Pour contrer la menace de l’opposition : le pouvoir prêt à lâcher du lest !

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CONDE_Alhassane_2_01La signature des conclusions du dialogue politique inter guinéen qui doit avoir lieu à partir de ce lundi, comme promis par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Dr Alhassane Condé, lors de son passage samedi dernier devant les députés à l’hémicycle, pourrait contribuer à décrisper le climat politique. Vu la menace proférée la semaine dernière par l’opposition qui entend recourir à la rue pour se faire entendre autour de sa plateforme revendicative, dont le point essentiel porte sur la signature du relevé de conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014 et la mise en place subséquente des comités de suivi et de veille.

Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Dr Alhassane Condé, a profité de son passage devant l’hémicycle samedi dernier pour annoncer la signature du relevé des conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014. Cette parade du ministre n’est certainement pas faite de gaité de cœur, c’est compte tenu certainement de la menace proférée par l’opposition de lancer ses troupes dans la rue, de façon imminente, que le gouvernement voudrait reculer. C’est le moins qu’on puisse écrire, quand on voit que Dr Condé s’est dit favorable à cette signature dès ce lundi. Lui qui est prompt à lancer de méchantes piques à l’opposition. L’homme semble avoir mis de l’eau dans son vin.

Devant les députés, le ministre a ainsi indiqué que le retard dans la signature du dialogue inter guinéen ne dépendait pas du gouvernement. Et de justifier son propos en disant à propos de cet accord : « il y avait des phrases dedans où les frères de l’opposition avaient voulu qu’on écrive et signe l’exclusion des sociétés Sabari et Waymark du processus électoral. Pourtant, lors du premier dialogue (juillet 2013, ndlr), il est dit que le rôle de Sabari et de Waymark s’arrêtait à la fin des législatives. Pour moi, ça a valeur de loi.

Après les élections législatives, je ne parle plus de Sabari. Qu’on m’oblige à signer un document où je dois encore dire que Sabari ne doit pas postuler au marché public, ce n’est pas de mon ressort. Voilà pourquoi on n’a pas signé à l’époque. Nous, nous étions prêts à signer mais nos frères de l’opposition n’avaient pas accepté. Aujourd’hui, on n’a plus ces deux sociétés, c’est terminé », a précisé Alhassane Condé. Qui a ensuite lancé aux députés : «j’ai dit à M. Aliou Condé que le lundi, je verrai le ministre d’Etat de la Justice, qui est le président de ce comité, pour lui demander d’inviter nos frères à venir pour qu’on signe ce protocole, si cela vous rassure, nous pourrons le signer dès lundi ».

Cette sortie du ministre Condé pourrait sans doute modifier le plan de l’opposition républicaine, qui n’aurait plus qu’à renoncer à ses menaces de descendre dans la rue.

Une opposition qui menace de déclencher des journées de manifestations pour se faire entendre autour de sa plateforme revendicative dans laquelle elle exige la réforme de la CENI, qui selon elle a montré « ses limites à l’occasion des dernières élections législatives et qui ne remplit plus, dans sa composition actuelle, le critère de parité prévu dans la loi 016 qui fixe son organisation et détermine son mode de fonctionnement Â», l’opposition dite républicaine veut dorénavant passer à l’action.

C’est au sortir d’une réunion tenue mardi dernier que Dalein et ses pairs ont fait connaître leur plan. Une rencontre qui avait permis de faire un état des lieux de la situation politique dans notre pays.

 Cette réunion avait été précédée de la publication d’une déclaration dans laquelle cette même opposition exigeait « la signature du relevé de conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014 et la mise en place subséquente des comités de suivi et de veille Â».

 L’opposition exige aussi « la définition consensuelle d’un calendrier électoral pour la tenue, dans les meilleurs délais, des élections communales, en vue de mettre un terme à l’existence illégale de délégations spéciales et d’autres "élus" locaux nommés, ne disposant d’aucune légitimité pour administrer les collectivités Â».

Elle n’est pas non plus favorable à la procédure qui a donné lieu à l’enrôlement de l’opérateur Gemalto France en remplacement de Waymark. Car n’ayant pas été associée selon elle à la démarche. D’où une autre source de frustration qui en a rajouté à la crispation de l’atmosphère politique.

