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Chronogramme de la CENI : l’opposition annonce de nouvelles manifestations pour le 7 et le 11 mai

Oumar Daroun Bah  Jeudi, 07 Mai 2015 10:14

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leaders_opposition_7_01L’opposition guinéenne a dressé le bilan de la manifestation du lundi 4 mai et invite ses militants à se mobiliser davantage le jeudi prochain à Conakry ainsi que le lundi sur tout le territoire national. C’était lors d’une séance plénière tenue le mardi 5 mai au domicile privé du président de l’UFR, Sidya Touré.

Même si les leaders n’ont pu sortir pour communier avec leurs militants et malgré les nombreux blessés avec plusieurs arrestations et une perte en vie humaine, enregistrés lors de la journée du lundi dernier, l’opposition parle d’une « réussite » en ce qui concerne cette dernière manifestation. A la sortie de cette réunion à huis clos, le porte-parole de cette opposition a fait le compte rendu dont nous vous livrons l’intégralité:

« Notre réunion de cet après-midi était consacrée au bilan de notre manifestation passée, également à la définition du calendrier qui va suivre et qui va nous permettre donc de continuer nos manifestations jusqu’à ce que nos revendications que nous avons évoquées, qui ne sont même pas des revendications puisqu’il s’agit de contraindre ce pouvoir à respecter la loi et la constitution.

En ce qui concerne le bilan, nous avons à nouveau fait le constat que cette journée a été pleinement réussie. La journée du 4 mai a été une journée qui a été caractérisée par les marches pacifiques dans toutes les sous-préfectures. Celles qui n’ont pas pu marcher ont observé une journée ville morte. Et je peux citer très rapidement le constat que nous avons fait. Il y a eu des marches à Koundara, à Dalaba, à Tougué, à Pita, à Dubréka, à Labé, à Koubia et même à Kérouané ainsi qu’à Mali. Et, il y a eu des villes-mortes à Mamou, à Koubia, à N’Zérékoré suivies d’un meeting, à Guéckédou, à Kindia et à Macenta.

Donc il y a au moins la moitié des préfectures de la Guinée soit qui ont observé la journée morte, soit qui ont exécuté cette marche pacifique que nous avons réclamée. Il faut dire que c’était un franc succès, je ne parle même pas des cinq communes de Conakry qui ont été totalement paralysées. Même la commune de Kaloum qui, traditionnellement, est à l’abri de ce type de manifestations a quand même manifesté. Donc il s’agit d’une réussite pleine et entière et nous nous félicitons que le peuple de Guinée soit en accord total et en harmonie avec l’opposition guinéenne dans la mesure où nos revendications sont portées par les populations de Conakry et de l’intérieur du pays.

Malheureusement le bilan ne se limite pas à cela. Il y a encore un bilan sécuritaire macabre. Il y a eu encore un mort, un jeune de trente ans, Mamadou Baïlo Diallo, qui a été bastonné jusqu’à ce que mort s’ensuive. Son corps est encore à la morgue de Donka et, le médecin légiste va probablement établir les conditions dans lesquelles cette mort est survenue des suites de l’intervention des forces de l’ordre et aussi de certains contremanifestants. En tout cas, dans le bilan de cette journée, il faut noter qu’il y a des milices privées qui sont devenues des supplétifs des forces de l’ordre et qui s’attaquent également aux militants de l’opposition en les blessant, voire en les tuant comme c’est le cas de M. Diallo qui vient de succomber à cette bastonnade. Nous avons noté qu’il y a au moins une cinquantaine d’interpellations. Il y a eu vingt blessés dont dix par balles et, il faut dire encore qu’il y a eu des personnes grièvement blessées qui sont incarcérées dans des conditions inhumaines et dégradantes. Nous faisons tout notre possible pour attirer l’attention des autorités nationales et internationales sur la gravité de la situation qui fait que les droits de l’homme sont violés quotidiennement dans ce pays.

 Les personnes grièvement blessées, au lieu d’être présentées à un médecin, sont plutôt incarcérées pour être présentées de façon hâtive et intempestive à un juge qui va s’empresser de les condamner.

Donc nous sommes dans cette situation et nous avons aussi évidemment déploré la séquestration. Il ne s’agit pas de confinement des leaders. Il s’agit de séquestrations des leaders politiques à leurs domiciles. La séquestration est un délit qui est puni par le code pénal guinéen. Nous allons donc porter plainte devant les autorités pour séquestration et demander à ce que la justice soit appliquée.

Compte tenu de tout cela, nous avons pris la résolution de poursuivre nos manifestations. Et, nous allons donc le jeudi 7 mai appeler toutes les populations des cinq communes de Conakry à encore manifester contre la gestion actuelle du processus électoral. C’est-à-dire l’inversion de l’ordre normal des élections mais aussi contre toute la gouvernance qui est pratiquée dans ce pays, toutes les formes d’injustice, toute cette corruption, tout ce népotisme et toute cette politique de discrimination qui oppose les Guinéens les uns aux autres. Nous allons faire suivre cette marche du jeudi 7 mai d’une autre marche, dès le lundi suivant, le lundi 11 mai.

Cette marche-là, celle du lundi 11 mai va concerner toute la Guinée. On va donc demander à tout le peuple de Guinée, à toutes les régions, à toutes les préfectures y compris la capitale Conakry de manifester, de sortir massivement dans les rues et de protester contre la gouvernance qui est appliquée aujourd’hui dans notre pays. »


Oumar Daroun Bah
L’indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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