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Candidature unique et reprise des manifestations de l’opposition : mes conseils au président de l’UFDG

Abdoulaye Aziz Bah  Mercredi, 26 Novembre 2014 19:59

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BAH_Abdoulaye_Aziz_2_01Je commence cet article par cette citation du célèbre Américain John C. Maxwell qui, parlant de leadership, disait : « A man must be big enough to admit his mistakes, smart enough to profit from them, and strong enough to correct them ».

L’objectif de cet article n’est point de rappeler les multiples erreurs commises par le président de l’UFDG depuis le lendemain de la prise du pouvoir par le CNDD en 2008 jusqu'à l’organisation des élections législatives en 2013. Par contre, le but de cet article se trouve dans la citation ci-dessus mentionnée. En effet, il est de coutume que les grands hommes, dans l’accomplissement d’œuvres gigantesques, fassent de grosses erreurs susceptibles de perturber à un moment donné la trajectoire établie. Les exemples n’en finissent pas et cela depuis l’antiquité jusqu'à nos jours. Et puisque l’homme est imparfait, il est normal qu’il fasse des actions imparfaites pourvu qu’elles ne se perpétuent pas. Ainsi, même si je ne condamne pas le leader de l’UFDG sur les fautes du passé, je n’arrive pas à comprendre qu’il continue à vouloir résoudre chaque problème qui se pose avec la même formule. Il est clair que les manifestations de rue qui avaient précédé l’organisation des élections législatives n’avaient pas abouti aux résultats escomptés. Le grand perdant dans ce combat ne pouvait être que l’UFDG puisqu’en plus du retard causé pour l’organisation des élections législatives, retard d’ailleurs qui était à l’avantage de la mouvance présidentielle, c’étaient plutôt les partis minuscules qui rodaient autour l’UFDG qui ont bénéficié de ces tractations qui ont couté des pertes énormes en vies humaines, sans parler des milliards de GNF de pertes enregistrées par les commerçants. Inutile de rappeler que la plupart des victimes étaient des militants de l’UFDG. En plus, le partage des sièges au sein de la CENI et surtout les alliances lors des élections législatives ont été désavantageuses à l’UFDG au profit de ses petits alliés devenus, par les temps qui courent, ses ennemis déclarés. Comme à la CENI, la répartition des postes de responsabilité à l’Assemblée nationale, n’avait pas tenu compte du poids de l’UFDG au sein de cette institution. L’UFDG préférant ainsi se désister au profit de petits partis qui l’entouraient au nom d’une prétendue générosité, oubliant qu’en politique le mot générosité n’a pas sa place surtout quand il s’agit de futurs concurrents officieux.

D’aucuns me diront que ce n’était pas des erreurs, mais plutôt une façon de prouver que l’UFDG avait le sens du partage et qu’il fallait récompenser les alliés. Soit ! Mais que dire alors de cette affaire de candidature unique de l’opposition, qui ne cesse de resurgir dans les débats ? Y’en a marre ! L’UFDG devrait maintenant pouvoir croiser le fer avec ses concurrents qu’ils soient officiels ou officieux ; surtout que tous ceux qui sont opposés à la mouvance présidentielle ne sont pas forcément des alliés à l’UFDG. D’ailleurs, il est évident que l’élection présidentielle de 2015 reste la dernière carte pour les promoteurs de cette idée de candidature unique de l’opposition. Par conséquent, que personne ne soit surpris de voir les mécontents d’un premier tour ambitieux, se rallier à la mouvance présidentielle au second tour, dans l’espoir de gouter au « gâteau Guinée » avant leur retraite de la vie politique guinéenne. D’ailleurs, comme le disait le célèbre politicien américain Alexander Hamilton, «Those who stand for nothing fall for anything. » 


Concernant la recomposition de la CENI et le choix de l’opérateur technique français Gemalto

