O. Tiero Jeudi, 18 Décembre 2014 21:10
L’Institution nationale des droits humains (INIDH) fait partie de la dizaine d’institutions républicaines prévues par notre constitution et dont la mise en place était programmée six mois après celle de l’Assemblée nationale. Le délai est largement dépassé et l’INIDH et les autres institutions tardent à voir le jour.
Ce retard, disons-le tout de suite, est dû à la mal gouvernance qui gangrène tous les secteurs d’activités de la nation. Cette mal gouvernance se manifeste ici par la volonté sournoise du pouvoir à caporaliser toutes les institutions et administrations de l’Etat. De source proche de Sékoutouréya des démarches sont engagées pour rédiger des projets de lois organiques portant composition, organisation et fonctionnement des différentes institutions constitutionnelles, lesdites lois organiques seraient orientées de manière à écarter les ayants-droits légaux notamment les organisations non gouvernementales. L’objectif visé est de doter ces institutions de membres fonctionnaires, ce qui faciliterait leur mise au pas.
Le ministre de la Justice, Cheick Sacko, et autres hauts commis de l’Etat plancheraient activement sur ces projets de lois à soumettre à l’Assemblée nationale qui les adoptera à sa session d’avril 2015 grâce à sa majorité mécanique. Le régime d’Alpha Condé poursuit inexorablement sa politique de tout régenter, de tout phagocyter ; il rame à contre-courant des principes de la démocratie en dépit de tous les discours lénifiants dont on nous rebat les oreilles. Nous vivons en fait sous une dictature qui ne dit pas son nom.
Quelle attitude adopter pour inverser cette tendance malheureuse à cet autoritarisme d’un autre âge ? Beaucoup de citoyens attendent la présidentielle de 2015 pour sanctionner le régime, par contre d’autres citoyens, dont les activistes des droits de l’homme, montent au créneau pour dénoncer ces pratiques déloyales et exiger que leur institution à eux, l’Institution nationale indépendante des droits humains, soit installée dans les règles de l’art. Cette seconde attitude est certainement la meilleure, à savoir rester vigilant et combattre tous les jours les sournoiseries du régime avant de lui asséner le coup de grâce par un vote négatif massif en 2015. C’est du moins l’avis de biens de citoyens qui plient sous le coup de la pauvreté et de l’injustice.
O. Tiero
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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