Aliou Sow Vendredi, 26 Juin 2015 16:03
Les participants au dialogue politique dont les travaux ont lieu au Palais du peuple de Conakry ont du mal à aplanir leurs divergences autour des points clés abordés lors de cette concertation. D’où ce nouveau blocage qui a donné lieu à la suspension du dialogue, faute d’accord autour du nouveau calendrier électoral des élections locales. Des travaux qui n’avaient pas encore repris au moment où nous allions sous presse.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fini par entériner l’annulation du chronogramme électoral des élections communales et communautaires proposée par les parties prenantes au dialogue inter guinéen. Cela n’a cependant pas suffi à faire avancer le processus, vu que l’opposition réclame la faisabilité du calendrier relatif à ce scrutin, qui était prévu auparavant pour la fin du premier trimestre de 2016.
Faute de réponse concrète, l’opposition s’est retirée de la salle, contraignant ainsi le ministre Cheick Sacko, président du cadre de dialogue, à suspendre de nouveau les travaux, ce jusqu’au mercredi à 14 heures. Pour justifier cette nouvelle impasse dans cette concertation qui a du mal à démarrer comme souhaité par bien des gens, le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla a confié ses impressions à la presse, au sortir de la rencontre du mardi. « On a eu des débats très houleux. Mais aucun consensus n’a pour le moment été trouvé. Nous avons mis en standby cette question. Et nous avons ouvert le chapitre concernant le calendrier électoral lié aux communales. Là aussi, nous avons entamé les discussions et nous sommes arrivés à la conclusion que la CENI nous fasse un état des lieux à son niveau, afin qu’on ait le point de la préparation des élections communales avant qu’on puisse faire des propositions. Mais on s’est heurté à une impasse parce que la délégation de la CENI nous a dit qu’elle ne peut pas satisfaire notre demande sans avoir un mandat de sa plénière », a souligné Aboubacar Sylla.
La mouvance présidentielle, elle, n’est pas du même avis que l’opposition sur cette question de chronogramme électoral des communales et communautaires. Comme l’a fait savoir le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, Amadou Damaro Camara, qui s’en est pris à l’opposition. « Comment l’opposition peut-elle commencer par exiger et obtenir l’annulation du chronogramme avant de s’intéresser maintenant au pourquoi de ce calendrier ? », c’est la question que s’est posée le député. Avant d’enfoncer le clou en usant de cette formule : « c’est comme enterrer un mort et revenir demander qu’il soit déterré et que ses os soient comptés ».
Selon Damaro, « la CENI avait bien expliqué à Kindia les raisons de son chronogramme. Il y a des implications techniques, juridiques et financières », a-t-il conclu.
Ce nouveau blocage illustre les nombreux obstacles qui jalonnent le chemin devant mener vers le bout du tunnel. Car samedi dernier, le dialogue avait été interrompu, afin de contraindre la CENI à entériner l’annulation du chronogramme des élections locales. Les travaux avaient ensuite repris lundi, avant d’être suspendus de nouveau. C’est comme si on faisait finalement du surplace. Et tout porte-à-croire dorénavant que ce dialogue tant espéré ne pourrait qu’aboutir à un échec, si les parties prenantes ne révisent pas leur position respective. En faisant des concessions. C’est là un avis partagé par certains observateurs qui trouvent tout de même illusoire que le gouvernement puisse accepter d’organiser les élections locales dans cet intervalle de moins de quatre mois qui nous sépare de la tenue de la présidentielle prévue le 11 octobre prochain.
Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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