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Du CNC à… la HAC : le raccourci sans encombre de Martine !

Rougui Sow  Samedi, 14 Mars 2015 21:41

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CONDE_Martine_2_019 voix sur 10 avec un membre absent. Il n’y a quand même pas de quoi pavoiser avec ce raccourci dit démocratique et sans encombre pris par Martine Condé, désormais patronne de la Haute autorité de la Communication. Elle était jusque-là à la tête du CNC sans trop savoir ce qu’elle a réellement apporté à la presse nationale. Même si certains professionnels des médias parlent de simples misères.

« J’ai été élue démocratiquement. » Martine Condé peut vraiment se tailler ces perles. Elle a fait mordre la poussière à son challenger Ousmane Camara, un mordu du secteur de la presse, de l’audiovisuel, etc. Elle ne semble point faire rêver. Mais déjà, elle déroule son plan d’action : construction d’un siège et transformation de l’actuel siège en musée. Elle a un mandat de 5 ans.

En attendant, dira-t-elle, « il faut que cette institution soit mise sur le même pied d’égalité que les autres institutions en vue de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans un milieu où la presse s’est donnée une image négative avec un certain manque de solidarité dans la corporation » a souligné la présidente de la HAC. Dans l’immédiat, « la HAC va traiter en plénière, les dossiers de plaintes, avec concertation des associations de presse ». Selon les textes, la HAC vise à garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse, ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la loi.

Son bilan à la tête du CNC n’aura pas été occulté : « durant quatre ans, nous nous sommes battus pour asseoir le service monitoring qui est vraiment un service à la pointe en Guinée, également dans la sous-région. Nous avons les meilleurs équipements. »

Qualifiée à tort ou à raison, d’anachronique et… d’ignorante des lois, Martine semble agacer et déranger. Pas parce qu’elle travaille pour réguler la presse, mais parce qu’elle se laisse marcher sur les platebandes par un certain Alhouseiny Makanera Kaké qui se trouve être le ministre de la Communication. Entre les deux militants, un saint désordre, de l’amalgame existe. Le ministre jouait le rôle de la présidente du CNC. Et elle accepte volontiers. Soit parce qu’elle manque de compétences, soit parce qu’elle démissionne. Dans l’un ou l’autre cas, cette Martine-là est loin de faire honneur à la presse guinéenne. Elle s’est révélée au public ces derniers mois à travers ses correspondances adressées à RFI, à propos de l’accréditation de Mouctar Bah.

Après lecture de celles-ci, on comprendra réellement les souffrances d’Alpha Condé qui lui renouvelle encore hélas sa confiance. On note avec autant de regrets que d’indignations le fond, la contradiction et la forme de ces missives. Non seulement elles ne répondent pas aux lois, mais aussi, Martine se fait avaler par Kaké. Un ministre de la République qui influence une Institution républicaine. Cela n’est possible qu’à notre ère. On pensait pouvoir tourner cette page Martine, c’est mal connaitre le système « élu démocratiquement ». On est donc loin de sortir du gué !


Rougui Sow

L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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