Mmady Keita Vendredi, 26 Juin 2015 20:20
Le rapprochement de Dadis et Cellou Dalein dans la perspective de la présidentielle du 11 octobre fait grand bruit dans la cité. Et l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a dû justifier cette alliance en vue, à ses militants, avec les Forces démocratiques pour la démocratie et le développement (FPDD), dans un communiqué publié à cet effet. Une démarche qui vise à contrer les réactions des plus abjectes qui fusent du côté du parti au pouvoir, notamment.
Face au tollé suscité par sa récente rencontre avec Moussa Dadis Camara à Ouagadougou, avec qui il a discuté d’une éventuelle alliance entre leurs deux formations politiques dans la perspective de la présidentielle de 2015, Cellou Dalein Diallo et son parti tentent de rassurer leurs militants, sur le bien-fondé de cette démarche. Ainsi à l’issue d’une réunion extraordinaire de la Direction nationale de l’UFDG qui s’est tenue le lundi 22 juin 2015, un communiqué a été publié par le parti. D’après ce communiqué, le président a rendu compte de son entrevue avec le président du FPDD Moussa Dadis Camara.
Cellou Dalein Diallo aurait dans son intervention « réaffirmé avec force la solidarité de l’UFDG avec les victimes des évènements du 28 septembre. Leurs familles exigent la vérité que seule la justice peut révéler. En effet, l’affaire du 28 septembre ne doit relever que de la justice et d’elle seule. C’est ce que veut l’UFDG. C’est ce que réclame aussi le président Moussa Dadis Camara. La justice doit s’exercer pour que la Guinée ne souffre plus jamais d’une pareille tragédie », peut-on lire dans ce communiqué.
Puis le chef de file de l’opposition de rappeler que « l’entrée en politique de Moussa Dadis Camara est un fait important dans notre pays. Le parti dont il est le président ambitionne de porter l’espérance de notre communauté nationale. C’est pourquoi le FPDD représente un intérêt pour l’UFDG qui compte poursuivre le processus de dialogue et d’élargissement de la concertation avec tous les partis politiques qui veulent une Guinée unie et rassemblée dans la démocratie et pour le progrès. C’est dans cette responsabilité que s’inscrit la rencontre du président de l’UFDG avec le président du FPDD », justifie-t-il.
Il conviendrait de rappeler que cette rencontre s’est déroulée à Ouagadougou le vendredi 19 juin dernier. Elle aurait porté sur « les problèmes d’ordre politique, économique, social et sécuritaire », souligne Dalein.
D’après ce communiqué, les deux leaders ont déploré « tout particulièrement le fait que le débat politique soit tribalisé et le fichier électoral tripatouillé ».
Et qu’ils « comptent exiger que les prochaines élections communale et présidentielle soient transparentes et crédibles, seul gage de la paix et de la stabilité du pays ».
.D’après le président de l’UFDG, c’est après avoir constaté que « leur convergence de vues sur l’ensemble des problèmes auxquels notre pays est aujourd’hui confronté, que Dadis et Dalein ont décidé d’engager leurs deux partis à nouer une alliance politique ».
Cellou Dalein aurait conclu en indiquant « l’importance qu’il accorde à cette rencontre avant d’inviter la direction du parti à prendre, sans délai, des actions en vue de définir avec le FPDD la plateforme d’alliance ».
Après son compte rendu sur ce voyage de Ouagadougou, la direction du parti a remercié son président pour cette « communication importante ». Elle l’aurait « vivement félicité pour sa courageuse initiative et encouragé à poursuivre la concertation avec tous les acteurs politiques et sociaux qui veulent d’un nouveau régime soucieux de la cohésion nationale et du bonheur de l’ensemble des Guinéens ».
Ce communiqué du parti de Dalein a sans doute pour but de répondre aux détracteurs du chef de l’opposition. Quand on sait le tollé suscité par ce rapprochement en vue entre Dadis et Dalein, dans le camp présidentiel, surtout. Amadou Damaro Camara va jusqu’à dire que « Dalein a perdu son âme », en parlant de cette alliance en gestation entre l’UFDG et le FPDD. Certains observateurs rappellent tout de même que la mouvance oublie que le président Condé est entouré de la plupart de ses « bourreaux » du régime Conté. Ceux-là mêmes qui sont soupçonnés d’avoir contribué à son emprisonnement au lendemain de la présidentielle de 1998.
Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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