Richard Tamone Dimanche, 07 Juin 2015 20:59
C’est la Maison de la presse qui a servi de cadre au lancement officiel des activités du parti des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD), à travers une conférence de presse. Tout a commencé par une minute de silence souhaitée par le secrétaire général du parti des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD), à la mémoire des victimes d’Ebola et du massacre du 28 septembre, c’était le mardi 02 juin dernier.
La déclaration du chargé de communication des FPDD, Maxim Manimou, a été suivie par des échanges questions-réponses. Ainsi à la question de savoir pourquoi l’ex-chef de la junte, Moussa Dadis Camara n’attendrait-il pas que la justice finisse son travail, avant de se présenter en tant que candidat à l’élection présidentielle, le porte-parole répond : « notre parti veille au respect de la justice. Cette justice qui permet de sauvegarder les libertés individuelles. Ne pas laisser la justice faire son travail, c’est ne pas respecter la justice. C’est pourquoi et vous de la presse, et nous du parti et toute la population guinéenne ne maîtrisant pas les contours des réalités de ces évènements, je vous prie encore une fois que nous nous remettions tous dans les mains de la justice. Si nous respectons la justice, nous verrons clair dans cette affaire », a d’emblée répondu Maxim Manimou.
« Evitons les déclarations fortuites ou je dirais même gratuites, par respect pour la justice, laissons la justice faire son travail », a déclaré le chargé de communication.
Une autre qui a certainement fait grincer les dents des militants et sympathisants du parti de FPDD, fortement mobilisés pour la cause, a été celle qui estimait qu’investir Dadis comme candidat est-ce que ce n’est pas une manière d’encourager l’impunité. « M. Moussa Dadis Camara a été entendu en tant que témoin de ces évènements de 28 septembre et voilà au moins 5 ans qu’il réside à Ouagadougou au Burkina Faso et jamais un seul jour, il n’a été dit que M. Moussa Dadis Camara est inculpé dans les évènements du 28 septembre », fera savoir le porte-parole, qui visiblement était bien préparé pour affronter les questions qui fâchent. « Alors cela étant, c’est un citoyen libre, pourquoi ne pas le présenter aux élections. Nous l’avons élu pas comme ça à tout hasard, parce que nous connaissons l’homme. A l’heure actuelle, c’est au tour de M. Moussa Dadis Camara que les Guinéens peuvent être unis. Nous avons tenu compte de ses vertus de probité morale, de patriotisme… avec seulement 9 mois nous avons vu ce dont il est capable », s’est encore défendu Maxim.
Interrogé sur la marche des femmes, il y a quelque semaines à N’Zérékoré, le chargé de communication de FPDD a indiqué que cette marche a été simplement une affection entre mère et fils : « la marche des femmes de la Forêt n’a pas été une marche politique. Evidemment le FPDD est accusé parce que vous dites que nous sommes les manipulateurs. Dans tous les cas, à partir du moment que nous sommes devant la presse, nous serons accusés de tout, mais nous allons assumer », dit-il. « Les femmes ont marché pendant que nous étions autour de notre président à Ouagadougou. C’est de là-bas que nous avons appris que les femmes ont marché pour le retour de leur fils Moussa Dadis Camara ». Avant de lâcher en substance que manipuler les gens n’est pas l’objectif de FPDD.
Parlant de leur bord politique, il a souligné qu’ils sont du centre. Selon lui, ils exploiteront les tares de la mouvance et de l’opposition pour faire bouger les lignes au niveau du paysage politique guinéen.
Sur la sortie médiatique de certaines organisations de défense de droits de l’homme contre la candidature de Dadis, Maxime Manimou a laissé entendre qu’il était sidéré lorsqu’il a entendu les activistes de droits de l’homme… « Comment que les organisations des droits de l’homme ne peuvent pas respecter la justice. Je crois que ce sont des gens qui étaient mieux placés pour dire attention, ce dossier est dans les mains de la justice », a-t-il signifié.
A la question de savoir si le président de FPDD viendra battre campagne : « Mais il viendra battre campagne et son arrivée fera l’objet d’un communiqué officiel et nous serons fiers de vous donner ce communiqué. Il sera ici, nous allons parcourir le pays et avec vous la presse », a-t-il fait remarquer.
Répondant à la préoccupation d’un confrère qui estime que c’est la communauté internationale qui retient Dadis dans la capitale Burkinabé, le chargé de communication du parti de Moussa Dadis de s’étonner que c’est à la Maison de la presse qu’il apprend que son président est retenu par la communauté internationale. « Cette information, c’est à la Maison de la presse que je l’ai eue ».
Comment avez-vous trouvé l’ex chef de la junte, l’a-t-on interrogé une fois de plus : l’homme que nous avons vu est apparemment libre de tous ses mouvements. Parce que nous sommes parti de Ouaga à 23 h et c’est lui qui nous a accompagné à la gare routière. On est partis par la route, il était là avec nous, prêt à prendre nos bagages et il était encore de surcroit avec son chauffeur dans sa voiture. Si vous êtes retenu par la communauté internationale, je crois qu’on ne vous laissera pas sortir à cette heure-ci sans être surveillé », a conclu Maxime Manimou, chargé de communication des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD).
Richard Tamone
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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