Aliou Sow Lundi, 24 Novembre 2014 21:13
La signature des conclusions du dialogue politique inter guinéen qui doit avoir lieu à partir de ce lundi, comme promis par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Dr Alhassane Condé, lors de son passage samedi dernier devant les députés à l’hémicycle, pourrait contribuer à décrisper le climat politique. Vu la menace proférée la semaine dernière par l’opposition qui entend recourir à la rue pour se faire entendre autour de sa plateforme revendicative, dont le point essentiel porte sur la signature du relevé de conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014 et la mise en place subséquente des comités de suivi et de veille.
Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Dr Alhassane Condé, a profité de son passage devant l’hémicycle samedi dernier pour annoncer la signature du relevé des conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014. Cette parade du ministre n’est certainement pas faite de gaité de cœur, c’est compte tenu certainement de la menace proférée par l’opposition de lancer ses troupes dans la rue, de façon imminente, que le gouvernement voudrait reculer. C’est le moins qu’on puisse écrire, quand on voit que Dr Condé s’est dit favorable à cette signature dès ce lundi. Lui qui est prompt à lancer de méchantes piques à l’opposition. L’homme semble avoir mis de l’eau dans son vin.
Devant les députés, le ministre a ainsi indiqué que le retard dans la signature du dialogue inter guinéen ne dépendait pas du gouvernement. Et de justifier son propos en disant à propos de cet accord : « il y avait des phrases dedans où les frères de l’opposition avaient voulu qu’on écrive et signe l’exclusion des sociétés Sabari et Waymark du processus électoral. Pourtant, lors du premier dialogue (juillet 2013, ndlr), il est dit que le rôle de Sabari et de Waymark s’arrêtait à la fin des législatives. Pour moi, ça a valeur de loi.
Après les élections législatives, je ne parle plus de Sabari. Qu’on m’oblige à signer un document où je dois encore dire que Sabari ne doit pas postuler au marché public, ce n’est pas de mon ressort. Voilà pourquoi on n’a pas signé à l’époque. Nous, nous étions prêts à signer mais nos frères de l’opposition n’avaient pas accepté. Aujourd’hui, on n’a plus ces deux sociétés, c’est terminé », a précisé Alhassane Condé. Qui a ensuite lancé aux députés : «j’ai dit à M. Aliou Condé que le lundi, je verrai le ministre d’Etat de la Justice, qui est le président de ce comité, pour lui demander d’inviter nos frères à venir pour qu’on signe ce protocole, si cela vous rassure, nous pourrons le signer dès lundi ».
Cette sortie du ministre Condé pourrait sans doute modifier le plan de l’opposition républicaine, qui n’aurait plus qu’à renoncer à ses menaces de descendre dans la rue.
Une opposition qui menace de déclencher des journées de manifestations pour se faire entendre autour de sa plateforme revendicative dans laquelle elle exige la réforme de la CENI, qui selon elle a montré « ses limites à l’occasion des dernières élections législatives et qui ne remplit plus, dans sa composition actuelle, le critère de parité prévu dans la loi 016 qui fixe son organisation et détermine son mode de fonctionnement », l’opposition dite républicaine veut dorénavant passer à l’action.
C’est au sortir d’une réunion tenue mardi dernier que Dalein et ses pairs ont fait connaître leur plan. Une rencontre qui avait permis de faire un état des lieux de la situation politique dans notre pays.
Cette réunion avait été précédée de la publication d’une déclaration dans laquelle cette même opposition exigeait « la signature du relevé de conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014 et la mise en place subséquente des comités de suivi et de veille ».
L’opposition exige aussi « la définition consensuelle d’un calendrier électoral pour la tenue, dans les meilleurs délais, des élections communales, en vue de mettre un terme à l’existence illégale de délégations spéciales et d’autres "élus" locaux nommés, ne disposant d’aucune légitimité pour administrer les collectivités ».
Elle n’est pas non plus favorable à la procédure qui a donné lieu à l’enrôlement de l’opérateur Gemalto France en remplacement de Waymark. Car n’ayant pas été associée selon elle à la démarche. D’où une autre source de frustration qui en a rajouté à la crispation de l’atmosphère politique.
Vouloir lâcher du lest au moment où l’opposition s’apprête à déterrer la hache de guerre prouve encore une fois que le pouvoir ne connaît que le langage de la force. C’est en tout cas ce que pensent bien des observateurs de la scène politique guinéenne.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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