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#TJS, une opération mystérieuse sur Internet de jeunes Guinéens vivant en France

  Mardi, 31 Mars 2015 23:34

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Il s’appelle Ibrahima Sow, il habite à Puteaux (dans le département des Hauts-de-Seine) et travaille dans le quartier d’affaire de la Défense. C’est un jeune Guinéen ayant fait ses études en France et qui y travaille actuellement, et son profil Facebook est tout à fait classique à l’exception près que depuis quelques jours, il publie des photos en noir et blanc finement travaillées et sur lesquelles il arbore fièrement une inscription #TJS dans différentes poses.

Au-delà de l’allure très professionnelle des photos autant sur la forme (il s’agit de photos de studio, de grande qualité, encadrées avec une espèce de halo tout autour) que sur le fond (les poses sont sérieuses, expressives et variées), c’est le mystère autour de leur publication qui intrigue : il n’y a en effet pas de description explicite et toutes les tentatives d’éclaircissement sur la signification de #TJS dans les commentaires sont laissées sans réponse. Il y a un petit jeu de devinettes sur le sens du hashtag et les seuls autres commentaires du jeune homme sont une espèce de compte à rebours : H-72, J-3.


facebook.com/ibrahima.sow.129?fref=ts

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Ce jeune homme n’aurait certainement pas mérité un article s’il était un cas isolé, mais mon attention a été attirée au fil de mes visites sur le réseau social par un nombre non négligeable de Guinéens (amis ou pas) qui partagent tous la même photo de couverture : un visuel minimal où est marqué #TJS avec les couleurs du drapeau guinéen et une allusion probable à notre devise « Travail, Justice, Solidarité ». En plus de cette photo de couverture, plusieurs autres guinéens à l’image de Monsieur Sow partagent ces photos toujours au même format posant fièrement avec l’inscription #TJS.


facebook.com/pellel?fref=ts

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Il suffit d’examiner les personnes taguées sur ces photos, de parcourir ainsi au fur et à mesure les profils pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Ils s’appellent, Ramatou Oularé, Lamine Diallo, Mabety Sampil, Laouratou Barry et j’en passe, ce sont de jeunes Guinéens de France et ils participent tous à ce phénomène toujours avec le même mystère et la même discrétion sur les motivations de la campagne.

La campagne semble toutefois se concentrer autour des membres de l’AJGF (Association des Jeunes Guinéens de France) et de Mlle Aissatou Souaré la miss Guinée France 2015 ; sur leur compte respectif, on retrouve une dizaine de photos en groupe cette fois-ci avec toujours le même hashtag et aucune explication hormis le compte à rebours J-2, H-48 !


facebook.com/pages/Miss-Guin%C3%A9e-France/115003888540451?fref=ts

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facebook.com/ajgf.guinee?fref=ts

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On a essayé de contacter les membres du bureau de l’AJGF pour plus d’explications mais ils gardent un flou complet autour de la campagne ce qui est très curieux pour une association de cette envergure qui, pour rappel, constitue un organe majeur de l’action des jeunes Guinéens de France envers la Guinée. Elle a œuvré au cours de ces 10 dernières années dans plusieurs projets humanitaires, sanitaires, d’assainissement et d’éducation pour des populations diverses en Guinée.

La seule information concrète qu’on a pu obtenir, a été, je cite mon interlocuteur : « Dans quelques jours vous saurez tout ». Donc en attendant, chers lecteurs, cet anglicisme célèbre est la seule chose qui me vienne à l’esprit : « wait and see ». 


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