La Guinée n’est plus dans une situation de transition ! L’UFDG ne doit pas se ridiculiser en posant des conditions dignes de partis minuscules qui l’entourent. Vouloir exiger une recomposition des commissaires de la CENI ne saurait être digne d’un parti qui se veut réfléchi, surtout quand on sait que ces commissaires ont été choisis pour une durée bien déterminée. Ainsi, il ne faudrait pas que l’UFDG se focalise sur la personne des commissaires, mais plutôt sur les actes que ceux-ci posent conformément aux attributions de leur fonction. Est-ce que le choix de l’opérateur par appel d’offre était conforme à la procédure normale en la matière ? Concernant l’opérateur, est-ce que ce dernier remplirait toutes les conditions pour un déroulement normal des tâches qui lui seront assignées ? Autrement dit, le fond et la forme devraient aller ensemble pour un meilleur résultat des analyses. L’UFDG qui a plus à perdre que les partis modiques qui l’entourent, devrait mettre les doutes de côté et chercher à travailler avec son concurrent officiel qu’est le RPG Arc-en-ciel ; afin de poser les vraies questions à la CENI. L’UFDG et le RPG, ont, chacun, intérêt à ce que les élections futures soient transparentes et équitables.

C’est le moment de rappeler que les résultats officiels acceptés par toute la classe politique lors des élections qui se sont déroulées durant la transition, donnaient naissance à deux grands partis politiques en Guinée, à savoir le RPG Arc-en-ciel et l’UFDG. Donc, pratiquement l’UFDG devrait rester et demeurer le seul parti de l’opposition à négocier la préparation des futures échéances électorales. En tant que grand parti, l’UFDG devrait plutôt se tourner directement vers le RPG Arc-en-ciel pour trouver un terrain d’entente concernant l’organisation transparente des futures élections. Certes, les autres partis ont le droit d’être associés aux pourparlers, mais la logique voudrait que la majorité domine les débats et les contours des discussions. L’UFDG doit réfuter la question de la recomposition de la CENI. Je le répète, il serait illogique de demander la recomposition de cette CENI qui a été mise en place avec l’approbation de toute la classe politique, surtout quand on sait qu’elle a été mise en place pour un mandat bien déterminé. En plus, il serait très tôt de récuser l’opérateur Gemalto. Par contre, l’UFDG devrait poser ses exigences pour s’assurer que le déroulement des élections sera à la hauteur des attentes. L’UFDG aurait plus à gagner en négociant directement avec le RPG Arc-en-ciel que de descendre dans la rue. Les émotions et la peur de perdre ne devraient point guider les décisions des uns et des autres, surtout quand ça concerne la marche de la nation. Comme le dirait l’autre, « a lack of realism in the vision today costs credibility tomorrow ». Chacune des parties devrait avoir une vision réelle pour des lendemains meilleurs. La CENI, le RPG et l’UFDG pourront-ils assumer leur responsabilité pour qu’enfin vive la République ? Là est la grande question !


Concernant la question de candidature unique de l’opposition

Après le premier tour de l’élection présidentielle de 2010, des alliances avaient été formées autour des deux partis qualifiés au second tour, à savoir l’UFDG et le RPG. D’un côté, il y avait l’alliance « Cellou Dalein » et de l’autre on notait l’alliance « RPG - Arc-en-ciel ». Après la victoire de cette dernière au deuxième tour, le RPG exigea la fusion de tous les partis alliés pour former officiellement le parti « RPG Arc-en-ciel ». Ce qui fut fait. Par contre, l’alliance « Cellou Dalein » se transformait en « Opposition radicale » pour devenir plus tard « Opposition républicaine » avec l’arrivée d’anciens partis membres de l’alliance « RPG - Arc-en-ciel ». Pour être bref, disons que contrairement au RPG, il n’y avait eu aucune fusion entre l’UFDG et ses alliés du second tour de l’élection présidentielle. Donc, chaque parti de l’alliance « Cellou Dalein » a voulu conserver son indépendance bien que le poids électoral de l’UFDG soit 3 fois plus important que tous ses alliés réunis. Certes, les alliances électorales sont de norme dans une bataille politique, mais encore faudrait-il que ces alliances soient rentables pour le parti bénéficiaire. En d’autres termes, qu’est-ce que l’UFDG aurait à gagner dans une alliance avec des partis microscopiques qui n’ont de militants que leurs parents et quelques amis ? Pourquoi l’UFDG continuerait-elle de prendre des décisions par consensus avec ces partis qui n’auraient rien à perdre lors des prochaines échéances électorales sinon qu’espérer encore une générosité de l’UFDG envers eux comme ce dernier l’avait fait avec la CENI et les élections législatives ?

