Selection de vidéos
Partenaires
Pouvoir et opposition : vers un dialogue ou un jeu de dupes ?
Mamady Kéita Mardi, 09 Juin 2015 16:09
Samedi dernier au sortir d’une rencontre avec la mouvance présidentielle, le ministre de la Justice et Garde des sceaux, Cheick Sacko, a annoncé l’ouverture du dialogue à partir du 15 juin prochain. La délégation gouvernementale qui venait de boucler ses consultations avec les deux parties en « conflit », à savoir la mouvance présidentielle et l’opposition, faisait ainsi preuve d’assurance quant à pouvoir ramener les acteurs politiques impliqués dans le processus électoral autour de la table de dialogue. Même si la partie n’est pas gagnée d’avance, pour les résultats probants devant sortir de cette concertation, quand on sait que chacun des camps campe sur sa position, éloignant ainsi toute possibilité de concessions de part et d’autre. A moins qu’un miracle ne se produise.
La délégation gouvernementale a fini sa tournée dans les états-majors de la mouvance et de l’opposition, la semaine dernière. Une tournée de consultation qui a permis à Cheick Sacko, ministre de la Justice et Garde des sceaux d’entretenir de façon informelle les opposants et les cadres du RPG-Arc-en-ciel autour de la nécessité d’une reprise du dialogue. Avant de prendre langue avec le parti au pouvoir, les émissaires du gouvernement qui étaient constitués en plus du ministre Sakho, du ministre délégué à la Défense, Abdoul Kabélè Camara et du ministre Secrétaire général et porte-parole de la présidence de la République, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, avaient rendu visite à Cellou Dalein Diallo, vendredi dernier. Durant leur rencontre qui s’était déroulée à son QG de la CBG, les deux camps avaient discuté des conditions censées conduire vers un dialogue national, dont la tenue permettra de vider les querelles qui existent entre le pouvoir et l’opposition autour du processus électoral. Au sortir de cette réunion de travail, Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition, avait édifié les journalistes sur ce qu’ils se sont dit lors de ce conclave. Le président de l’Union des forces du changement (UFC) avait ainsi indiqué qu’il s’agissait « d’une rencontre informelle destinée à faciliter l’ouverture d’un dialogue structuré et sérieux entre l’opposition et le pouvoir. Nous avons passé en revue tous les obstacles qui empêchent l’ouverture de ce dialogue, de manière à les lever le plus rapidement possible pour qu’en Guinéens, nous nous retrouvions autour de la table afin de discuter des questions qui nous opposent pour sortir enfin de cette crise politique que traverse notre pays depuis trop longtemps. »
Précisant que l’opposition avait mis en avant certaines conditions qu’elle estimait nécessaires pour aller à un dialogue constructif.
Des conditions qui portent sur « l’annulation du calendrier électoral prévoyant la tenue des élections communales pour 2016 et le gel momentané des activités de la CENI », selon Aboubacar Sylla.
L’opposition avait aussi porté à l’attention de la mission gouvernementale le cas des détenus issus des rangs des manifestants interpellés et emprisonnés, afin que « leur libération puisse créer les meilleures conditions de sérénité pour que le dialogue puisse se tenir ».
Et pour finir, Aboubacar Sylla avait émis l’espoir que « cette démarche puisse se concrétiser par une ouverture rapide de ce dialogue de manière à ce qu’ils puissent statuer sur le fond des questions qui constituent leurs préoccupations ».
Le lendemain de cette rencontre, c’est la mouvance présidentielle qui a reçu cette délégation au QG de campagne du parti au pouvoir situé à la Minière. Au sortir de cette rencontre, le Garde des sceaux a déclaré à la presse que les consultations avec les acteurs politiques faisaient partie «d’une démarche informelle permettant de régler à minima certains obstacles qui sont sur le chemin du dialogue afin que cela puisse permettre également que le dialogue se fasse dans la convivialité ».
Il a ensuite ajouté qu’après avoir écouté les deux camps, ils allaient s’atteler à proposer « un ordre du jour » dans les jours à venir pour que le dialogue commence en toute sérénité, à partir de la semaine du 15 juin prochain.
La mouvance présidentielle a pour sa part fait savoir sa position concernant la reprise du dialogue par le biais de l’honorable Saloum Cissé. Celui-ci n’est pas allé du dos de la cuillère en affirmant que « pour ce qui concerne les points sur la loi, il n’y a pas de tergiversation, nous avons dit qu’il faut appliquer la loi à ce niveau. Mais tous les points qui peuvent être analysés, améliorés, dans l’intérêt supérieur de la nation guinéenne, nous sommes prêts à lâcher… à accepter pour que l’opposition et la mouvance puissent aller aux élections sans ambages ». Levant ainsi toute équivoque sur la position du RPG-Arc-en-ciel.
Car cela signifie, comme le dira Saloum Cissé, que le chronogramme électoral est maintenu. Pour que le vote de la présidentielle ait lieu le 11 octobre. C’est au niveau des élections communales que le parti au pouvoir se dit disposé à discuter afin de voir si « les contraintes internes et externes peuvent permettre de convenir de quelque chose », à en croire Saloum Cissé.
Comme l’a annoncé Cheick Sacko, le dialogue pourrait bien s’ouvrir la semaine prochaine. Mais il faut craindre que la montagne n’accouche là aussi d’une souris. Vu que la mouvance ne veut en aucun cas entendre parler d’une annulation du chronogramme électoral et du gel des activités de la CENI. Alors que l’opposition en fait une exigence.
