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Mohamed Alpha Condé : qui est donc ce fiston du Président ?

Jeanne Fofana  Jeudi, 05 Mars 2015 23:20

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CONDE_Alpha_Mohamed_01On parle maintenant très peu de lui. On nous apprend qu’il est de l’autre côté, aux Emirats arabes unis pour « sécuriser les avoirs du père et du fils » amassés en l’espace de moins de cinq ans de gestion du pouvoir, dit-on. Mohamed Alpha Condé est ce fiston du Président qui est rentré au pays avec l’arrivée de son père au palais présidentiel, en décembre 2010. Nommé conseiller à la présidence de la République, alors que son père avait juré la main sur le palpitant qu’il écarterait tous les membres de sa famille de la gestion de l’Etat, le fiston du président bâtit son clan à lui. « Polyglotte, sérieux, diplômé d’une école de commerce réputée, Alpha Mohamed Condé est le fils unique de son père. De par sa mère, Alimata, sœur aînée de la célèbre chanteuse Aïcha Koné et fille d’un député qui fut très proche d’Houphouët-Boigny, Mohamed a des ascendances ivoiriennes qui le rattachent à la grande chefferie sénoufo », commente la presse étrangère. Selon des informations reçues, le fils a fait des études à Paris puis aux États-Unis, à Boston et à Glendale (Arizona), d’où il sort avec un MBA de la Thunderbird School of Global Management, considérée comme la meilleure école de commerce du pays.

Diplôme en poche, il travaille au sein de plusieurs multinationales américaines (automobile, industrie pharmaceutique, conseil...), au Brésil tout d’abord, puis en Grande-Bretagne et aux États-Unis. « En 2010, il rejoint son père, alors en pleine campagne électorale. Depuis, il ne l’a plus quitté », témoigne une grosse plume de JA, très proche d’Alpha Condé. Pour faire passer la pilule avec la nomination de son fils, Alpha dit que son fils lui sert d’interprète : « Mon fils n’est pas un homme d’affaires, ni un entrepreneur en quoi que ce soit. Il a fait des études aux USA, il a travaillé au Brésil, puis à Londres et il est revenu pour m’aider ici après le décès de mon frère Malick. Je parle mal l’anglais et lui est anglophone, aussi lui-ai demandé de me servir de traducteur et de suivre pour moi les dossiers. Pour le reste, je n’ai aucun homme d’affaires dans ma famille. »

De longues années après, on comprend réellement ce qui a motivé Alpha. En effet, son fils est dans les travaux publics. Et Dalein Diallo l’a bien dénoncé. « Nous dénonçons la façon dont le pouvoir est géré. Le prix des routes a atteint des niveaux inconnus en Guinée, avec des contrats de gré à gré négociés par le fils du président Alpha Condé, qui a fondé OAS BTP, une entreprise de bâtiments et travaux publics », avait accusé l’ancien Premier ministre et chef de file de l’opposition. Certainement, les proches de l’intéressé vont tenter de masquer cette option d’Alpha Condé en citant les cas d’IBK dont le fiston est député à 34 ans, de Karim Wade qui fut super ministre, de Frank Biya, de Dénis Christel Sassou Nguesso, de Zakaria Idriss Déby, etc. Seule différence fondamentale, en Guinée, il y a eu une déclaration à propos de la gestion familiale du pouvoir. Les discours sont encore là. Un bémol tout de même : « Quand un homme politique reconnaît publiquement une erreur, ce n’est jamais par remord mais parce que la franchise lui semble − tardivement et momentanément − le moindre mal », Philippe Bouvard.

Il n’empêche que c’est un artifice sans commune mesure.


Jeanne Fofana
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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