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Processus électoral : à deux mois de la présidentielle, le dialogue au point mort

Mamady Kéita   Mardi, 04 Août 2015 16:32

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DIALLO_Cellou_Dalein_23_01La présidentielle aura lieu le 11 octobre prochain comme le prévoit le chronogramme électoral proposé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Cependant, à environ deux mois du scrutin, le dialogue inter guinéen est dans l’impasse. L’opposition accuse le pouvoir de jouer la montre, avec une CENI acquise à sa cause, et qui serait en train de dérouler son programme, de façon unilatérale.

L’opposition est désormais résolue à reprendre les manifestations de rue, face au blocage enregistré dans le dialogue inter guinéen. Elle a appelé récemment ses militants à se mobiliser pour reprendre la rue, afin de contraindre le pouvoir à lâcher du lest. Aucun calendrier n’a cependant été diffusé pour le moment concernant ces manifestations qu’elle entend organiser de façon ininterrompue. S’il y a une chose dont l’opposition a désormais conscience, c’est le retard qu’elle semble accuser face au parti au pouvoir, dans la course à la présidentielle. Le RPG Arc-en-ciel s’étant en effet lancé dans une campagne avant la lettre, avec de gros moyens déployés dans toutes les préfectures du pays. Le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla déclarait d’ailleurs la semaine dernière que « la mouvance présidentielle et le pouvoir jouent la montre pour les retarder. Pour gagner du temps, et les mettre dans une situation d’urgence où ils ne pourront rien faire en ce qui concerne le processus électoral. Chose que l’opposition n’est pas prête à accepter. »

Le dialogue qui avait débuté le 18 juin dernier au Palais du peuple avec la participation de la communauté internationale dans un rôle d’observateur n’a pas l’air de prospérer. Le retrait de l’opposition des travaux, faute de consensus autour des points de friction, dont la restructuration des délégations communales et la refonte de la CENI, avait amené les partenaires au développement à initier des rencontres informelles en vue de prendre en compte les propositions faites par l’opposition républicaine. Ce n’est qu’après consensus, que les parties prenantes au dialogue devaient se retrouver en plénière pour adopter les accords.

 Ce schéma n’a pas non plus fonctionné. Et in fine, les opposants accusent même la communauté internationale d’avoir failli, en signant « l’accord d’étape » proposé par le président du cadre de dialogue, Cheick Sacko, le ministre de la Justice et garde des Sceaux. Alors que l’opposition avait rejeté cet accord, qui ne donnait aucune satisfaction à ses revendications. C’est dans ce contexte que Cellou Dalein Diallo et ses pairs menacent de recourir de nouveau à la rue. Reste à savoir si la série de manifestations qu’ils comptent organiser produira l’effet escompté. Quand on sait que le président Alpha Condé a annoncé lors d’une conférence tenue le 25 juillet dernier devant une foule d’étudiants, que ceux qui veulent semer la pagaille dans la cité, en auront pour leur compte. Des menaces à peine voilées contre une opposition qui n’a dorénavant pour seule option que l’épreuve de force.


Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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