Aliou Sow Jeudi, 18 Juin 2015 18:03
L’opposition et la mouvance présidentielle se retrouvent autour de la table de dialogue ce jeudi, après plusieurs tentatives infructueuses dans la mise en place d’un cadre de concertation entre les acteurs politiques guinéens. Le succès de ce dialogue inter guinéen qui se situe dans la perspective des joutes électorales à venir, pourrait sans aucun doute mener à des élections apaisées, souhaitées par de nombreux citoyens. A moins que ce ne soit le contraire…
C’est le mardi dernier que les opposants ont décidé de répondre à l’invitation du gouvernement qui appelle à l’ouverture du dialogue. Cette décision a été prise au terme d’une réunion qui s’était déroulée au bureau de Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR). L’opposition prendra part aux travaux de dialogue dont l’ouverture est prévue pour ce jeudi au Palais du peuple. Elle a tenu à préciser cependant que sa représentation se fera par une délégation « restreinte », qui aura pour mission de réclamer l’inversion du chronogramme électoral, lors de ces travaux auxquels la communauté internationale est invitée à participer. Il faut rappeler que l’opposition ne cesse de réclamer l’annulation du chronogramme électoral fixant la présidentielle au 11 octobre prochain. Alors que les élections communales et communautaires, elles, sont prévues pour la fin du premier trimestre de 2016.
Avant que l’opposition ne décide de façon consensuelle de sa participation à cette concertation, certains leaders avaient déclaré publiquement que ce serait une erreur de bouder le dialogue. C’est le cas du député Holomou Kony Kourouma de l’UGDD et de Jean-Marie Doré, secrétaire général de l’UPG. On prête également des intentions à l’UFR de Sidya Touré d’avoir voulu coûte que coûte participer à ce dialogue, au moment où d’autres voix réclamaient encore à ce que des préalables soient remplis, avant de prendre langue avec le pouvoir.
C’est la poursuite des tractations sur sa participation à ces travaux qui avait amené d’ailleurs l’opposition à réclamer que l’ouverture du dialogue initialement annoncée pour le 16 juin soit repoussée. Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Cheick Sacko avait pris soin de demander à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) « d’interrompre momentanément ses activités liées aux élections communales pendant une durée maximum de 7 jours », en vue d’encourager les opposants à répondre à cette invitation.
La CENI n’a pas trouvé à redire concernant cette demande. Et l’opposition compte dorénavant poser directement les autres préalables relatifs à « l’annulation du chronogramme et la libération de ses détenus » sur la table de dialogue. Un dialogue dont les Guinéens attendent beaucoup, vu la tension politique qui entoure les préparatifs des élections. Certains observateurs souhaitent vivement que cette concertation conduise vers la sortie du tunnel. Pour que la Guinée tourne définitivement cette page d’agitation qu’elle a connue ces dernières années.
Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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