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Corruption : la Guinée toujours dans le trou

Mory Diakité  Vendredi, 12 Décembre 2014 16:30

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CONDE_Alpha_corruption_01En Guinée, la corruption a la dent dure. On aurait pensé qu’avec l’arrivée d’un ancien professeur de la Sorbonne (sic !) ayant les mains propres, le pays s’en sortirait bien. On aurait imaginé que celui qui a juré de rattraper le retard du pays de cinquante ans, pendant son premier mandat, s’investirait pour nous débarrasser des tares comme la corruption, la gabegie, etc. Mais hélas !

Avec le système Alpha Condé, la corruption est devenue comme l’ordre naturel des choses. Le clientélisme, le favoritisme, le gré à gré et l’affairisme sont de plus en plus prononcés, jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat. Le détournement de deniers publics a pris le dessus sur la transparence, au point que le blanchiment d’argent, la surfacturation, bref les scandales financiers de tout genre, sont de nos jours monnaie courante, mettant parfois en scène la présidence de la République dont le locataire fait montre de son penchant pour les nouveaux paradis fiscaux asiatiques.

La saisie, en août dernier, à l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, d’un montant de 20 millions de dollars, appartenant au président guinéen (ou à la BCRG, c’est selon !), en fait foi. Quoiqu’un démenti formel disculpant le premier ne se soit pas fait attendre, sans convaincre davantage l’opinion. Plus grave encore, la gestion des 700 millions de dollars, versés au bénéfice de la Guinée par Rio Tinto, ainsi que les 150 millions de dollars déboursés comme aide budgétaire par l’Angola, ou la pénalité infligée à MTN, à hauteur de 60 millions de dollars, etc. autant de pluies d’argent que la présidence Condé a gérées à sa propre discrétion.

Rien de tout cela n’avait été vécu auparavant par les Guinéens, qui assistent, meurtris, à une gabegie financière qui ne dit pas son nom. On est donc très surpris du candidat « aux mains propres » qui, après avoir tancé les régimes précédents, s’évertue à faire pire. Toutes les mesures prises, comme l’instauration du guichet unique ou le rattachement des poches de recettes à la Présidence, n’ont servi à rien, sinon à permettre au système Condé de mieux glaner les milliards du contribuable guinéen, tout doucement amusé qu’il est du dernier rapport de Transparency International.

Autant dire qu’en matière de lutte anti-corruption, le professeur venu de la Sorbonne, quatre ans après son « intronisation » à la tête de l’Etat, en est toujours au chapitre des promesses. Dans le domaine de la lutte contre la corruption, on ne peut comparer la situation actuelle qu’au régime brouillon de la transition.

Dans le dernier rapport de l’ONG anti-corruption, la Guinée est hissée dans les tout premiers rangs des pays les plus corrompus du monde ! Ce qui, pour les leaders de l’opposition guinéenne, n’étonne guère. « Jamais il n’y a eu autant de surfacturations et de marchés de gré à gré au niveau des projets routiers que maintenant », a dit Aboubacar Sylla, président de l’UFC. « Le prix du kilomètre de route bitumée, entre Enco 5 et Sonfonia, c’est un million de dollars (le km). La prolongation de cette même voie, avec les mêmes caractéristiques, c’est aujourd’hui 6 millions de dollars (le kilomètre de bitume). Soit six fois plus », ajoute-t-il pour étayer sa thèse. Qui dit mieux ?


Mory Diakité
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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