Cellou Dalein Diallo, l’a d’ailleurs rappelé lors de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti qui s’est tenue le samedi dernier au siège de son parti à Commandaya. Le chef de file de l’opposition avait accusé le pouvoir de vouloir tripatouiller le scrutin à venir, en corrompant le fichier électoral.
Ce qui à ses yeux justifierait « l’enrôlement massif des mineurs en Haute Guinée et le refus catégorique de la CENI et des ambassades de l’étranger de faire recenser les Guinéens qui s’y trouvent ».
Ce climat de suspicion qui pollue l’atmosphère politique pourrait difficilement aboutir à un dialogue serein, d’où pourraient sortir des conclusions susceptibles de satisfaire toutes les parties.
Ce qui amène certains observateurs à se demander si les acteurs politiques s’acheminent vers un véritable dialogue ou un jeu de dupes. Il faudra certainement attendre les prochains jours pour avoir une réponse à cette question. En attendant, le souhait des Guinéens est que le pays sorte de cette crise qui n’a que trop duré.
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()
Commentaires
Monsieur Abraham B, nous avons tellement répété ce message pour l'opposition que je ne sais plus quelle langue il nous faut pour nous faire comprendre. SEULE UNE CONSTANTE PRESSION, NOTAMMENT PAR LES MACHES PACIFIQUES peut freiner l'élan de cet régime. L'opposition, après le ''boycottage'' de l'Assemblée Nationale n'a d'autres moyens d'expression que ces marches pacifiques. Mais avec ce tâtonnement de l'opposition, moi je risque de l'accuser de laxisme et même de complicité.
En effet! Contrairement à l'opposition, notre opposition, j'ai compris qu'en politique il faut tambouriner,barber les gens avec la même chose, le même message tout le temps pour qu'il soit entendu finalement pour ceux qui veulent agir en progressant. Particulièrement, nos leaders politiques en Guinée, ils comprennent vite la politique mais il faut expliquer et répéter très longtemps. Pour preuve, nos leaders Sydia et CDD ont été prévenus en 2012 de l'erreur d'accepter cette CENI avec Bakary Fofana en vain et ils combattent deux ans après leur "bébé"(la CENI) qu'ils ont contribué à mettre en place.
Et Dieu! Si seulement Dieu pouvait faire que Sydia, Alpha Condé, CDD, Kouyaté, Dadis Camara et tous ceux qui ont foutu la pagaille politique dans ce pays, la Guinée, disparaissent du paysage politique, l'avenir de la Guinée serait sauvée.
Le souhait des Guinéens (que vous avez sondés peut-être?) serait bien entendu de se voir sortir de cette crise, mais par le haut, en ayant droit à des élections propres, transparentes et crédibles à l'image des dernières élections sénégalaises, par exemple.
Les opposants n'agissent certes pas de manière déterminée et efficace, mais le vrai malheur des Guinéens de 2015, c'est de se voir "politiquement pris en otage" par un pouvoir corrompu et coopté de l'étranger, qui s'apprête à frauder sur le seul moyen d'expression démocratique qu'ils ont pour décider de leur destin collectif: les élections prévues.
Je reponds a votre question Mr. Keita en vous posant 2 questions:
1- Qui est en position de FORCE?
2- Qui a interet a ce que les choses restent ce qu'elles sont AUJOURDHUI?
Reponse: La MOUVANCE OU ENCORE ALPHA CONDE.
Jespere avoir repondu a votre question qui est: Pouvoir et opposition : vers un dialogue ou un jeu de dupes ?
Tout le monde ne peut pas etre LION...HEUREUSEMENT!! Sinon la Guinee aurait BRULER ya longtemps! Si vous regardez en Guinee, il ya ceux la qui sont toujours a la recherche de victimes. Et Il ya aussi ceux la qui sont habituer a encaisser et cherche souvent des coups A encaisser pour se reveiller, pour vivre.
Ecoutez! Ne nous voilons pas la face! Alpha Condé joue la montre et sur la faiblesse stratégique de l'opposition................
............... Je ne comprends pas .............. seule une paralysie totale du pays ou de Conakry, .........., peut leur permettre de contrer la fraude de la CENI .......avec Bakary Fofana.
Monsieur Abraham B, nous avons tellement répété ce message pour l'opposition que je ne sais plus quelle langue il nous faut pour nous faire comprendre. SEULE UNE CONSTANTE PRESSION, NOTAMMENT PAR LES MACHES PACIFIQUES peut freiner l'élan de cet régime. L'opposition, après le ''boycottage'' de l'Assemblée Nationale n'a d'autres moyens d'expression que ces marches pacifiques. Mais avec ce tâtonnement de l'opposition, moi je risque de l'accuser de laxisme et même de complicité.
1- Qui est en position de FORCE?
2- Qui a interet a ce que les choses restent ce qu'elles sont AUJOURDHUI?
Reponse: La MOUVANCE OU ENCORE ALPHA CONDE.
Jespere avoir repondu a votre question qui est: Pouvoir et opposition : vers un dialogue ou un jeu de dupes ?
Voilà Où nous allons actuellement avec cette opposition!
Je ne comprends pas que l'opposition ne comprenne toujours pas malgré la pression de la communauté internationale que seule une vraie paralysie totale du pays ou de Conakry, à défaut du départ de Alpha, peut leur permettre de contrer la fraude de la CENI et éventuellement l'implication de l'ONU pour organiser le scrutin présidentiel avec une relative transparence nettement plus acceptable qu'avec Bakary Fofana.








