L'installation d'un centre anti-Ebola vire à l'émeute

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fievre_Ebola_2_01Des centaines de jeunes, craignant une contamination de leur quartier, ont empêché très violemment l'installation d'un centre de traitement d'Ebola de MSF dans le sud.

Cet incident est survenu vendredi, à la veille de l'arrivée à Conakry du chef de l'ONU Ban Ki-moon, en tournée en Afrique de l'Ouest depuis jeudi dans les pays touchés par Ebola. Les jeunes ont empêché l'installation de ce centre de MSF, en pointe dans le combat anti-Ebola, dans la ville de Kissidougou, dans le sud de la Guinée particulièrement touché par Ebola, a affirmé à l'AFP le commissaire de police de cette localité, Alfred Houlémou.

« Ils ont d'abord saccagé les installations, notamment des tentes de MSF, mis le feu aux bâches et cassé des chaises pour enfin chasser le personnel sanitaire et officiel qui avait pris place sur les lieux », a expliqué le commissaire Houlémou, joint au téléphone depuis Conakry. Les assaillants ont affirmé ne pas vouloir de contamination d'Ebola dans leur quartier, selon la même source, ce qu'un responsable guinéen de la lutte anti-Ebola a confirmé.


Précédents

Des jeunes s'étaient également opposés en novembre à l'installation d'un centre de MSF à Yimbaya, dans la banlieue de Conakry. Ils avaient saccagé le dispositif mis en place pour la cérémonie, en scandant: « Nous ne voulons pas d'Ebola dans notre quartier! Nous avons peur d'Ebola! Non à MSF! Ne polluez pas notre environnement ».

En Guinée, les réactions violentes les plus graves à la lutte anti-Ebola se sont produites en septembre à Womey (sud-est). Huit membres d'une équipe de campagne de sensibilisation avaient été tués par des habitants qui niaient la réalité du virus et criaient à un complot des Blancs. Le premier ministre de Guinée, Mohamed Saïd Fofana, a cependant inauguré vendredi un centre anti-Ebola de MSF, d'une capacité de 100 lits, à une cinquantaine de km de Conakry, a-t-on appris samedi auprès de l'ONG.

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone sont les trois pays les plus touchés par Ebola. L'épidémie, la plus grave depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976, partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, a fait au moins 6.915 morts, essentiellement dans ces trois pays, selon un dernier bilan.


ATS/AFP


Source : 20 minutes, Lausanne


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Commentaires  

 
0 #4 Gbinimathos 22-12-2014 12:09

Et a Forecariah chez notre PM?
Tout le MONDE a peur d'EBOLA!!!
Alors pourquoi une telle sale maladie tres contagieuse et mortelle doit cohabiter avec nos parents dans les centres villes et autres???
Il ya tellement de place vide pour eloigner ces dits centre des villes etc...
Ce qui est deplorable dans tout ca c'est la violence qu'on rencontre un peu partout.
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+2 #3 amadudialamba 22-12-2014 01:01

Par divers commentaires, je n’ai pas arrêté d’appeler à la vigilance sur l’évolution de cette terrible épidémie, en vue d’éviter sa propagation dans notre pays. J’invite tous ceux qui sont prêts à me contredire de revisiter les articles précédents de Guinéeactu. Aujourd’hui le temps et la réalité sur le terrain commencent à me donner raison. Car des cas sont signalés un peu partout, même dans des zones qui n’avaient jamais enregistré des cas ; telle que la Région de Labé. Pendant la seule dernière semaine, on nous a signalé également plusieurs cas de résurgence dans certaines zones antérieurement touchées. Il ne faut pas se fier à la passivité des autorités pour crier victoire sur cette pandémie. Car la gestion chaotique caractérisant son début continue son petit bonhomme de chemin. Ni les statistiques ni la courbe de propagation, les champs contaminés et les zones à moyen/haut risque ne sont réellement répertoriés. Comme tout le monde, j’apprécie les multiples visites et les différentes aides apportées ces derniers mois à la Guinée. Mais ces visites de hautes personnalités en Guinée ne devraient pas être perçues comme un témoignage de fin d’Ebola au pays ou un lieu sans risque. Nous ne devons pas privilégier l’intérêt économique dans la lutte contre Ebola. Les réalités que vivent les pauvres citoyens qui se débattent dans l’extrême pauvreté à l’intérieur du pays sont totalement différentes des endroits soigneusement préparés pour accueillir un Président français ou un Secrétaire général des Nations Unies par exemple. Car ces endroits sont proprement désinfectés, bien protégés et exempts de toutes sources de contamination. En plus, ces patrons ne passeront même pas à côté d’une seule montagne de déchets jonchant les ruelles de Conakry, à plus forte raison apercevoir les différents lacs d’eaux usées puantes et hautement toxiques. Alors j’insiste encore sur la nécessité de redoubler d’ardeur pour une vigilance maximale. Sinon, nous risquons de connaitre l’irréparable chez nous, que Dieu nous en épargne. Le Mali, lui, contaminé par la Guinée a prit toutes les dispositions qui s’imposaient pour circonscrire la zone des premiers cas dans son territoire. Mettant en quarantaine plus de 400 personnes. Au Nigeria également, les autorités n’ont pas lésiné sur leurs dispositions pour éviter la propagation de l’épidémie. Mais chez nous je n’ai jamais entendu parler de mise en quarantaine prolongée d’une zone touchée. C’est très grave !
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+2 #2 A.O.T. Diallo 21-12-2014 21:09

Dieu seul sait que je n'approuve pas systématiquement l'usage de la force mais il sera impossible dans le contexte d'indiscipline et d'inconscience actuel de contrôler cette maladie a court terme sans mettre en place des camps d'isolement obligatoires sécurisés et sains (surtout sur le plan alimentaire) pour tous les contacts retrouvés des malades.
Sans ces grands moyens cette maladie couvrira les 33 préfectures et 5 communes de Conakry avant fin 2015...
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+8 #1 Gandhi 20-12-2014 23:10

Entre Ebola-phobie, ébola-folie et ebola-business (dixit un site), les Guinéens ne savent plus où donner de la tête. AC avait menacé d’utiliser la méthode forte contre les brebis galeuses dans la lutte contre ébola. On attend de le voir agir.
Comme à Womey ???
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