Projets de l’OMVS : Tougué sur orbite ?

Facebook Imprimer    

 

Tougue_2_01Tougué, cette bourgade oubliée des contreforts du Fouta Djallon semble être, certainement par le hasard de la nature, la plus privilégiée par l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal). C’est du moins, ce que laisse croire le Haut commissaire de l’organisation, l’ancien Premier ministre Kabinet Komara.

Dans le déroulé des projets de l’OMVS, figurent entre autres : l’aménagement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba dont la capacité est de 280 mégawatts ; la construction du tronçon de route Tougué-Dinguiraye-Siguiri sur environ 400 Km. Ces seules réalisations assurent à Tougué une certaine mobilité. Tougué est donc sur orbite, pourrait-on dire. Là-bas, où tout n’est vraiment pas gai, rien ne dit qu’on est dans une préfecture. On va à Tougué, on ne passe pas par Tougué. Tougué-Koubia n’existe que de nom. La piste a décampé. Tougué-Dinguiraye, c’est le calvaire assuré pour les rares aventureux qui empruntent cet axe jusqu’à Kalinko. Tougué-Labé est quasiment impraticable et en toute saison. Tougué ? Tout n’est pas gai. Vraiment !

Avec Koukoutamba, dont le coût de réalisation était estimé il y a bien des ans à 440 millions USD, selon des données officielles disponibles à la direction nationale de l’Energie, mais qui ne répondent plus aux réalités, Tougué sera illuminé, des micro-industries seront fonctionnelles, etc. Avec Koukoutamba, c’est toute une partie de la Guinée et des autres pays membres de l’OMVS qui seront soulagés. Forte de ses trois fleuves (Sénégal, Gambie et Niger) et de ses nombreux autres fleuves, la Guinée détient un potentiel énergétique de 6000 MW, mais seuls 2% de ce potentiel sont exploités. Autant dire que les atouts sont énormes pour sortir la Guinée, château d’eau d’Afrique de l’ouest, du thermique. Koukoutamba est attendu depuis de longues décennies, sa réalisation n’est plus qu’une question de mois. Le rêve est bien permis. Un réseau interconnecté de plus de 1000 km va relier la Guinée aux autres pays.

Explication de Kabinet Komara : « Nous allons également lancer la navigation sur le fleuve Sénégal, une navigation qui est interrompue depuis 1970. Notre ambition est, 45 ans après, de lancer cette navigation, cette année. Nous allons surtout aussi faire en sorte que le massif du Fouta Djallon soit un massif protégé de façon à ce que la sècheresse à ce niveau, ne mette pas en danger la vie de 200 millions d’habitants en Afrique de l’ouest. Ce sont un certain nombre de projets que nous allons présenter à nos chefs d’Etat pour un coût d’environ 4 milliards de dollars que nous allons mobiliser à la fois en financements classiques et également en ayant recours à de nouveaux financements de type partenariat public-privé. Â»

Le Haut-commissaire de l’OMVS annonce par ailleurs l’investissement en Guinée de 60 à 70 millions USD dans le cadre de l’aménagement de la pêche et de l’aquaculture sans oublier la création à Labé de l’Observatoire de l’environnement en collaboration avec la CEDEAO. De toute évidence, que la Guinée fasse encore partie des pays les plus pauvres de la planète, voilà une aberration qui ne cesse de surprendre. Le pays dispose en effet d’un potentiel énorme – des fleuves prennent leur sources en Guinée –, tirés des contreforts du massif du Fouta Djallon, de quoi abreuver sa population, ses champs et les barrages hydroélectriques. Mais de ses atouts, la Guinée ne fait rien, ou presque.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article
  

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+4 #7 Cisko 13-03-2015 09:53

Citation en provenance du commentaire précédent de Youssouf Bangoura:
Cisko,
c'est surtout cela, je crains que tous ces projets ne soient seulement sur papiers et mis dans les tiroirs . Personnellement, tant que je ne vois pas débuter un projet sur le terrain, je ne crois pas à sa réalisation en Guinée . Surtout que les 4 milliards que Kabiné Komara va demander aux pays membres, seront -ils mis à sa disposition ? Ces trois pays ont-ils la capacité et la volonté de réunir ces milliards ? Très facile de prononcer le mot " milliard de dollar " mais, les trouver, c'est toute une autre affaire pour des pays comme les nôtres . J'attends pour le croire même si je le souhaite ardemment .

On est d'accord qu'il faut un espoir mesuré dans nos pays mais pour le cas de l'OMVS j'ai une certaine confiance parce que l'organisation est crédible et a déjà posé des actes dans les 3 pays et un peu en Guinée. Donnons leur 4 à 5 ans et on fera le point.
Citer
 
 
+4 #6 Youssouf Bangoura 12-03-2015 15:28

Citation en provenance du commentaire précédent de Cisko:
@ Youssouf Bangoura : je comprends que vous soyez prudent connaissant notre passé récent mais à mon avis le retour de la Guinée dans l'OMVS est une bonne initiative. Cette organisation a la confiance de la Banque mondiale et, si vous faites un tour sur leur page web, vous verrez les réalisations concrètes. Au-delà des projets phares cités dans ce texte (barrage de Koukoutamba, une route de 400 km à goudronner, un observatoire de l'environnement, ...) je peux ajouter des projets agricoles . Le lundi passé, j'ai lu dans la presse, des Avis de manifestation d'intérêt pour 6 projets d'aménagement de bas-fonds et plaines et de protection des berges de cours d'eau. Un des avis a retenu mon attention car il est relatif aux études et contrôle de 4000 ha de bas-fonds et 12000 ha de petites plaines. Si ce projet voit le jour dans 3 à 4 ans, ce serait une première à mon avis et la Guinée pourrait alors espérer bien relancer son agriculture. Personnellement, je suis optimiste quand aux projets OMVS même s'il faut reconnaitre qu'il peut y avoir de la lenteur.

