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« Les décisions du chronogramme ont été prises ailleurs », dit la vice-présidente de la CENI

Aissatou Diallo  Samedi, 14 Mars 2015 18:21

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DIALLO_Fatoumata_Biya_01La vice-présidente de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) Hadja Fatoumata Biya Diallo était face à la presse ce vendredi 13 mars 2015 à Coléah pour expliquer les anomalies de la CENI. Selon elle, le chronogramme des élections présidentielles fixé par la CENI ne vient pas de cette institution. Sans donner de nom, la vice-présidente parle « d’agenda caché » qui leur aurait été imposé.

A l’entame, Hadja Fatoumata Biya a rappelé leur déception à Kindia où le chronogramme des élections présidentielles a été fixé avant les locales. « Notre objectif était d’organiser les élections locales avant les présidentielles, mais on a vu autre chose à Kindia. Notre institution était dans cette logique durant toute l’année. Maintenant, cette décision qui est venue en dernière position, il est évident qu’elle ne vient pas de l’intérieur de la CENI. Mais il reste à savoir qui est derrière cette décision. Nous ne savons pas qui donne des instructions. On a parlé des arguments juridiques, mais pourquoi rien pendant toute l’année, et c’est maintenant ? Pourquoi pas avant ? »

Pour elle, toutes les précautions étaient déjà prises techniquement pour organiser les deux élections. « Techniquement, les deux élections sont possibles en 2015. Dans tous les termes de référence conçus et adoptés par tous les départements, et validés par notre plénière en 2014, l’intitulé a toujours été la planification des opérations électorales en prélude des élections communales et présidentielle. Il était donc clair pour nous que notre travail à Kindia devait être uniquement axé à faire les deux chronogrammes. A savoir, le chronogramme des élections communales avant la présidentielle. Mais, malheureusement, force est de constater, qu’à Kindia le mode opératoire de la CENI a été en totale contradiction avec toute déontologie d’une institution chargée d’organiser les élections dignes de ce nom. »

La vice-présidente de la CENI affirme qu’il est hors de question d’accepter une décision venue d’ailleurs : « Dans le monde entier, l’organisation des élections est un processus professionnel qui repose sur un cadre légal. Il y a des acteurs concernés par ce processus. C’est pourquoi nous devrions nous mettre ensemble pour qu’on prenne en compte les desiderata des uns et des autres. Aujourd’hui, les décisions sont prises ailleurs ! Ils voudraient nous imposer un agenda caché. Nous mettre devant un fait accompli. C’est ce que nous refusons catégoriquement quel qu’en soit le prix. Nous allons lutter. Notre rôle, c’est d’organiser les élections et non de dire que nous préférons les présidentielles aux communales. Si cela doit se faire, il faut un accord politique de tous les acteurs de cette institution. C’est une question d’honnêteté intellectuelle, de probité et d’intégrité comme nous le recommande notre serment. Les décisions viennent toujours ailleurs. »

A en croire la vice-présidente, aujourd’hui, l’heure n’est pas à la démission, plutôt à la lutte pour faire changer cette décision. « Pour ce qui concerne notre démission de la CENI, nous sommes en train de lutter, la politique de la chaise vide n’a jamais été une bonne chose. Nous, nous disons qu’il faut rester au sein de l’institution pour s’imprégner des réalités car si on n’était pas allé à Kindia, on n’aurait pas pu se rendre compte de ce qui se passait. Mais si nous constatons que nous sommes en train de trahir la population, nous n’hésiterons pas à quitter si cela devient être nécessaire. Car, nous n’allons pas accepter une décision qui va nous rattraper à l’avenir. Le moment venu, vous serez éclairés. »

A rappeler que le retrait des commissaires issus de l’opposition était l’un des moyens de pression que l’opposition brandissait pour protester contre le report des élections locales cette année…


Aissatou Diallo

Source : Guineematin.com


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