Imprimer

Projets de l’OMVS : Tougué sur orbite ?

Thierno Fodé Sow  Mercredi, 11 Mars 2015 14:48

Facebook

 

Tougue_2_01Tougué, cette bourgade oubliée des contreforts du Fouta Djallon semble être, certainement par le hasard de la nature, la plus privilégiée par l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal). C’est du moins, ce que laisse croire le Haut commissaire de l’organisation, l’ancien Premier ministre Kabinet Komara.

Dans le déroulé des projets de l’OMVS, figurent entre autres : l’aménagement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba dont la capacité est de 280 mégawatts ; la construction du tronçon de route Tougué-Dinguiraye-Siguiri sur environ 400 Km. Ces seules réalisations assurent à Tougué une certaine mobilité. Tougué est donc sur orbite, pourrait-on dire. Là-bas, où tout n’est vraiment pas gai, rien ne dit qu’on est dans une préfecture. On va à Tougué, on ne passe pas par Tougué. Tougué-Koubia n’existe que de nom. La piste a décampé. Tougué-Dinguiraye, c’est le calvaire assuré pour les rares aventureux qui empruntent cet axe jusqu’à Kalinko. Tougué-Labé est quasiment impraticable et en toute saison. Tougué ? Tout n’est pas gai. Vraiment !

Avec Koukoutamba, dont le coût de réalisation était estimé il y a bien des ans à 440 millions USD, selon des données officielles disponibles à la direction nationale de l’Energie, mais qui ne répondent plus aux réalités, Tougué sera illuminé, des micro-industries seront fonctionnelles, etc. Avec Koukoutamba, c’est toute une partie de la Guinée et des autres pays membres de l’OMVS qui seront soulagés. Forte de ses trois fleuves (Sénégal, Gambie et Niger) et de ses nombreux autres fleuves, la Guinée détient un potentiel énergétique de 6000 MW, mais seuls 2% de ce potentiel sont exploités. Autant dire que les atouts sont énormes pour sortir la Guinée, château d’eau d’Afrique de l’ouest, du thermique. Koukoutamba est attendu depuis de longues décennies, sa réalisation n’est plus qu’une question de mois. Le rêve est bien permis. Un réseau interconnecté de plus de 1000 km va relier la Guinée aux autres pays.

Explication de Kabinet Komara : « Nous allons également lancer la navigation sur le fleuve Sénégal, une navigation qui est interrompue depuis 1970. Notre ambition est, 45 ans après, de lancer cette navigation, cette année. Nous allons surtout aussi faire en sorte que le massif du Fouta Djallon soit un massif protégé de façon à ce que la sècheresse à ce niveau, ne mette pas en danger la vie de 200 millions d’habitants en Afrique de l’ouest. Ce sont un certain nombre de projets que nous allons présenter à nos chefs d’Etat pour un coût d’environ 4 milliards de dollars que nous allons mobiliser à la fois en financements classiques et également en ayant recours à de nouveaux financements de type partenariat public-privé. Â»

Le Haut-commissaire de l’OMVS annonce par ailleurs l’investissement en Guinée de 60 à 70 millions USD dans le cadre de l’aménagement de la pêche et de l’aquaculture sans oublier la création à Labé de l’Observatoire de l’environnement en collaboration avec la CEDEAO. De toute évidence, que la Guinée fasse encore partie des pays les plus pauvres de la planète, voilà une aberration qui ne cesse de surprendre. Le pays dispose en effet d’un potentiel énorme – des fleuves prennent leur sources en Guinée –, tirés des contreforts du massif du Fouta Djallon, de quoi abreuver sa population, ses champs et les barrages hydroélectriques. Mais de ses atouts, la Guinée ne fait rien, ou presque.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article
  

Facebook