Moussa Traoré Vendredi, 17 Juillet 2015 23:49
Depuis maintenant un bon moment, rien ne va plus à la tête du Conseil national du patronat guinéen (CNP). Mais, pour bon nombre d’observateurs, c’est la légitimité d’El Hadj Mamadou Sylla qui est remise en cause par ses pairs. Sékou Cissé, le président par intérim du CNP est soupçonné de vouloir se maintenir au poste de président, avec l’appui de certaines mains occultes tapies dans l’ombre de la présidence de la République.
Même si l’honorable Mamadou Sylla nous a confié que rien de mal ne se passe au sein du patronat guinéen, qu’il est avec ses travailleurs, en train de préparer le prochain congrès prévu dans deux ou trois mois pour la mise en place d’un nouveau bureau, il faut dire que l’homme d’affaires aura du mal à se maintenir à son poste. L’honorable Sylla assure toutefois que ceux qui s’agitent au sujet de son élection à la tête du CNP-Guinée, sont de « mauvaise foi en disant qu’en sa qualité de député, il n’est plus éligible ».
Autour de cette crise qui implique de nos jours certains membres statuaires, le dénommé Cissé, président par intérim du patronat, avait adressé un courrier au président du Parlement guinéen pour pouvoir trancher en ayant peut-être l’idée que le député Sylla n’a plus droit d’être à la tête du CNP en sa qualité de parlementaire.
D’abord sur la nomination de Cissé en tant que président par intérim, El Hadj Mamadou dit : « Je reconnais que j’ai violé nos statuts en mettant Cissé au poste de président intérimaire. Parce qu’il n’était même pas un membre élu comme le prévoit le contenu de nos statuts. Mais abandonnons tout pour faire face aux défis qui nous interpellent pour que notre corporation puisse valablement se tirer d’affaires. Raison pour laquelle je tends la main à tout le monde.
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, accusant réception d’un courrier que lui ont adressé certains membres du CNP-Guinée, relatif à la possibilité pour un député de présider cumulativement une organisation patronale, dira qu’il n’a pas compétence ou la qualité de dire si oui ou non un député peut à la fois briguer la tête d’un conseil patronal en étant député. « Ceci relève de l’interprétation de la loi qui est plutôt du ressort des juges », précise Honorable Kory Kondiano.
Justement, parlant de loi de la République, l’article 34 du Conseil national du patronat guinéen-CNP, stipule que sauf par constatation de la vacance de pouvoir du président du CNP-Guinée, par démission, déchéance ou décès…, le Conseil en ce moment peut désigner un des vice-présidents délégués du bureau pour assurer l’intérim.
A cet effet donc, El Hadj Mamadou Sylla dit ne pas être invalide, décédé ou démissionnaire, qu’il peut à tout moment après l’obtention de la majorité des électeurs, être à la tête du CNP-Guinée.
De tout ce qui précède, M. Sylla se dit donc prêt à briguer un autre mandat à tout moment, dès que le congrès sera prêt pour un nouveau bureau pour la bonne marche du patronat guinéen. Réussira-t-il son pari ?
Moussa Traoré
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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