Paul Dopavogui Jeudi, 16 Avril 2015 10:13
Albert Damantang Camara, ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, et porte-parole du gouvernement multiplie les dérapages dans sa tentative de justifier la répression de la manifestation de l’opposition par les forces de sécurité. Le ministre se contredit lui-même quand il reconnait qu’il y a eu des blessés par balles, tout en affirmant ne pas savoir l’origine des tirs, qu’il voudrait attribuer à des « tirs amis ». Comme si c’était les manifestants de l’opposition qui seraient en train de s’entretuer à chaque fois qu’il y a manifestation.
Dans un communiqué publié dans la soirée du lundi, Albert Damantang Camara rappelle que « suite à l’appel à manifester de plusieurs partis de l’opposition et aux actes de violences et de vandalisme qui en ont résulté, le bilan des affrontements avec les forces de sécurité s’établissait à 17H de source hospitalière et policière à 10 blessés dont 6 par balles.»
Le ministre a aussi fait mention de 8 interpellations dans les rangs des manifestants. Affirmant au passage que les personnes interpellées seront déférées au Tribunal de Mafanco et au Tribunal de première instance de Kaloum.
Il a ensuite démenti la mort d’un manifestant qui aurait reçu des balles. Une information donnée par des confrères de l’AFP, qui s’est avérée finalement être une vérité. Car il ya eu bel et bien un mort lors des violences du lundi.
Le gouvernement à travers son porte-parole dit « regretter les propos réitérés aujourd’hui (lundi, ndlr) par des leaders de l’opposition qui continuent à appeler à la violence et à l’insurrection ». Tout en invitant l’ensemble des acteurs politique « à la retenue et à plus de responsabilité ».
Mais la question que bien des gens se posent est la suivante : peut-il y avoir un « dialogue franc » avec un gouvernement qui persiste dans le déni, encourageant ainsi certains hommes en uniforme à réprimer les manifestants qui ne réclament que leurs droits ? La réponse à cette question ne peut être trouvée que dans le camp du gouvernement. Car, c’est à lui que revient le maintien d’ordre.
Mais quand Damantang ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme enregistrées dans notre pays, sans s’en émouvoir outre mesure, il y a lieu de craindre que la Guinée ne retombe dans l’abîme des abus. Alors qu’on croyait être bien parti avec les autorités actuelles vers des lendemains meilleurs. Tout ceci ne ressemble plus qu’à des chimères.
Paul Dopavogui
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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