Reporters sans frontières (RSF) répond aux propos acerbes d’Alpha Condé

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CONDE_Alpha_18_01Lors d’une conférence de presse donnée le mercredi 26 novembre, deux jours avant sa rencontre avec François Hollande, le président guinéen Alpha Condé s’est lancé dans une diatribe acerbe et confuse contre Reporters sans frontières, Radio France internationale et la liberté de la presse en Guinée.

Mais pourquoi le président guinéen Alpha Condé s’est-il lancé dans une diatribe contre les journalistes et plus particulièrement contre l’organisation RSF, deux jours avant la visite de François Hollande ? Lors d’une conférence de presse, le chef de l’Etat guinéen s’est exprimé avec virulence et confusion, indiquant « respecter la liberté de la presse Â» tout en accusant les journalistes de « faire n’importe quoi Â». « Je m’en fous (sic) de ce que Reporters sans frontières va écrire (…). Ce n’est pas eux qui dirigent la Guinée. Moi, je n’ai aucune crainte des lois internationales ou des droits de l’homme (…). Chacun va respecter la loi en Guinée Â», a-t-il déclaré. Et d’ajouter en parlant des journalistes : « Ils peuvent écrire ce qu’ils veulent, cela n’a aucune importance. Je ne lis aucun journal, je ne vais pas sur Internet et je n’écoute pas les radios Â».

« A RSF, nous sommes très heureux de constater que M. Alpha Condé veuille faire appliquer la loi, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation. Mais il est dommageable que le président guinéen tienne des propos aussi acerbes contre une organisation qui défend simplement la liberté de l’information. Aux journalistes de son pays et à ceux de l’extérieur, cela donne l’image d’un chef de l’Etat incohérent. Qu’il affirme ne pas lire la presse, Internet, ou écouter la radio, revient à signifier le peu de considération qu’il semble avoir vis-à-vis d’une fonction sociale pourtant essentielle pour l’exercice normal de la démocratie. Il n’est pas impossible que le président guinéen fasse preuve d’énervement car il sait très bien que son pays est moins un modèle qu’il ne le prétend. Les lois sur la presse de son pays y sont en réalité contournées. Nous lui suggérons d’ailleurs de commencer par faire appliquer la loi sur la presse qui est régulièrement bafouée dans son pays. Â»

Le 12 novembre, le journaliste Mamadou Saïdou Barry a été arrêté, sans mandat, par les gendarmes, pour un article qu’il avait publié sur Afriquezoom.info. Alors que les délits par voie de presse sont dépénalisés en Guinée selon la loi sur la presse de 2010, le journaliste se retrouve poursuivi au pénal pour « complicité d’offense au chef de l’Etat Â» et menacé de prison. Reporters sans frontières prend également très au sérieux les attaques personnelles prononcées contre le correspondant historique de Radio France internationale (RFI), Mouctar Bah, et le refus des autorités guinéennes de renouveler son accréditation. Les arguments avancés par le pouvoir guinéen, selon lesquels aucun média international n’a deux correspondants dans le pays, en plus d’être infondés en droit, ne sont pas vérifiés dans les faits. RFI fonctionne avec des équipes de correspondants dans de nombreux pays d’Afrique, notamment en Guinée.

La volonté de faire peser une menace permanente sur la presse internationale ne se limite pas à RFI car depuis plusieurs mois, la plupart des correspondants n’ont pas pu renouveler leur accréditation. Volonté délibérée de fragiliser la presse internationale ou défaillance administrative ?

Pour les journalistes des médias guinéens, la question ne se pose pas. Mandian Sidibé de Planète FM, déjà menacé en mai 2013, et Diawara Moussa de Beat FM ont été contraints à l’exil en septembre 2014 après avoir été victimes de menaces graves de la part des autorités. En l’espace d’un an, cinq journalistes ont été grièvement battus par les forces de l’ordre, sans compter les dizaines de journalistes brutalisés par des partisans du pouvoir lors des manifestations qui ont précédé les législatives de 2013.

Monsieur Alpha Condé, nous vous exhortons à faire en sorte que le droit des citoyens guinéens à une information libre soit effectivement respecté, afin que la Guinée ait, comme vous le souhaitez, « le destin qu’elle mérite ».


VisionGuinee.Info


Ecoutez l’extrait de la conférence de presse d'Alpha Condé le 26 novembre 2014 ici.

Note : La Guinée est à la 102e place sur 180 pays de l’édition 2014 du classement établi par Reporters sans frontières.


