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Coordination nationale de lutte contre Ebola : Sakoba Kéïta doit-il démissionner?

Samory Keita  Samedi, 13 Décembre 2014 15:44

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KEITA_Sakoba_01Nommé, par le président Alpha Condé, à la tête de la coordination de riposte à Ebola, le Dr Sakoba Kéïta n’a pas pu répondre aux attentes de son mentor qui le juge « insuffisant ».

Il y a presqu’un an apparaissait la fièvre Ebola. Qui, depuis, décime des familles et des contrées entières. L’épidémie évolue à un rythme effréné. C’est la panique totale. Jusque dans les hautes sphères de l’Etat. Du coup, le président Condé chaperonne cette coordination dite de riposte contre Ebola, à la tête de laquelle il nomme le Dr Sakoba Kéïta. Au-delà du choix qui est motivé par l’ethnicité, il y a un problème majeur : il n’arrive à satisfaire personne. Aucun partenaire ne peut avouer aujourd’hui être fier du Dr Kéïta et des résultats qu’il affiche. Or, on ne lui a pas demandé grand-chose. Si ce n’est un rôle de leadership, permettant de coordonner les dons qui arrivent et aussi de capitaliser le bilan évolutif de la maladie, en transmettant ‒ de façon aussi objective et fine que possible ‒ les vrais chiffres de l’infection, des morts, des miraculés, etc. Au-delà de ce devoir de simple comptable, on aurait peut-être attendu de lui une « stratégie » pour éradiquer Ebola, mais la carence (et la fragilité du pays) aidant, c’est l’OMS qui s’en charge avec l’ONG Médecins sans frontières, comme on peut le voir sur le terrain.

Le moins que le Dr Sakoba Kéïta aurait pu faire, c’est de fournir les détails de l’hécatombe, de façon suivie et honnête. Mais c’est là où il a lamentablement échoué. Tout porte à croire qu’il a foulé au pied son serment d’Hippocrate. Ni l’OMS, ni l’opinion publique, ni les partenaires de la Guinée ne sont satisfaits des chiffres avancés par sa coordination. Dans les conférences de presse sporadiques que celle-ci donne, presse et opinion nationale sont souvent interloquées par le bilan taillé sur mesure. La coordination maintient toujours son moyen de prévenir la panique au sein de l’opinion, qui consiste à dissimuler les vrais chiffres de l’hécatombe, à minimiser le bilan comme l’ont si bien dénoncé l’OMS et les sociétés savantes. Mais, le manège allait faire long feu, puisque l’évaluation que l’on fait en Guinée de la maladie va bientôt faire confusion. Comment se fait-il que pour la même souche de virus on meure à des rythmes différents en Guinée, comparativement à la Sierra Leone et au Liberia ?

Répondant à une telle question, puis suivant de près la propagation de l’épidémie, les partenaires de la Guinée se sont rendus compte que l’on est très loin des chiffres farfelus avancés par la coordination nationale anti-Ebola.

En recevant, récemment, le président de la Banque mondiale, le président de la République, Alpha Condé, a reconnu qu’ « il y a du désordre dans la coordination des dons qui arrivent ». D’où la promesse faite par le président de la Banque mondiale de dépêcher un cadre valable afin de gérer les dons, coordonner les stratégies et fédérer les énergies… Cette nouvelle prise de position de la Banque mondiale et de la présidence guinéenne vient corroborer l’inefficacité et le manque de leadership du chef de la « Division prévention et lutte ». Mais aussi l’image négative que garde l’opinion de cette division-là et de son chef le sieur Sakoba Kéïta. En gros, la coordination et son chef n’ont répondu à aucune des préoccupations du pays en matière de santé publique. Ils seraient plutôt préoccupés par l’Ebola-business. Histoire de se faire plein les poches. Avant que la maladie ne s’en aille ! Alors, le Dr Sakoba Kéïta doit-il faire son propre constat d’échec et démissionner ? Mieux vaut tard que jamais.


Mory Diakité
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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