Cisko,
c'est surtout cela, je crains que tous ces projets ne soient seulement sur papiers et mis dans les tiroirs . Personnellement, tant que je ne vois pas débuter un projet sur le terrain, je ne crois pas à sa réalisation en Guinée . Surtout que les 4 milliards que Kabiné Komara va demander aux pays membres, seront -ils mis à sa disposition ? Ces trois pays ont-ils la capacité et la volonté de réunir ces milliards ? Très facile de prononcer le mot " milliard de dollar " mais, les trouver, c'est toute une autre affaire pour des pays comme les nôtres . J'attends pour le croire même si je le souhaite ardemment .
Citer
 
 
+4 #5 kourouma karamoko 12-03-2015 14:26

Hummm!!! attendons de voir; des projets dans le vent ou du vent dans les projets!!
Citer
 
 
+3 #4 Cisko 12-03-2015 09:06

@ Youssouf Bangoura : je comprends que vous soyez prudent connaissant notre passé récent mais à mon avis le retour de la Guinée dans l'OMVS est une bonne initiative. Cette organisation a la confiance de la Banque mondiale et, si vous faites un tour sur leur page web, vous verrez les réalisations concrètes. Au-delà des projets phares cités dans ce texte (barrage de Koukoutamba, une route de 400 km à goudronner, un observatoire de l'environnement, ...) je peux ajouter des projets agricoles . Le lundi passé, j'ai lu dans la presse, des Avis de manifestation d'intérêt pour 6 projets d'aménagement de bas-fonds et plaines et de protection des berges de cours d'eau. Un des avis a retenu mon attention car il est relatif aux études et contrôle de 4000 ha de bas-fonds et 12000 ha de petites plaines. Si ce projet voit le jour dans 3 à 4 ans, ce serait une première à mon avis et la Guinée pourrait alors espérer bien relancer son agriculture. Personnellement, je suis optimiste quand aux projets OMVS même s'il faut reconnaitre qu'il peut y avoir de la lenteur.
Citer
 
 
+4 #3 A.O.T. Diallo 11-03-2015 23:08

Tous les pays de la CEDEAO mettent en place des projets de développement - nous mettons des projets de projets.
Projet d’aménagement de la pêche et de l'aquaculture a Tougué : Tougué hetiké, Tougué Lamiké...
Citer
 
 
+7 #2 amadudialamba 11-03-2015 20:49

Il faut remonter l’histoire de l'intégration régionale africaine jusqu’a ses premières initiatives, particulièrement celle de l’Afrique de l'Ouest, pour bien comprendre son fonctionnement. De la mise en place de la CEAO, dès après la fin de l’AOF, en passant par les Unions douanières, jusqu’a l’actuelle CEDEAO, ses impacts surtout économiques ne sont pas a la hauteur des attentes. A plus forte raison les micro organisations sous régionales comme OMVS, le fleuve Mano, SILS, …. Elles ne sont que des ‘’supra- micro-mangeoires’’. Sinon de 1959 - 1966, période de la création de la toute première Union douanière a nos jours, l’Afrique serait déjà en mesure de se doter, d’au moins un centre performant de surveillance (OU OBSERVATOIRE), d’alerte et/ou de riposte rapide contre les épidémies telles qu’Ebola. Ou tout au moins créer dans chaque pays une ou deux Universités de qualité a moindre frais, pour ne pas dire gratuites ; des écoles professionnelles (pour les millions de jeunes a l’âge d’abandon d’école), des centres de formation et/ou d’apprentissage des adultes dans certaines grandes villes de la zone, des centres humanitaires pour enfants abandonnés ou orphelins, etc. Ne me dites pas que la CEDEAO n’est pas en mesure de réaliser certains de ses nombreux projets routiers vieillissants dans ses tiroirs depuis plusieurs années. Depuis mon enfance on parle de projets ferroviaires, de barrages hydro-électriques, des projets routiers, mais leur réalisation est a peine visible sur le terrain. On peut citer comme exemple le vieux projet routier inter-CEDEAO Guinée-Senegal avec comme tracée Labe-Mali-Kedougou ou Labe-Koundara-Tambakounda qui a plus de 25 ans. Demandez a une certaine Dame de la Mano, a ce même Komara, Kouyate, El Hadj Habib Diallo et tant d’autres gros bonnets de ces micro-organismes a illusion comment ça fonctionne. Vous serez surpris. A part des bureaux somptieux, bien climatisés, des gigantesques projets a vous couper le souffle, des études de faisabilité tout le temps recyclés et des fonds a partager entre club hermétiquement fermé, rien de concret. Même les voies nationales reliant la plus part des grandes villes de certains pays sont toujours impraticables. Alors attendons de voir ces promesses devenir réalité pour s’en réjouir.
Citer
 
 
+8 #1 Youssouf Bangoura 11-03-2015 15:43

Qu'on arrête de nous annoncer des grands projets, nous voulons seulement entendre qu'on les commence maintenant .
Citer