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Commentaires  

 
+2 #6 Optimiste 01-12-2014 16:31

Citation en provenance du commentaire précédent de Sylla Democrate:
alpha est pitoyable. Il dit en sa qualite de chef d'Etat qu'il ne lit aucune presse ni ecoute les radios. Qui est-il reellement? un ignorant. L'Afrique, en particulier la Guinee est veritablement miserable de se faire gerer par des personnes ayant peu de connaissance.

M. Sylla, Je suis etonne que vous soyiez etonne de AC...Rien de doit plus me surprendre avec ce monsieur et je ne peux m'attendre a qq chose de positif de sa part. Il ne peut que detruire et helas il a deja detruit le tissu social chez nous. Que Allah nous aide pour nous debarraser de ce monsieur dans de bonnes conditions et que les Guineens retrouvent leur harmonie du vivre ensemble.Amen
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+7 #5 Sylla Democrate 29-11-2014 05:51

alpha est pitoyable. Il dit en sa qualite de chef d'Etat qu'il ne lit aucune presse ni ecoute les radios. Qui est-il reellement? un ignorant. L'Afrique, en particulier la Guinee est veritablement miserable de se faire gerer par des personnes ayant peu de connaissance.
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+7 #4 amadudialamba 29-11-2014 00:31

Cet Alpha Koné et certains de ses Ministres se croient encore au moyen âge. Ils se croient encore sous l’autorité de Sékou le mangeur d’homme. Cet ex-Dictateur avait aussi interdit pendant des décennies plusieurs journaux en Guinée dont JEUNE AFRIQUE. Je me souviens lors d’une fête de Tabaski, un milicien de Sékou m’a appréhendé avec un magazine de JEUNE AFRIQUE et j’ai été enfermé deux jours durant dans un ‘’cavo’’ de soubassement qui servait de prison avant de se voir libéré au troisième jour. Donc rien de surprenant avec ces homo sapiens qui ne savent jusqu’à présent pas qu’actuellement même les puissances les plus avancées en technologie ne peuvent pas museler la presse. Heureusement pour nos oreilles, le perroquet Makanera, lui, a été discipliné ces jours-ci par les maitres de RFI. De ce fait nous pourrons respirer au moins un peu. Ces hommes primitifs peuvent peut-être intimider des journalistes locaux ou bloquer la publication de journaux en papier, empêcher des radios et TV sur place d’émettre, mais jamais la presse électronique et celle internationale. C’est honteux pour la Guinée que le président qui dirige ce pays se vente ne jamais lire les journaux. En ce 21ème siècle, où tout ou presque se ‘’twiste, se Facebook, se SMS’’..., en un mot où tout s’échange électroniquement, même entre chefs d’Etat, je me demande pourquoi le nôtre, lui, fuit la presse. Lorsqu’un Président de la République dit qu’il s’en fou d’internet ou de la presse, ça veut dire qu’il est complètement dépassé. Je me demande si leur professeur connait comment ouvrir même son courriel. S’il en a d’ailleurs. Haaa !!! La Ginê no laamaa !! Jean Marie et Konaté nous ont eus !
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+12 #3 mohamed soumah 28-11-2014 19:25

laissez ce vieu haineux specialiste en division ethnique vomir du n'importe quoi il est tjours enerver car il sait qu'il sera bientot ratraper par le temps: il est vieu et les temps ont changer donc il ne pourra pas appliquer son reve d'etre le rehabilitateur des oeuvres basses de son mentor SEKOU TOURE LE BOUCHER DE FARANAH... ni ete le developement des technologies de l'information, ce monstre aller massacrer beaucoup d'innocent dans ce pays mais helas pour lui la dictature ne peut plus marcher en Guinee.... la haine va le ronger jusqua sa derniered soupire...un specialiste en mensonge qui n'a meme pa honte de mentir et de se contre dire par media interposer...ne perdez pas votre temps a repondre a Goby conde, il est completment deboussoler....
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+8 #2 celloumbah 28-11-2014 18:07

Au fait il me semble même certains occidentaux qui avaient soutenu AC pour voler les élections sont dans la déception aujourd’hui. En ecoutant AC sortir son venin on se demande pourquoi les guinéens continuent à encaisser les coups. Le malheur de la Guinée est d'avoir eu AC comme cgef de clan et de Gang. Il demande à RFI de virer Mouctar Bah qui n'as rien fait que de faire son travail,
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+6 #1 Segrega 28-11-2014 16:05

Nous sont en republique tres democratique du Gbekan Djamana avec pour president demoncratiquement elu "le professeur de Droit" Alpha Conde,"Opposant historique".
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