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L’administration se remilitarise : que cache Alpha Condé ?

Rougui Barry  Jeudi, 26 Février 2015 15:27

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CONDE_Alpha_30_01La page des militaires devait être tournée avec l’arrivée d’un président dit démocratiquement élu. Le général Lansana Conté a fait son temps durant un quart de siècle. Il s’en est allé. Dadis Camara et sa bande ont pris le pouvoir pour quelques années. Ils s’en sont allés. Alpha Condé est élu par la suite. Il garde dans le gouvernement trois militaires issus de la junte. Le premier remaniement n’a pas pu sauver ses hommes en treillis.

C’est le vent des civils qui souffle. Du moins, c’était l’idée que nous avons eue. C’était manifestement trop aller vite en besogne. Alpha Condé n’a pu aller loin sans ses militaires. Il nomme des préfets militaires, des gouverneurs de région militaires et aujourd’hui, des ministres militaires, comme c’est le cas du général d’armée Boureima Condé. Ce ne sont pourtant pas les civils qui manquent. Encore moins des hommes d’expériences. Mais Alpha Condé peine vraiment à mettre de côté ces hommes en uniforme qui ont non seulement géré mais qui changent de veste selon le vent.

Cet état de fait agace l’opposition. Réagissant suite à l’arrivée dans le sérail de Boureima Condé, Faya Bourouno, du PEDN, a dénoncé la militarisation du gouvernement actuel. « Le président avait réussi à faire partir les militaires mais à notre fort étonnement, ils reviennent aux affaires pour occuper des postes stratégiques comme à la Santé et à l’Intérieur ». Pourtant Alpha Condé avait dit que son avènement n’était pas synonyme de changement de gouvernement mais un changement de régime. Mais, selon toute vraisemblance, ce sont des paroles en l’air. L’administration publique reste toujours militarisée. Dalein considère cette nomination comme un recul. Il ne sait en revanche pas le motif réel qui a fait qu’Alpha Condé a choisi un militaire plutôt qu’un civil. De fait, « tout ça peut être considéré comme quelques pas en arrière. Mais ça dépendra aussi du comportement du nouveau ministre. Est-ce qu’il va travailler pour la consolidation des règles démocratiques ? Je doute qu’on puisse le faire sous le règne d’Alpha Condé, parce que ce n’est pas sa vocation, ni sa préoccupation. Le général Bouréma Condé connait la Guinée plus qu’Alhassane Condé, il a été sous-préfet, gouverneur de région, il connait bien le pays, il connait les préoccupations des Guinéens, mais est-ce qu’il aura la volonté ou la marge de manœuvre de mener une politique qui va dans le sens de la consolidation de la démocratie, de la paix et de l’unité de la nation ? »

Le pouvoir central a-t-il un deal avec les hommes en treillis ? Nul ne le sait. Allons donc.


Rougui Barry
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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