Police et sapeurs-pompiers, les parents pauvres !

Facebook Imprimer    

 

CISSE_Mahmoudou_01Une police digne de ce nom et des sapeurs-pompiers qualifiés, prompts et équipés. L’ambition que caressent aujourd’hui les autorités de la Sécurité et de la Protection civile est des plus nobles. Le chemin reste pour autant encore long. Policiers et sapeurs-pompiers, on en convient, sont manifestement dans le creux de la vague. En cause : la formation et l’équipement.

La police et les sapeurs-pompiers sont bien malades. Et le bulletin de santé de ces deux secteurs reste inquiétant. Il suffit de s’offrir des petites randonnées à travers la capitale, aux grands carrefours, pour s’en convaincre. Il s’agit tout d’abord des policiers de la routière. Dans leur uniforme souvent maculé qui n’impose aucune vertu, des policiers se livrent à tout. Ils pourchassent en bandes organisées, des engins roulants. A pied ou à moto poussive. Ils s’accrochent à des portières de gros camions chargés de sable ou autres pour réclamer ce qui est connu de tous : « Borè sarè Â», le prix de la sauce. Ils arraisonnent en pleine circulation des usagers pour avoir brûlé les feux, même là où il n y en a pas. « Vous êtes en infraction Â» lancent-ils à longueur de journée, en tentant d’immobiliser l’engin, tenez-vous bien, en s’arrêtant devant, les mains posées sur le capot, se souciant peu ou pas du tout d’éventuelles défaillances techniques qui pourraient abréger leur vie sur le champ.

Cette attitude malhabile provoque très souvent des bouchons et des accidents. On aura beau dire, on aura beau dénoncer, on aura beau porter plainte, on aura beau tourner le dos suite aux spectacles désolants de certains policiers indélicats. Mais on vivra encore longtemps ce tableau que nous dépeignons avec autant d’étonnement. Madifing Diané, ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile avait brandit la menace de mâter tous les policiers indélicats. Cette menace était tombée dans des oreilles de sourds. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Venu aux affaires, il y a juste quelques semaines, le nouveau ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Mahmoudou Cissé, pense disposer de la solution miracle pour notamment trouver « une police digne de ce nom Â». Il s’agit entre autres de formation et d’infrastructures. C’est du moins ce qu’il a laissé comprendre, à son passage au Parlement, la semaine dernière. Il dépeint d’abord le secteur.

Extrait : « Primo, il y a un problème urgent de formation. 77% des 13 000 policiers et sapeurs-pompiers. 10 000 ont besoin d’une mise à niveau immédiatement, si l’on veut exiger d’eux un comportement professionnel en conformité avec les exigences de l’heure, une police digne de ce nom. Secundo, qui dit formation dit infrastructures. En tout, nous ne possédons que deux écoles non encore achevées pour assurer la formation. La capacité totale de ces deux écoles n’excède pas 1 800 personnes, soit moins de deux dixièmes des besoins. Enfin, tertio, c’est un constat que vous vivez tous les jours, car c’est de la volatilité de la sécurité à Conakry qu’il est question. L’insécurité est rampante dans la capitale, avec des pics qui sont en conjonction avec les turbulences politiques. Comme ce fut le cas tout le long de l’année 2013. Â»

Il reste que les sapeurs-pompiers manquent de tout. Aujourd’hui, si on les appelle, la réponse est invariable : « Nous n’avons pas d’eau, nous n’avons pas de carburant. Â» S’ils ne viennent pas tout simplement après les grosses flammes. Mais le ministre, lui, indexe « des difficultés d’accès des sapeurs-pompiers aux lieux en flammes, avec cette urbanisation anarchique. Le montant de dix-neuf milliards six cent soixante-seize millions trois cent mille GNF (19 676 300 000 GNF) avait été inscrit pour y faire face. Ce montant devrait servir à former 4 015 nouveaux fonctionnaires nouvellement engagés. En 2015, une ligne budgétaire, d’un montant de cent cinq milliards GNF (105 000 000 000 GNF) avait été acceptée. Finalement mon département se retrouve avec neuf milliards cinquante millions GNF (9 050 000 000 GNF) Â», se plaint le ministre devant les députés.

Pour l’année à venir, il annonce la mise en place de nouvelles structures, à savoir : les services d’incendie et de secours à Labé, Kindia, Boké et Kankan, la CMIS à Siguiri, Kissidougou et Kamsar, les directions régionales de police à Kankan, Kindia et Faranah. Auxquelles s’ajoute le siège de l’OPROGEM dont le rôle dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants n’est plus à démontrer. Â» Tout un challenge. Il reste que les citoyens se sentent encore bien en insécurité, malgré l’effectif grandissant des policiers.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

 

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+3 #4 Gandhi 14-12-2014 11:24

Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
« MAHMOUDOU CISSE, PENSE DISPOSER DE LA SOLUTION MIRACLE POUR NOTAMMENT TROUVER « UNE POLICE DIGNE DE CE NOM ». IL S’AGIT ENTRE AUTRES DE FORMATION ET D’INFRASTRUCTURES. Avant d’être propulsé à la tête de ce Ministère, Monsieur Cissé a été un ami. C’est pour ce motif que je me permets de participer à la réflexion visant à doter le pays d’une police républicaine dans le vrai sens du mot. A mon avis, il ne s’agira pas de faire construire des centaines de gratte-ciels pour ces ‘’ramassés de partout’’. Il ne s’agira non plus de former ces ramassés de partout durant toute leur carrière professionnelle. Je veux parler de ces enfants à papa que l’on a ramassé partout pour verser dans l’armée ou la police guinéenne, parce qu’ils étaient intraitables, pour certains même indésirables dans leurs propres familles. Car incapables à l’école, délinquants abandonnés dans la rue et même voleurs de dépenses familiales. Il n’atteindra jamais l’objectif escompté, c’est-à-dire avoir une police républicaine pour le pays. Pour réformer la police, il faudra tout d’abord procéder à un recrutement massif de nouveaux jeunes cadres au sein des lycées et collèges de la République. Des jeunes qui ont un casier judiciaire blanc du vol, de la corruption, du brigandage, de viol, etc. Des jeunes vierges de tout ce qui s’apparente à la délinquance. Il faudra ensuite procéder à une retraite massive de la vieille garde. Il faudra enfin, trouver les moyens financiers. Chercher des formateurs professionnels qui n’ont pas été plongés dans la marre de la corruption guinéenne, trouver des pays pour envoyer en stage ces nouvelles recrues afin de les familiariser avec la pratique républicaine aux cotés d’une police professionnelle expérimentée. Cette contribution entre dans le cadre de la réforme de la police guinéenne. Mais attention !!! Il faudra éviter le recrutement familial, régional ethnique et plus grave politique.

Je partage entièrement ce point de vue. En divisant les effectifs des forces de sécurité par 3 (mais par 10 à terme), il sera peut-être possible de ne plus trouver de brebis galeuses. Mais c'est avec une nouvelle génération formée que les choses évolueront.
Citer
 
 
+1 #3 amadudialamba 14-12-2014 00:50

« MAHMOUDOU CISSE, PENSE DISPOSER DE LA SOLUTION MIRACLE POUR NOTAMMENT TROUVER « UNE POLICE DIGNE DE CE NOM ». IL S’AGIT ENTRE AUTRES DE FORMATION ET D’INFRASTRUCTURES. Avant d’être propulsé à la tête de ce Ministère, Monsieur Cissé a été un ami. C’est pour ce motif que je me permets de participer à la réflexion visant à doter le pays d’une police républicaine dans le vrai sens du mot. A mon avis, il ne s’agira pas de faire construire des centaines de gratte-ciels pour ces ‘’ramassés de partout’’. Il ne s’agira non plus de former ces ramassés de partout durant toute leur carrière professionnelle. Je veux parler de ces enfants à papa que l’on a ramassé partout pour verser dans l’armée ou la police guinéenne, parce qu’ils étaient intraitables, pour certains même indésirables dans leurs propres familles. Car incapables à l’école, délinquants abandonnés dans la rue et même voleurs de dépenses familiales. Il n’atteindra jamais l’objectif escompté, c’est-à-dire avoir une police républicaine pour le pays. Pour réformer la police, il faudra tout d’abord procéder à un recrutement massif de nouveaux jeunes cadres au sein des lycées et collèges de la République. Des jeunes qui ont un casier judiciaire blanc du vol, de la corruption, du brigandage, de viol, etc. Des jeunes vierges de tout ce qui s’apparente à la délinquance. Il faudra ensuite procéder à une retraite massive de la vieille garde. Il faudra enfin, trouver les moyens financiers. Chercher des formateurs professionnels qui n’ont pas été plongés dans la marre de la corruption guinéenne, trouver des pays pour envoyer en stage ces nouvelles recrues afin de les familiariser avec la pratique républicaine aux cotés d’une police professionnelle expérimentée. Cette contribution entre dans le cadre de la réforme de la police guinéenne. Mais attention !!! Il faudra éviter le recrutement familial, régional ethnique et plus grave politique.
Citer
 
 
+3 #2 mamadou saliou bah 14-12-2014 00:04

" En tout , nous ne possedons que 2 ecoles non encore achevees " !
" ILS " sont vraiment comme " LEUR " maître , Alfa Conde : VIDES !
Dites : NOUS NE POSSEDONS PAS D'ECOLES pour former NOS POLICIERS !
C'est scandaleux , Quand on sait que , meme l'ANE SUPER TETU de Sekou Toure avait compris qu'il faut recruter des UNIVERSITAIRES a la police .( revoir les commissaires et inspecteurs jusqu'a mon FRERE DIENG ).
C'est scandaleux ,quand je sais que je viens de recevoir un des FORMATEURS ONUSIENS ( GUINEEN)de POLICE .
ALPHA CONDE et sa clique , s'en fouttent de la GUINEE .
SONT-ILS- GUINEENS !
Citer
 
 
+5 #1 celloumbah 12-12-2014 19:22

C'est le changement promis par AC,
Citer