Les élections sans aides extérieures : un vieux rêve de Condé !

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CENI_01« Nous n’accepterons plus que quelqu’un nous dicte la façon d’organiser nos élections. C’est pourquoi d’ailleurs nous finançons nous-mêmes nos élections, parce que lorsque vous recevez un financement de l’extérieur, il y a des contraintes auxquelles il faut impérativement faire face. Â»

Après neuf mois seulement passés au pouvoir, Alpha Condé exprimait sa désapprobation sur Sud FM, un média sénégalais, quant à l’implication de la communauté internationale dans l’organisation des élections en Guinée. Derrière ce nationalisme béat doit se cacher une réelle volonté de piper les dés. Un peu plus de trois ans après cette déclaration, avec la tenue des législatives, Alpha Condé a compris à ses dépens qu’il aura fallu l’aide de la communauté internationale pour compléter le trou financier demandé par la CENI afin d’aller aux joutes qui ont vu le RPG perdre toutes les Communes de Conakry. En désespoir de cause, le président Condé revient à la charge et veut toujours aller aux élections, seul, sans appuis financiers étrangers. Il a encore dans le cœur cet amer souvenir.

En effet, les experts de l’Union européenne avaient joué un rôle crucial pour éviter que le processus – les législatives – ne dérape alors que le recomptage des voix dans certaines circonscriptions donnait lieu à un vrai psychodrame. Pour l’opposition, c’est bel et bien la vigilance de l’Union européenne qui a permis d’apporter un peu de transparence. Et elle accuse aujourd’hui le président Condé de vouloir écarter l’UE afin de préparer des fraudes. A un an de l’élection présidentielle, le ton commence déjà à monter au sein de la classe politique. Pourquoi Condé dépoussière-t-il son ancien rêve, alors que le pays est sous perfusion suite à Ebola dont les retombées financières aident pourtant certains petits malins à s’en mettre plein les poches ?

Juste pour tenter la fraude, scande-t-on, car, pour organiser ses élections présidentielle et locale en 2015, la Guinée aurait besoin de 57 millions d’euros. Un objectif financier difficile à atteindre pour un pays dépendant déjà, disions-nous, de l’aide internationale pour lutter contre le virus Ebola. L’opposition sort ses dents non seulement à cause du couplage, mais aussi et surtout à cause de la réelle volonté du pouvoir à aller aux élections sans aides, donc sans arbitres. La suite ? Nul besoin d’être un géomancien pour écarter des anomalies qui pourraient affecter la paix sociale. Ce sont les conditions actuelles mêmes et le contexte sociopolitique du reste très tendu qui l’exigent.

Quoi qu’il en soit, estime Aboubacar Sylla, « notre problème, c’est qu’avant des élections majeures comme l'élection présidentielle de 2015, qu’on dispose de collectivités locales représentées par des personnes issues des suffrages librement exprimés par les citoyens. On ne veut pas que l'élection présidentielle survienne alors que des fonctionnaires, des militants zélés et autres activistes du RPG continuent, en toute illégalité et sans aucune légitimité, à occuper ces postes pour lesquels ils n'ont reçu aucun mandat des populations. Donc si l’on couple ces deux élections, ce résultat ne sera pas atteint. »


