Secteur minier : Dr Lounceiny Nabé et les enquêteurs suisses

Facebook Imprimer    

 

NABE_Lounceny_01L’enquête suisse se poursuit en Guinée. Mais cela ne devrait point faire oublier que, quand le gouvernement d’Alpha Condé accuse BSGR d’avoir usé de corruption, il passe sous silence que le ministre qui a signé le permis de BSGR sur le Simandou, s’appelle Dr Lounceiny Nabé.

Aujourd’hui, cet ancien ministre des Mines du général Lansana Conté, considéré à tort ou à raison comme l’un des cadres les plus honnêtes de la Guinée, est depuis bientôt cinq ans le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Un poste qu’a bien voulu lui accorder Alpha Condé l’actuel chef de l’État. De même, la plupart des cadres interrogés par le procureur suisse dans le dossier BSGR, occupent des places privilégiées dans la galaxie présidentielle.

Le banquier Kabinet Komara, idem. En 2009, il était le Premier ministre du régime du capitaine Moussa Dadis Camara au moment de l’établissement de la convention avec la société BSGR. Il n’a pas manqué de préciser à son successeur Jean-Marie Doré, de bien auditer tous les actes qu’il a accomplis, y compris celui de BSGR. Quel esprit de transparence !

Quelques mois après l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir le 21 décembre 2010, Komara a été fait directeur exécutif de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Poste qu’il occupe actuellement.

A l’image des autres qui ont bonne presse en Guinée, Komara n’a jamais été soudoyé ni par dame Mamadie, ni par un haut cadre encore moins par BSGR.


Mieux vaut entendre ça que d’être sourd.

Le régime actuel a débuté ce dossier dans la violation du droit de présomption d’innocence et le déni du devoir des autorités judiciaire (dont c’est le rôle) d’interpeller dans les règles de l’art tout citoyen guinéen accusé ou cité à témoin dans n’importe quel dossier.

 Et comme s’il avait bu le calice du démon, l’expropriation jusqu’à la lie, le régime a fait envoyer ses sbires procéder au kidnapping des employés de BSGR dans un spectacle digne d’un western, les séquestrer avant que la justice ne s’incline devant les faits.

Là-dessus, les témoignages des deux principaux employés locaux de BSGR, Issiaga Banougra « Benjamin Â» et Ibrahima Sory II Touré, qui ont séjourné illégalement à la prison centrale de Conakry pendant 8 mois, s’avèrent importants avant que l’enquête suisse ne soit close.

Au cas où, pour la manifestation de la vérité, l’interview qu’IST, Ibrahima Sory Touré, a bien voulu nous accorder en février dernier, pourrait éclairer la lanterne du procureur.


Mamady I Condé

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+1 #3 M. Sacko 31-07-2015 02:02

La realite retient que ce pays a toutes les ressources naturelles qu'il faut pour se developper. Mais la cacophonie dans sa governance, la promotion de la mediocrite dans la gestion des ressources publiques, le clanisme, le clientelisme, la demagogie, et l'approche familiale dans la gestion de l'Etat ont fini par mettre ce pays a genoux et continuer a pauperiser sa population a jamais, les laissant ainsi dans des situations les plus humiliantes et absentes de toute dignite humaine. La corruption a tellement pousse son cynisme dans la gouvernance de ce pays, aujourd'hui ses ressources naturelles font sujet de litigation entre la mafia internationale pour son controle. Quelle insulte pour ce pays que les etrangers viennent questionner des individus au sujet de son patrimoine national! Des individus mal intentionnes, de mauvaise foi, corrompus n'ont pas hesite en une seconde a vendre le patrimoine national de ce pays a vil prix pour satisfaire leurs interets egoistes. Quel malheur pour notre guinee qui n'arrive toujours pas a se redresser a cause de la corruption endemique qui gangrene son administration, l'arrogance de ses dirigeants qui n'hesitent devant pour rien au monde pour se perenniser au pouvoir! quelle tragedie d'avoir un pays qui peine a respecter ses propres lois! Et quel malheur pour ce pays qu'a chaque fois que le debat politique est pose, il ne tarde pas a descendre dans des egouts ethniques pour nous envoyer sur le terrain de division, terrain favorable pour le statu quo!
Citer
 
 
+1 #2 A.O.T. Diallo 30-07-2015 20:36

C’était la première fois que le PPAC tripotait les proches de son entourage : le jour ou il s'est jeté dans une bataille juridique internationale avec BSGR ils étaient très nombreux autour de lui a le haïr et a cesser de dormir bien la nuit.
Mais comme ce sont des petits civils ils ne pouvaient rien a part l'influencer pour qu'il laisse tomber leur business.
Ce n'est pas pour rien qu'il les insultent tous les jours en public mais encore plus quand ils osent venir le rencontrer dans son bunker.
Je suis persuadé surtout que c'est pareil pour Pivi, Thiegboro et toute la bande de criminels de sang du CNDD mais eux par contre peuvent lui faire beaucoup plus mal...
Et c'est pour cela que je reste convaincu que cette inculpation de Dadis et l'ouverture forcée maintenant de ce procès lui a été surtout exigée par ceux dans la main desquels il mange pour se maintenir au pouvoir.
Entre perdre des voix d’électeurs avec Dadis et fâcher des militaires assoiffés de privilèges, le peureux n’hésitera jamais...
Citer
 
 
+1 #1 I. MB. Sow 30-07-2015 16:57

Cette pertinente analyse de M. Condé montre à suffisance que pour Alifa Koné, c’est la notion même de corruption qui est à définition variable selon les circonstances. Lorsqu'il s'agit de toutes ces sordides manœuvres sur fond de pillages des deniers guinéens auxquelles il se livre avec son fiston et leur clan de prédateurs, en réussissant jusque là fort étonnamment à tromper une bonne partie de l'opinion nationale et internationale, cela n’est évidemment pas qualifié de corruption, et d'Etat de surcroît. Le président AC qui disait n'avoir pas trouvé un Etat en Guinée, ne peut certes pas être tenu pour responsable des effets de la corruption qui anémiait déjà tout le fonctionnement de nos structures administratives notamment, à l'instar de celles de bien d'autres pays africains du reste. Mais force est de constater que sa gouvernance ethnocentrique chaotique n’aura fait qu’induire une tout autre forme de corruption: celle-là qui est encore plus nocive et destructrice, parce qu’étant ordonnée et/ou abritée sous le manteau du tout puissant Etat ethno-RPGiste. A telle enseigne que dans ce dossier BSGR, il faut pour le moins espérer que les enquêteurs suisses ne se fassent pas corrompre, eux-mêmes, par cette "ingénierie d'achat de consciences" qui se donne le prix de tout ce qui bouge à l'encontre des velléités d’endoctrinement ethnocratique du nouveau despote de Conakry. Vivement ce jour où, comme ailleurs autour de nous, l’on comprendra bien plus largement que la Guinée est un pays que la nature avait certes doté de richesses potentielles, mais qui n’a jamais été placé dans "les bonnes mains"!!!
Citer