Aliou Sow Mardi, 03 Mars 2015 21:28
La directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dr Matshidiso. R. Moeti n’a pas manqué de faire cas de sa préoccupation face à la réticence qui persiste contre les équipes anti-Ebola dans certaines localités, lors d’une audience que lui a accordée la semaine dernière le président Alpha Condé. C’est le lieu de dire que la situation est loin d’être maîtrisée, en termes d’éradication de l’épidémie d’Ebola, à une semaine de la date butoir du plan « zéro Ebola en 60 jours », concocté par le gouvernement guinéen et ses partenaires de santé.
La directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dr Matshidiso. R. Moeti a effectué une visite de terrain la semaine dernière en Guinée, pour évaluer le plan de riposte contre le virus Ebola. Lors de l’audience que le président Alpha Condé a accordée au Dr Matshidiso Moeti, celle-ci a exprimé « ses vives félicitations au président pour son leadership qui a permis d’obtenir de bons résultats. Elle s’est réjouie des résolutions qui ont été prises pour stopper l’épidémie de la maladie à virus Ébola en Guinée », selon un communiqué de l’OMS.
Elle a expliqué au chef de l’Etat que « depuis sa prise de fonction le 1er février 2015, elle a fait de l’éradication de la maladie à virus Ébola sa première priorité ». C’est cette raison qui justifie sa « tournée dans les pays les plus affectés pour apporter son soutien aux autorités et aux populations de ces pays, et aussi pour mieux apprécier la situation sur le terrain, mieux connaître les défis, identifier avec les autres partenaires quelles sont nos difficultés. Enfin, voir avec les équipes de l’OMS sur place comment intensifier notre appui et surtout mieux les orienter. »
La directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique s’est certes dite « confiante quant à l’issue de l’épidémie de la maladie à virus Ébola qui évolue vers sa fin ». Mais elle a toutefois exprimé « quelques inquiétudes concernant les foyers de réticences des communautés, et surtout la nature des résistances qui a tourné à la violence physique dans certaines localités. Toute chose qui ne permet pas aux équipes déployées sur le terrain de mener à bien les activités de lutte contre l’épidémie. »
Pour sa part, le président Alpha Condé s’est dit très encouragé par cette visite de la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Nous souhaitons que les efforts soient multipliés par dix pour que la date du 10 mars que nous avons fixée comme échéance pour la fin de la transmission soit respectée », a souhaité le président de la République. Alpha Condé a reconnu « la faiblesse du système de santé en Guinée. Et a également exprimé ses préoccupations face à la situation marquée par la recrudescence des nouveaux cas, notamment dans la région côtière du pays. »
En clair le président a mis l’accent sur les difficultés qui selon lui sont entre autres dues aux enterrements communautaires non sécurisés à Conakry mais aussi aux réticences. Le comportement de certains citoyens vis-à-vis des équipes anti-Ebola, illustre le laxisme et l’incurie qui entoure l’application de l’urgence sanitaire décrété par le président de la République.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()