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Police et sapeurs-pompiers, les parents pauvres !

Thierno Fodé Sow  Vendredi, 12 Décembre 2014 18:00

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CISSE_Mahmoudou_01Une police digne de ce nom et des sapeurs-pompiers qualifiés, prompts et équipés. L’ambition que caressent aujourd’hui les autorités de la Sécurité et de la Protection civile est des plus nobles. Le chemin reste pour autant encore long. Policiers et sapeurs-pompiers, on en convient, sont manifestement dans le creux de la vague. En cause : la formation et l’équipement.

La police et les sapeurs-pompiers sont bien malades. Et le bulletin de santé de ces deux secteurs reste inquiétant. Il suffit de s’offrir des petites randonnées à travers la capitale, aux grands carrefours, pour s’en convaincre. Il s’agit tout d’abord des policiers de la routière. Dans leur uniforme souvent maculé qui n’impose aucune vertu, des policiers se livrent à tout. Ils pourchassent en bandes organisées, des engins roulants. A pied ou à moto poussive. Ils s’accrochent à des portières de gros camions chargés de sable ou autres pour réclamer ce qui est connu de tous : « Borè sarè », le prix de la sauce. Ils arraisonnent en pleine circulation des usagers pour avoir brûlé les feux, même là où il n y en a pas. « Vous êtes en infraction » lancent-ils à longueur de journée, en tentant d’immobiliser l’engin, tenez-vous bien, en s’arrêtant devant, les mains posées sur le capot, se souciant peu ou pas du tout d’éventuelles défaillances techniques qui pourraient abréger leur vie sur le champ.

Cette attitude malhabile provoque très souvent des bouchons et des accidents. On aura beau dire, on aura beau dénoncer, on aura beau porter plainte, on aura beau tourner le dos suite aux spectacles désolants de certains policiers indélicats. Mais on vivra encore longtemps ce tableau que nous dépeignons avec autant d’étonnement. Madifing Diané, ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile avait brandit la menace de mâter tous les policiers indélicats. Cette menace était tombée dans des oreilles de sourds. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Venu aux affaires, il y a juste quelques semaines, le nouveau ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Mahmoudou Cissé, pense disposer de la solution miracle pour notamment trouver « une police digne de ce nom ». Il s’agit entre autres de formation et d’infrastructures. C’est du moins ce qu’il a laissé comprendre, à son passage au Parlement, la semaine dernière. Il dépeint d’abord le secteur.

Extrait : « Primo, il y a un problème urgent de formation. 77% des 13 000 policiers et sapeurs-pompiers. 10 000 ont besoin d’une mise à niveau immédiatement, si l’on veut exiger d’eux un comportement professionnel en conformité avec les exigences de l’heure, une police digne de ce nom. Secundo, qui dit formation dit infrastructures. En tout, nous ne possédons que deux écoles non encore achevées pour assurer la formation. La capacité totale de ces deux écoles n’excède pas 1 800 personnes, soit moins de deux dixièmes des besoins. Enfin, tertio, c’est un constat que vous vivez tous les jours, car c’est de la volatilité de la sécurité à Conakry qu’il est question. L’insécurité est rampante dans la capitale, avec des pics qui sont en conjonction avec les turbulences politiques. Comme ce fut le cas tout le long de l’année 2013. »

Il reste que les sapeurs-pompiers manquent de tout. Aujourd’hui, si on les appelle, la réponse est invariable : « Nous n’avons pas d’eau, nous n’avons pas de carburant. » S’ils ne viennent pas tout simplement après les grosses flammes. Mais le ministre, lui, indexe « des difficultés d’accès des sapeurs-pompiers aux lieux en flammes, avec cette urbanisation anarchique. Le montant de dix-neuf milliards six cent soixante-seize millions trois cent mille GNF (19 676 300 000 GNF) avait été inscrit pour y faire face. Ce montant devrait servir à former 4 015 nouveaux fonctionnaires nouvellement engagés. En 2015, une ligne budgétaire, d’un montant de cent cinq milliards GNF (105 000 000 000 GNF) avait été acceptée. Finalement mon département se retrouve avec neuf milliards cinquante millions GNF (9 050 000 000 GNF) », se plaint le ministre devant les députés.

Pour l’année à venir, il annonce la mise en place de nouvelles structures, à savoir : les services d’incendie et de secours à Labé, Kindia, Boké et Kankan, la CMIS à Siguiri, Kissidougou et Kamsar, les directions régionales de police à Kankan, Kindia et Faranah. Auxquelles s’ajoute le siège de l’OPROGEM dont le rôle dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants n’est plus à démontrer. » Tout un challenge. Il reste que les citoyens se sentent encore bien en insécurité, malgré l’effectif grandissant des policiers.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


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