Mamady Kéita Dimanche, 29 Mars 2015 22:14
Le gouvernement a procédé mardi dernier au déploiement de 6000 jeunes volontaires dans les 5 communes de la capitale, en vue de sensibiliser contre l’épidémie d’Ebola, dans le cadre d’un nouveau « plan intérimaire de riposte dénommé "Ebola ça suffit" », qui va s’étendre jusqu’au 15 avril. Ce plan qui constitue une sorte de recours après l’échec du « plan zéro Ebola en 60 jours », qui a été enterré le 10 mars, ne semble pas rassurer l’opinion, qui pointe du doigt le laxisme des autorités dans cette guerre contre l’épidémie d’Ebola qui a causé à ce jour 1865 décès.
Ces 6000 volontaires ont été cooptés par le ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes dans le but de faire le porte-à-porte dans les 5 communes de la capitale, pour déblayer le chemin aux équipes anti-Ebola, confrontées à la réticence des populations. Le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a déclaré lors de cette cérémonie de lancement de cette opération, que dorénavant ceux qui vont enfreindre aux principes en matière de riposte contre le virus Ebola subiront la rigueur de la loi.
Mais cette déclaration ne semble en rien rassurer l’opinion. Car c’est la énième fois que le chef du gouvernement fait des sorties de cette nature. Avec des menaces visant ceux qui s’attaquent aux équipes anti-Ebola.
Pour la majeure partie des Guinéens, qui voudrait enfin que cette épidémie soit éradiquée, c’est le laxisme du gouvernement, qui hésite à punir ceux qui empêchent les agents de santé de mener convenablement leur tâche, ainsi que l’affairisme qui entoure cette riposte contre le virus Ebola, qui font que l’épidémie persiste. Ils prennent l’exemple sur la rigueur dont font montre les autorités du Liberia et de la Sierra Leone, deux des pays voisins touchés aussi par le fléau, dans cette riposte.
Des efforts qui sont en train d’être payants pour ces pays, notamment pour le Liberia, où le virus avait été éradiqué, avant qu’un cas ne se déclare de nouveau la semaine dernière.
Dr Sakoba Keita, coordinateur national de la riposte contre Ebola était présent à cette cérémonie de lancement du plan intérimaire dénommé « Ebola ça suffit ».
Dans son intervention, il a reconnu les difficultés qui font que la Guinée peine à produire des résultats dans cette lutte. « Ça fait un an maintenant que nous sommes en train de lutter contre cette maladie depuis la déclaration du 23 mars 2014. Beaucoup de succès ont été réalisés. Si la maladie a commencé dans le sud du pays pour atteindre les régions de la Haute Guinée, de la Moyenne Guinée et de la Basse Guinée, aujourd’hui nous avons l’agréable plaisir de vous dire que dans ces trois premières zones, nous n’avons plus aucun cas de cette maladie, ni de contacts à suivre. Ce qui constitue un succès remarquable », a-t-il souligné.
Avant d’ajouter que « l’épidémie s’est déplacée vers la région de la Basse Guinée. Principalement dans six de nos préfectures dans cette région. Comme le nombre de cas a considérablement diminué, nous pensons que cette ligne droite est parsemée d’embûches et de difficultés. »
Pour Dr Sakoba Kéita cela s’explique par le fait que « beaucoup d’acteurs ont commencé à baisser les bras. D’où la nécessité de remobiliser nos troupes pour qu’on puisse rapidement enterrer cette maladie dans notre pays », a-t-il conclu.
Le gouvernement mise sur l’implication des imams et des prélats pour réussir ce nouveau plan de riposte. Car le président Condé tient à ce que l’épidémie soit vaincue avant les réunions du FMI prévues au printemps à Washington, où la reprise économique des pays affectés par le virus Ebola sera au cœur des discussions.
Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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