La question d’une candidature unique est l’un des sujets les plus brulants au sein de l’opposition. Même si une candidature unique ne garantirait pas une victoire de l’opposition, il est évident que ça lui permettrait tout même d’être un peu plus compétitive, financièrement et tactiquement, face à une mouvance présidentielle plus aguerrie. Donc, cette question de candidature unique, si elle est sincère, pourrait bien être une meilleure stratégie pour l’opposition. Le seul problème est qu’il n’y a pas de sincérité dans cette affaire de candidature unique, surtout quand on sait qu’il n’y a qu’un seul leader de parti politique qui en parle, à longueur de journée. Non seulement ce leader est obnubilé par ce sujet, mais aussi et surtout, ses militants ne cessent de soulever le débat autour du sujet dans les forums guinéens.

En attendant la maitrise de l’épidémie d’Ebola, qui est devenue un problème à l’échelle internationale, voici ce que je recommanderais à l’UFDG :

Il faut organiser le congrès du parti le plus tôt possible pour non seulement renouveler le mandat des instances du parti, mais aussi et surtout profiter de ce congrès pour renforcer le parti en intégrant d’autres partis qui le désireraient. Le nom du parti UFDG est d’ailleurs bien adapté pour fusionner avec d’autres partis sans changer de nom. Ainsi, le parti dans sa nouvelle stature pourrait choisir son candidat pour l’élection présidentielle prévue en 2015. Par conséquent, cette question de candidature unique de l’opposition serait résolue une fois pour toute, puisqu’ aujourd’hui l’opposition en Guinée se résume pratiquement au seul parti UFDG.

Après le congrès, le parti dans sa nouvelle dynamique pourrait inéluctablement conquérir ou renforcer sa présence en dehors de son fief naturel. Ainsi, la Guinée n’aurait quasiment que deux grands partis politiques à savoir le RPG arc-en-ciel et l’UFDG, qui se battront chacun pour la victoire en 2015. Et c’est la Guinée qui aurait gagné !

Enfin, je dirai au président de l’UFDG que l’éventualité du scenario « tous contre un » n’est qu’une propagande car aucune région de la Guinée n’est la chasse gardée d’une ethnie spécifique. Je sais de quoi je parle, sinon El hadji Sambegou Diallo n’aurait jamais gagné la mairie de Kindia et plus tard été député de cette même ville dans les années 90. D’ailleurs, il n’y a aucun problème qu’un citoyen ordinaire milite et vote pour le candidat de son ethnie, pourvu que l’on respecte les résultats issus des urnes. Ainsi, pour répondre aux fauteurs de troubles qui pullulent sur le net, le problème de la Guinée est loin d’être un problème de Peuls ou Malinkés. Autrement, notre problème ne réside pas autour de l’identité ethnique ou régionale de nos dirigeants. Loin de là, nous avons un système de gouvernance abimé qui continue de se perpétuer depuis le lendemain de l’indépendance du pays en 1958. Par conséquent, il faudrait couper la tête du système en favorisant des organes de société civile indépendants et dynamiques. Ceci m’amène à rappeler cette citation du célèbre poète américain Carl Sandburg qui disait : « When a nation goes down, or a society perishes, one condition may always be found ; they forgot where they came from. They lost sight of what had brought them along ».

A bon entendeur salut!

D’ici là, merci de contribuer au débat.


A Aziz Bah
MBA/ MIS/ PMP
Information Technologies Consultant
Chef d’entreprise

  

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