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Dialogue politique : Cheick Sacko à l’épreuve

Richard Tamone  Mardi, 23 Juin 2015 18:51

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SACKO_Cheick_01Les travaux du dialogue inter guinéen avaient à peine démarré, qu’ils ont été interrompus, pour cause de mésentente entre les acteurs impliqués dans le processus autour de cette question préjudicielle relative à l’annulation du chronogramme des élections communales et communautaires. La faute incomberait à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui n’a pas statué sur l’annulation du fameux chronogramme, comme convenu. Vu la déception provoquée par « le refus d’obtempérer » du président de la CENI, Bakary Fofana, le ministre Cheick Sacko, président du cadre de dialogue a été tenu de suspendre les travaux, dans l’espoir que les choses rentrent dans l’ordre ce lundi.

Cheick Sacko, le président du cadre de dialogue, avait dû suspendre les travaux de concertation le samedi dernier au Palais du peuple, dans l’espoir d’une reprise pour le lundi. Cette décision a été motivée sans doute par « la non prise en compte » par la CENI de l’annulation du calendrier électoral portant sur les élections locales, décidée d’un commun par les acteurs au terme de deux journées de concertation.

La CENI s’était pourtant engagée à appliquer à la lettre cette mesure qui devait permettre de résoudre la question préjudicielle au bon démarrage du dialogue.

Même si elle avait demandé à ce que les parties prenantes attendent la fin des travaux, pour rendre officielle cette annulation. Chose que l’opposition n’aurait pas vu d’un bon œil. Elle, qui ne cesse de remettre en doute la moralité du président de cette institution. Bakary Fofana considéré comme un pion du pouvoir. Lui s’arcboute sur l’argument selon lequel la CENI est une institution indépendante, pour poser des actes qui risquent de compromettre la paix sociale. L’homme n’agirait pas forcément sous les ordres du pouvoir, comme le clament ses détracteurs. Cela pourrait être simplement un moyen pour lui d’exhaler son soutien à la mouvance.

Mamadou Bah Baadiko, qui représentait l’opposition au Palais du peuple le samedi, avait justifié l’arrêt des travaux en ces termes : « l’ensemble des participants s’est mis d’accord pour demander à la CENI d’annuler les élections communales. Mais cette annulation doit être confirmée par un acte en bonne et due forme. Et c’est là, la source du blocage actuel parce que la CENI promet simplement de le faire mais sans satisfaire nos attentes. Conséquence, nous n’avons pas pu continuer les discussions, ni convenir d’un ordre du jour.»

Il y a à craindre que ces pourparlers qui ont nourri l’espoir de la communauté internationale ne se soldent par un échec, à l’allure où vont les choses. Le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, avait d’ailleurs salué le début de ce dialogue, rendu possible grâce à une implication des partenaires au développement. « J’aimerais féliciter le gouvernement et l’opposition d’être venus pour discuter et trouver un moyen d’arriver à un consensus qui peut nous permettre d’aller à des élections inclusives et apaisées en Guinée », s’était réjoui de ces pourparlers.

Avant d’ajouter qu’ils sont vraiment encouragés par ce qu’ils ont vu. « Nous, Nations Unies et communauté internationale, nous sommes des observateurs mais nous sentons qu’un bon esprit anime les acteurs, motivés sans doute par l’esprit du ramadan. Ce mois du pardon, du consensus, de la compréhension », a fait remarquer Ibn Chambas. Le diplomate a émis l’espoir de voir ces travaux aboutir à des résultats probants. De quoi faciliter la tenue d’élections apaisées et inclusives.

Au moment où nous allions sous presse, nous apprenions que la CENI aurait demandé aux deux protagonistes de lui faire une proposition de la nouvelle date pour la tenue des élections locales. Avant qu’elle ne se prononce sur l’épineuse question.

 Cheick Sacko pour sa part devait mettre le weekend à profit pour tenter de convaincre la CENI, l’opposition et la mouvance, de sauver ce cadre de dialogue dont la mise en place s’est faite au forceps.

En tant que médiateur il lui revient de rétablir la communication, quand l’une des parties se retire du cadre. En respectant « les reculs, les ruptures et les échecs », comme il se doit en la matière. Toute une épreuve pour le ministre de la Justice, qui a un challenge à relever. Celui de parvenir à des accords qui pourront mener à un scrutin juste et accepté de tous.


Richard Tamone

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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