Vendredi, 06 Mars 2015 17:59
Dans une lettre dont Guinéenews a eu copie, l’intermédiaire franco-gabonais Samuel Mébiane qui serait un partenaire du milliardaire sud-africain blanc Walter Henning, du fonds de capital-risque Palladino, entend porter plainte contre la Guinée.
Dans cette lettre, adressée à Kerfalla Yansané, ministre des Mines, Saïd Fofana, premier ministre, Mohamed Diarré, ministre du Budget, Ibrahima Khalil Kaba, chef de cabinet à la Présidence, le Franco-gabonais s’interroge sur l’utilisation des 25 millions de dollars déboursés par Palladino en 2010.
Mebiane indique que, quoique les fonds aient été destinés à la SOGUIPAMI (la société de patrimoine minier), il n’a jamais eu aucune trace de ces fonds dans les livres comptables de la société d’Etat dormante.
Sébiane fait une révélation selon laquelle, lors de la rencontre entre le fonds Palladino et la SOGUIPAMI dirigée par Ahmed Kanté, ce dernier avait demandé une assistance technique à Palladino sous forme d’un prêt d’un (1) million de dollars pour équiper la société. Mais Mohamed Condé, le fils du président Alpha Condé – qui à l’époque n’occupait aucune fonction officielle – l’aurait interrompu en disant que ce n’est pas l’objet de la discussion.
C’est ainsi qu’étonnés, les dirigeants de Palladino se sont rendus compte qu’Ahmed Kanté et son adjoint Touré ignoraient tout du prêt de 25 millions de dollars contracté 9 mois auparavant – au nom de leur société – dévoile Samuel Mébiane.
«Tout ceci confirme la très forte probabilité d’un détournement des fonds de Palladino de leur trajectoire légale vers des circuits obscurs seuls connus des responsables guinéens mandatés sur le dossier et uniques intermédiaires du début de négociation de cette convention jusqu’au versement des fonds. Lamine Fofana et Alpha Mohamed Condé furent ces interlocuteurs exclusifs » écrit Mébiane.
Selon La lettre du continent, Palladino – n’ayant pas reçu de suite à sa lettre de mise en demeure –aurait confié au cabinet parisien Bourdon et Forestier, le dossier de la préparation d’une plainte formelle au Tribunal d’arbitrage International de Washington où leur plainte, si elle est acceptée, viendra s’ajouter à la demande d’arbitrage sur la convention minière de Simandou enclenchée par BSGR.
En avril 2010, Alpha Condé se rend en Afrique du Sud et rencontre Jacob Zuma et Mothlante entre autres. Auparavant il avait rencontré à Paris M. Heine Van Nierke, un Sud-africain blanc qui a son propre bureau de « consultation privée ». Cet ancien membre des services secrets sud-africains introduira Alpha Condé dans certains milieux politiques et d’affaire de l’Afrique du Sud. Entre temps le candidat Alpha Condé, représenté par son fils Mohamed Condé, prend un prêt secret de 25 millions de dollars auprès de Walter Henning du fonds Palladino en échange de contrats miniers une fois qu’il sera élu.
Suite aux scandales liés à la révélation de ce prêt dans la presse internationale, Alpha Condé ordonnera le remboursement en juillet 2012 d’un autre prêt négocié avec l’Angola en plein boom pétrolier. Palladino recevra quand même des intérêts sur le prêt de près de 1 million de dollars. Tous ces remboursements d’un prêt électoral privé ont été faits à même des fonds publics guinéens avec l'acquiescement du Parlement de l'époque.
Source : Guineenews
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