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


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Commentaires  

 
-1 #3 Abraham bantignel 16-12-2014 19:18

Je doute que cette opposition puisse faire quelque chose: elle lance trop d'ultimatums et des déclarations au point que Alpha rigole et les traitent de "rigolos" et " nains politiques". CDD par ses déclarations conforte Alpha que la répression est dissuasive et blâme la Communauté internationale d'avoir abandonné la Guinée. Que veut-il qu'ils fassent lorsque tout semble calme et bien se dérouler en Guinée,vu de dehors? Pas de gréves, pas de tension politique évidente. Je ne vois aucune détermination de l'opposition d'en découdre avec Alpha Condé malgré leurs menaces à caractère redondant. CDD et Sidya pleurnichent qu'il n'est pas facile de lutter contre une dictature comme celle d'Alpha Condé comme si ce n'était pas cela même la définition d'une dictature et qu'ils ne savaient pas que Alpha est un dictateur et l'avoir laissé tricher en 2010. Surtout Mr Sidya qui l'a pratiqué et sait que Alpha a un esprit obtus. Notre salut ne viendra probablement que du peuple s'il décide de se révolter mais difficilement de CDD et Sidya. CDD semble avoir perdu le peu de combattivité qu'il avait. Il a l'air fatigué et moralement atteint après tant de défaites politiques et le dernier assassinat du leader des motards. Sidya,lui n'a jamais été un leader combattant: il est plus à l'aise dans les salons et pour théoriser sur la bonne gouvernance que la lutte sur le terrain.
Et pire pour nous,le peuple a décidé de négliger les leaders politiques plus jeunes bien qu'ils soient beaucoup plus entreprenants et intrépides qui peuvent et veulent donner le change à Alpha Condé et sa clique. En bref, nous sommes dans une impasse à cause du choix du peuple qui veut rester fidèle et solidaire de leaders désespérés mais qui veulent le pouvoir sans risquer ni leur vie ni éventuellement leur liberté surtout après les menaces du dictateur Alpha Condé(?). Mes preuves? Elles sont intangibles, basées subjectivement sur le ton de leurs discours et leurs arguments d'inaction politique en se disculpant sous prétexte qu'il y a une dictature. Or Alpha n'est pas pire que Dadis ou Conté en terme d'autocratie!
Malheureusement,en Afrique,l’accès au pouvoir est à ce prix: il faut mettre sa vie dans la balance! Et c'est aussi un choix,faire ou ne pas faire de la politique surtout que certains sont morts pour leur leader.
L'opposition est aujourd'hui victime de l'utilisation abusive des marches sans aller jusqu'au bout et abandonner trop tôt à cause de la répression. Et en plus surtout sans que la barbarie d'Alpha n'ait des conséquences pour lui et son gouvernement. Alpha l'a compris,ainsi que le dilemme de l'opposition. D'où son arrogance et ses menaces.
Après la mort de Zakariaou en 2011, avant toute revendication politique,l'opposition aurait dû exiger justice et garder la tension sociale élevée jusqu’à gain de cause. Si cela avait été fait, probablement que l'auto-attaque de Alpha Condé du 11 juillet 2011 n'aurait pas pu être fomentée et Alpha aurait pris plus de précautions et fait plus attention aux droits des Guinéens. Le fait d'avoir fait montre de fatalité à ce moment crucial a fait perdre aux manifestations populaires toute leur efficacité et renforcé la dictature du RPG sachant qu'il y a aucun risque à réprimer l'opposition.
Que faire? L'opposition doit consulter urgemment ses bases pour savoir s'ils sont déterminés à faire prévaloir leurs droits de gré ou de force et cette fois,aller jusqu’à obtention de gain de cause et surtout sécurisé les acquis. Il faut en finir une fois pour toute cette fois avec ces cycles manifestations-pause-manifestations-négaciations attrape-nigauds-manifestations ! Soit Alpha gagne et la Guinée devient le royaume Alpha Condé soit le peuple gagne et la Guinée rejoint le club des démocraties africaines. Il n'y a plus de place ni de temps pour des tergiversations de l'opposition. Aujourd'hui en Guinée le problème n'est plus Alpha Condé dont on connait l'ambition dictatoriale claire de soumettre le peuple de Guinée à sa famille mais l'opposition qui doute et tergiverse.
C'est mon opinion!
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+5 #2 keitaM 16-12-2014 14:39

Les élections sans aides extérieures : un vieux rêve de Condé ! Il n'est inspiré que s'il s'agit de tricher et faire du mal. Et après on nous dit qu'il est un grand politicien.
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+8 #1 amadudialamba 16-12-2014 03:51

Les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets au rendez-vous de 2015. Pourquoi ces opposants qui se sont fait avoir à plusieurs reprises par cette même CENI continuent à dénoncer ses magouilles au lieu d’agir ? Les opposants doivent se convaincre que cette maudite CENI, pilotée par ce nuisible Bakary ne fera que le pire de ce qu’elle avait fait en 2010 et lors des législatives en 2013. Des toutes les consultations organisées jusque-là par ces tricheurs, aucune ne s’est déroulée normalement. Toutes les manigances de cette CENI sont organisées par les caciques du RPG comme le Ministre de l’administration du Territoire recevant des instructions directes du Mossi. L’opposition ne doit pas toujours attendre la fin la manigance du pouvoir et de la CENI pour réagir. Elle doit dès le premier geste inadmissible se lever spontanément pour dire ‘’JAMAIS’’ une nouvelle fois de suite. Au Burkina par exemple, l’opposition n’avait pas attendu que l’Assemblée de Blaise entame même la modification de la constitution, a plus forte raison son entérinement. Autre élément troublant c’est lorsque Alpha affirme n’avoir pas besoin de l’aide extérieure pour financer les élections. Pendant qu’au dernier conseil des Ministres on nous laissait entendre que « La plupart des recettes du pays ont été divisées par trois alors que les charges de l’Etat ont pratiquement doublées ». Ces voleurs nous parlent de manque à gagner d’environ mille six cent milliards de GNF et des charges qui ont augmenté de 180 milliards de GNF. Des causes attribuées à Ebola. Le gouvernement tarde à procéder à la réouverture des classes, alors qu’Alpha s’attribue des bains de foules partout à travers les pays pour des fins de campagnes déguisées. Pour éviter de de rééditer les erreurs de la présidentielle de 2010, c’est maintenant que l’opposition doit sortir ses griffes pour montrer à cet RPG que 2015 n’est sera pas 2010.
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