Vouloir lâcher du lest au moment où l’opposition s’apprête à déterrer la hache de guerre prouve encore une fois que le pouvoir ne connaît que le langage de la force. C’est en tout cas ce que pensent bien des observateurs de la scène politique guinéenne.

 
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+6 #7 Bagnamoulengue 25-11-2014 18:13

Les faits sont tetus en Republique de Guinee, la psychose de mefiance s'est deja installee entre l'opposition et le pouvoir. On a d'un cote les opposants dont certains ont ete longtemps accuse de faibless et dont la survie politique dependra de ces elections presidentielles et n'accepteront pas un holp up electoral, et les autres sont frappes par la limite d'age apres ces elections presidentielles et n'acepteront pas aussi la fraude et c'est maintenant ou jamais. Et de l'autre cote on a regime machiavelique qui veut a tout prix conserver le pouvoir, et tout ce qu'il apporte sur la table de negociation comme offre doit etre examinee et analysee et voir l'impact dans un future proche. Il faut etre prudent avec cette sortie des faucons du pouvoir parcequ'ils ne deviennent jamais la colombe et c'est un pouvoir qui voit partout le danger autour de lui. Ce pouvoir n'offre rien sans etre sure qu'il a un controle quelque part dans la chaine electorale et est decide a se maintenir a tout prix. Deux dilemmes se posent a ce pouvoir, aller aux elections presidentielles l'annee prochaine (dans les limites de la constitution) avec ces delegations speciales qui sont en realite les membres du gouvernement et pour consequence un holp up electoral des le premier tour et c'est pourquoi on a vu la descente des services speciaux chez les opposants pour tester l'eau et voir l'atmosphere. Et l'autre dilemma repousser les elections a une date ulterieure pour des raisons sanitaires (Ebola), ce qui signifie qu'on a depasse le mandat presidentiel et la peur pour ce pouvoir machiavelique c'est perdre sa legitimite aux yeux de la population et deux scenarios pourraient arriver a ce niveau malgre la confidence du pouvoir pour se maintenir: le syndrome Burkinabe ou la presence des invites indesirables tels que l'armee en cas de trouble. A mon avis cette opposition et ce pouvoir sont entrain juste d'aller directement vers un blocage politique parcequ'il ya un profond soupcon contre ce regime de vouloir confisquer le pouvoir.
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+8 #6 Gandhi 25-11-2014 14:02

Citation en provenance du commentaire précédent de lodia:
la transparence des prochaines elections commence par exiger l'annulation de toutes ces delegations speciales, ces chefs de quartiers illegaux

Les textes sont tellement clairs, qu'il suffirait d'un recours à la Cour suprême pour les faire annuler. Une fois de plus l'opposition montre son incompétence... en matière juridique, ce qui n'augure rien de bon en matière d'état de droit.
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+7 #5 Gandhi 25-11-2014 13:59

Citation en provenance du commentaire précédent de Abraham bantignel:
Oooh!C'est un autre attrape-nigaud le temps du passage de Hollande et aussi en espérant que l'opposition va prendre le train de la fraude en route. C'est à dire que l'opposition va endosser le travail et choix déjà faits qui l'enterrent bien sûr. Sur quel base va se faire la nouvelle liste électorale? Qu'est-ce qui a dans le cahier de charges? Va-t-on intégrer le travail et système de Waymark?
De plus,depuis qu'Alpha est au pouvoir dès qu'il accepte quelque chose,c'est qu'il est prêt pour la fraude. Si le RPG est sincère, il faut tout remettre à plat et reprendre le processus avec la supervision de l'opposition. Et puis,que vaut la parole de Alhassane Condé? Combien de fois Alpha l'a contredit depuis 2010? Presque tout le temps. Un gouvernement et un chef d'Etat qui ne respecte pas ses propres signatures a fortiori leur parole ne méritent plus aucun respect et aucune confiance. J’espère que l'opposition ne va plus se fier aux paroles et promesses mais aux actes exclusivement,rien que les actes. Surtout encore une fois,tout ce que vient de Alhassane Condé. C'est un autre attrape-nigauds du pouvoir!

