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Préparatifs des élections locales et présidentielles : la CENI sur le fil du rasoir

Mamady Kéita   Mardi, 10 Mars 2015 11:06

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FOFANA_Bakary_DIALLO_Cellou_Dalein_01La Commission électorale nationale indépendante est en conclave à Kindia dans le cadre  d’un atelier de planification des opérations électorales  qui a démarré le 06 mars et dont la fin est prévue ce mardi, en vue d’établir  un chronogramme  dans la perspective des élections communales, communautaires et de l’élection présidentielle. Cependant l’opposition émet des réserves sur cette démarche de cette institution chargée d’organiser les élections en Guinée, qu’elle soupçonne de vouloir inverser la chronologie des joutes électorales prévues cette année, en favorisant la tenue de la présidentielle en première position.

L’atelier de Kindia qui s’achève ce mardi, devra situer les acteurs politiques sur le chronogramme des élections à venir, et permettra de couper court aux rumeurs  qui prêtent à tort ou à raison à la Commission électorale nationale indépendante l’intention d’organiser la présidentielle avant les élections communales et communautaires qui, pourtant, figurent en première position dans l’ordre chronologique des deux scrutins prévues en cette année 2015. 

Ayant flairé le manège, l’opposition républicaine ne voudrait sans doute pas être mise devant le fait accompli. Elle a donc décidé de prendre le taureau par les cornes  en montant au créneau en vue  d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur « l’intention du gouvernement et de la CENI de n’organiser les élections communales qu’après l’élection présidentielle de 2015 ».

Dans une déclaration publiée à cet effet, l’opposition estime que « cette Inversion de l’ordre des élections a pour but de proroger le mandat illégal des délégations spéciales et des chefs de quartier nommés par l’exécutif en violation des dispositions de la Constitution et du code des collectivités locales ». Et que « l’objectif recherché par cette démarche est de maintenir en l’état le dispositif mis progressivement en place par le pouvoir en vue d’organiser, lors des prochaines élections, une fraude massive et généralisée dont les autorités locales nommées et ne disposant d’aucun mandat électif constituent les leviers essentiels », accusent Aboubacar Sylla et ses pairs.

L’opposition enfonce le clou en affirmant que « le gouvernement et le parti au pouvoir, par des manœuvres dilatoires, retardent la reprise du dialogue politique au cours duquel auraient pu être discutées et résolues les questions importantes suivantes ayant une incidence décisive sur la qualité du processus électoral : le chronogramme des élections, la réforme de la CENI, le fichier électoral, le juge électoral, etc. ».

Elle exige alors par mesure de prudence que « soit publié au plus tard au 15 mars 2015 un chronogramme électoral envisageant la tenue des élections communales avant l’élection présidentielle ».

La non prise en compte de cette revendication  pourrait « la suspension de leur participation au Parlement de tous les députés de l’opposition, membres des deux groupes parlementaires de l’Assemblée nationale », menace l’opposition. En plus de cette suspension de sa participation au Parlement, elle projette de « ne reconnaitre aussi la CENI, et en rejettera toutes les décisions et résolutions et demandera aux commissaires désignés par elle d’en tirer, en toute liberté, les conséquences quant à la poursuite de leur participation à cet organe de gestion des élections ».

A cela s’ajoutera le boycott des délégations spéciales « indument substituées aux maires et conseils communaux ». Toutes ces actions seront couronnées par « la reprise  sans tarder des manifestations sur les places et voies publiques à travers des sit-in et marches pacifiques sur toute l’étendue du territoire nationale ».

Au regard de toutes ces menaces proférées par l’opposition républicaine, il revient à la CENI de décider de la conduite à tenir. Si elle veut bien mériter la confiance des citoyens. D’ailleurs son président Bakary Fofana a lors, de l’ouverture des travaux de Kindia, invité les commissaires à mettre tout en œuvre pour « répondre aux attentes d’un peuple qui n’aspire qu’à voter en toute quiétude, dans un cadre  électoral libre, transparent et équitable ».

En rappelant que « l’objectif de l’action de la CENI, est de réussir l’organisation des prochains scrutins afin de consolider davantage les bases de l’Etat de droit, et faire ainsi de la Guinée, un exemple de démocratie en Afrique ».

Au-delà de la beauté des discours, l’institution chargée de l’organisation des élections doit poser des actes susceptibles de maintenir la paix et la quiétude dans la cité. Même si les échos qui nous parviennent en provenance de Kindia ne sont pas de nature à rassurer sur les bonnes intentions de nos commissaires à parler d’une même voix, à propos de la mise en place du chronogramme électoral. C’est comme si la majorité souhaiterait pour des raisons qu’on ignore pour le moment, que ce soit bien la présidentielle qui se tienne avant les communales et les communautaires. Une situation qui risque de nous mener droit dans le mur.


Mamady Kéita

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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