «La Constitution d’Interpol précise que la coopération policière internationale doit être menée dans l'esprit de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Sur un thème similaire, des directives claires sur la neutralité ont été aménagées. « Il est strictement interdit à Interpol de procéder à toute activité à caractère politique, militaire, religieux ou racial » précise l’article 3 d’Interpol.
« Lancer un mandat d’arrêt dans ce cas, c’est montrer aux yeux du monde entier des méconnaissances des textes des institutions internationales des actuels gouvernant de la Guinée » analysent des diplomates européens en poste à Conakry. Mais, les carences des méconnaissances des textes d’Alpha Condé et ses proches, y compris constitutionnels ne datent pas d’hier. L’on se rappelle des décrets et des contre-décrets violant les normes réglementaires des nominations des cadres. Tout récemment, l’on se rappelle la nomination d’un cadre au poste de vice-recteur chargé des études à l’Université de Kankan alors qu’il est décédé, il y a de cela huit mois. Tout ceci dénote le manque de sérieux et de sérénité de la pléthore de conseillers qui entourent Alpha Condé.
Pour revenir aux motifs de rejet de ce mandat d’arrêt contre Bah Oury, comme c’est de ça qu’il s’agit dans ce papier, « à cause du rôle politiquement neutre qu'elle doit jouer, la Constitution d'Interpol lui interdit d'intervenir dans les affaires ne concernant qu'un pays membre, ou les crimes militaires, politiques, religieux ou raciaux. Les activités d’Interpol tournent, en général, autour du trafic et production de drogue, du terrorisme, du blanchiment d'argent, du crime organisé et de la criminalité transnationale » précisent les responsables d’Interpol.
Ce rejet d’extradition de Bah Oury par les responsables d’Interpol constitue un camouflet pour les autorités guinéennes. Elles apportent surtout une preuve de plus que nos gouvernants ne maitrisent non seulement pas les textes constitutionnels Guinéens mais auraient aussi des carences dans l’interprétation des textes des institutions internationales. L’on pourrait se poser la question, que fait cette pléthore de conseillers à la présidence de la République ?
Mais si ceci constitue un camouflet pour les autorités guinéennes, « Le fait d’avoir pu éloigner Bah Oury de la base électorale de l’UFDG à Conakry et à l’intérieur du pays où il jouit d’une très grande popularité mais aussi de le présenter comme l’ennemi public numéro un du régime donc l’homme à abattre » constitue une victoire pour Alpha Condé et ses acolytes, analysent plusieurs observateurs du microcosme politique guinéen. « Ce mandat d’arrêt peut non seulement galvaniser la base électorale du RPG tout en écornant fortement l’image de Bah Oury qui est perçu jusqu’ici comme étant un combattant pour la consolidation des acquis démocratiques mais aussi de respect des droits de l’homme » renchérissent-ils.
C’est maintenant à Bah Oury entouré de ses stratèges de savoir rebondir en prouvant dans un avenir proche qu’il n’a perdu qu’un match mais pas toute la compétition en n’ayant pas pu éviter d’être éloigné de son pays, la Guinée qu’il aime tant. La force d’un homme politique se mesure à sa capacité de renverser une situation où il a le dos au mur c'est-à-dire quand tout le monde pense que sa carrière politique est brisée à jamais. Le cas du mandat d’arrêt international lancé par Henri Konan Bédié contre Alhassane Ouattara en 1999 et la situation politique actuelle de la Côte d’Ivoire pourrait faire bonne école.
Affaire à suivre…
Alpha Oumar Diallo
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