Moussa Traoré Vendredi, 03 Avril 2015 14:12
La suspension du directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP) par le ministre de la Communication Makanéra Kaké, suivie de son rétablissement par la présidence de la République quelques heures après, démontre à suffisance que le différend qui oppose Paul Moussa Diawara au chef de son département de tutelle est loin d’être tranché. Tout porte à croire que c’est le Palais même qui entretiendrait le flou dans cette affaire, qui n’est qu’une illustration des tares de la gouvernance actuelle.
Dans un communiqué publié mardi dernier, au lendemain de la suspension de Paul Moussa Diawara, directeur général de l’OGP par son ministre de tutelle Makanéra Kaké, pour « insubordination et violation répétée des articles 75 et suivants du statut général des fonctionnaires », la présidence de la République a donné de la voix dans ce différend en décidant de maintenir Paul à son poste. « Cette rencontre a noté que la nomination par le directeur général du directeur administratif financier et du chef comptable n’est pas conforme à la législation en vigueur. A cet égard, il a été décidé que le ministre délégué au Budget procédera à la nomination de deux nouveaux cadres à ces postes », souligne le dit communiqué.
Qui conclut qu’en raison de « la mise en place incessante du conseil d’administration et sur la suggestion du ministre de tutelle, l’OGP fonctionnera provisoirement avec les structures actuelles ».
Makanéra Kaké ne serait pas satisfait de la décision présidentielle et aurait menacé de démissionner, selon des sources bien introduites. Au moment où nous allions sous presse, le bruit courrait à propos de la probable démission de Makanéra Kaké, qui n’aurait pas digéré que la mesure de suspension qu’il a prise à l’encontre du DG de l’OPG n’ait pas prospéré. Par l’immixtion du Palais.
Certains observateurs trouvent que c’est la présidence qui entretiendrait le flou autour de cette affaire. Vu simplement que les deux protagonistes font désormais partie de la machine à « propagande » du parti au pouvoir.
Il faut rappeler que cette friction est née du refus de Paul Moussa Diawara de laisser trois cadres de l’OGP qu’il avait suspendus pour « détournement de plus de 40 milliards de francs guinéens », reprendre leurs activités au sein de la structure, comme l’aurait souhaité son ministre.
Moussa Traoré
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()