Abdoulaye Bah Dimanche, 24 Mai 2015 17:55
Le porte-parole de l’opposition guinéenne, et leader de l’Union des forces du changement (UFC), Aboubacar Sylla, a annoncé le samedi 23 mai, les grandes couleurs de leur prochaine réunion.
« Dès l’audience accordée au chef de file de l’opposition par le chef de l’Etat, nous avons fait une première évaluation. D’abord, nous avons exprimé notre déception par rapport aux premiers résultats obtenus sans préjuger de ce qui pourrait être annoncé bientôt. Ensuite, nous avons estimé que le chef de l’Etat a manqué l’occasion d’au moins régler deux questions essentielles. D’une part, mettre le dialogue politique sur les rails. Nos préalables de 2013 sont les mêmes en 2015. On n’attendait pas de cette rencontre qu’elle résolve toutes nos préoccupations. On sait que le dialogue tant attendu le réglera. Mais on pensait au moins que le dialogue aurait été relancé dès cette rencontre. D’autre part, nous sommes déçus de la violence des forces de l’ordre sur nos militants avec son lot de morts, des tirs à balles réelles, les arrestations brutales et les condamnations expéditives. On pensait que le président se montrerait indigné, qu'il promettrait des enquêtes et s’engagerait à indemniser les victimes comme promis en 2013.
Pour nous, jusqu’à preuve du contraire, nous considérons que cette rencontre n’a pas tenu les espoirs escomptés. C’est un échec pour le moment. Nous disons d’ailleurs que le président de la République doit assumer cet échec, pour avoir transformé l’audience en monologue et occulté toutes ces questions. Il a promis de consulter une nouvelle fois sa mouvance avant de faire ses suggestions. Pour nous, nous estimons que le président de la République veut retarder le dialogue pour nous mettre devant le fait accompli. Pour que même si le dialogue doit avoir lieu, il arrive à un moment où il est difficile de modifier le calendrier électoral. Donc, on nous fait attendre encore, sous prétexte que le président consulte sa mouvance politique. Il a déjà reçu Hadja Nantou Chérif et il reçoit tous les jours les représentants de la mouvance. Or, nos revendications sont connues. Le président de la République les a toujours abordées ici comme ailleurs. Il n’y a absolument rien de nouveau. S’il voulait faire bouger les lignes, il l’aurait fait. Malheureusement, il se comporte comme quelqu’un qui tombe des nues, qui n’est au courant de rien, qui n’est en contact avec personne et qui a besoin de se concerter avec tout le monde pour se faire une opinion. Tout ceci vise à gagner du temps. On nous met dans l’expectative, on bloque nos manifestations, le dialogue ne vient pas. Dans un ou deux mois, on nous balancera à la figure que plus rien n’est possible.
Donc, nous estimons que nous ne nous laisserons pas piéger une énième fois. Nous attendrons jusqu’à lundi (25 mai, ndlr), ce sera cinq jours depuis la rencontre. Si on se retrouve le lundi, c’est pour statuer sur les suggestions de la présidence, si elles sont connues, soit à défaut décliner un nouveau chronogramme des manifestations parce qu’on ne peut pas s’arrêter et croiser les bras. Une mission onusienne d’évaluation du processus électoral a élaboré un rapport dans lequel il est dit qu’il est parfaitement possible d’organiser les communales avant le 11 octobre et que la CENI n’a besoin que de 45 jours, si on donne le top chrono aujourd’hui, pour organiser le scrutin mais sous trois conditions : la volonté politique réelle, la mise à disposition des ressources financières à la CENI et l’arrivée d’une expertise technique comme en 2013. Si ces trois conditions sont réunies, un délai de 45 jours suffit pour organiser le scrutin. Soit au total soixante jours, y compris le délai de convocation des électeurs. Mais plus le temps passe, plus la probabilité d’organiser les communales s’amenuise. »
Abdoulaye Bah
Source : Guineenews
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