Je partage aussi ce point de vue.
Le pouvoir adoucit ses positions... le temps que Hollande passe, pour montrer que le pays est sous contrôle.
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+9 #4 Madou-J 25-11-2014 12:47

Alifa Koné va t-il financer, comme c'est de coutume entre les présidents français et les dictateurs nègres, une partie de la campagne de François Hollande?
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+7 #3 lodia 25-11-2014 11:16

Bien vu Amadoudialamba, la transparence des prochaines elections commence par exiger l'annulation de toutes ces delegations speciales, ces chefs de quartiers illegaux, je comprends que les tenors de l'opposition aient peur de faire tuer leurs militants par la soldatesque de Alfa Conde, mais y'a pas d'autres choix que de les braver,des manifestations monstres dans tout le pays, aucune armee ou milice, ou appareil securitaire ne peut y venir à bout,une bonne coordination de l'opposition et de la societe civile pour avoir de prochaines elections libres et transparentes et c'est une exigence du peuple de guinee qui veut sortir de cette longue nuit d'obscurantisme politique
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+7 #2 amadudialamba 25-11-2014 03:26

Le puissant Ministre de l’administration territoriale refait surface encore. A chaque fois que ce Monsieur se met au devant de la scène politique guinéenne, préparons nous à vivre de nouvelles péripéties. Car il va se passer quelque chose dans les semaines ou mois à venir. Probablement, ils ont fini de monter leur plan pour la prochaine turbulence politique. Dans une même semaine, ils nous annoncent l’enrôlement de l’opérateur Gemalto France en remplacement de Waymark. Puis subitement le dribleur de l’administration publique parle de la prochaine signature d’un accord que son gouvernement déclarait, dans le temps, définitivement enterré. S’elle ne fait pas attention, notre opposition risque de se faire avoir encore pour une énième fois de suite. Puisqu’elle-même a plusieurs problèmes à régler au sein d’elle-même d’abord avant de prétendre résoudre ceux qui l’opposent avec le pouvoir. Elle n’a qu’a savoir à quel moment revendiquer, pourquoi revendiquer, comment revendiquer. Elle n’a qu’à également faire la différence entre attendre toujours d’être mis devant des faits accomplis avant d’agir et participer activement, avec responsabilité, à tous les processus de négociations devant mener à la prise de décisions finales. Lorsque je prends l’exemple sur « l’existence illégale de délégations spéciales et d’autres "élus" locaux nommés, ne disposant d’aucune légitimité pour administrer les collectivités », je crois que l’opposition ne devrait même pas accepter de telles bêtises du pouvoir. Elle devrait réagir vigoureusement dès la nomination illégale des premiers conseillers. Le récent cas du Burkina Faso peut désormais leur servir d’exemple. Puisqu’eux n’ont pas attendu la fin de la modification de la constitution par l’Assemblée pour se faire entendre. Et c’était plus légitime et plus logique. Ils ont contraint Blaise à se mettre dans l’illégalité. Généralement, les nôtres, eux, attendent toujours d’être mis dans des positions difficiles pour réagir. Au lieu de marcher pour faire démettre des nommés illégaux, il faut marcher pour empêcher leur nomination illégale. Il faut empêcher l‘illégale de se passer. Attendre que leurs actes soient signés, que les intéressés soient installés et entrent en fonction pour tenter de les faire démettre est plus compliquer que de refuser leur installation illégale. Sur la question de la CENI aussi, l’opposition se dit toujours victime du mauvais travail de l’institution pendant que ses représentants continuent d’y siéger comme si tout allait très bien. Je me demande parfois s’il est interdit à un membre de la CENI de démissionner
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+9 #1 Abraham bantignel 24-11-2014 21:54

Oooh!C'est un autre attrape-nigaud le temps du passage de Hollande et aussi en espérant que l'opposition va prendre le train de la fraude en route. C'est à dire que l'opposition va endosser le travail et choix déjà faits qui l'enterrent bien sûr. Sur quel base va se faire la nouvelle liste électorale? Qu'est-ce qui a dans le cahier de charges? Va-t-on intégrer le travail et système de Waymark?
De plus,depuis qu'Alpha est au pouvoir dès qu'il accepte quelque chose,c'est qu'il est prêt pour la fraude. Si le RPG est sincère, il faut tout remettre à plat et reprendre le processus avec la supervision de l'opposition. Et puis,que vaut la parole de Alhassane Condé? Combien de fois Alpha l'a contredit depuis 2010? Presque tout le temps. Un gouvernement et un chef d'Etat qui ne respecte pas ses propres signatures a fortiori leur parole ne méritent plus aucun respect et aucune confiance. J’espère que l'opposition ne va plus se fier aux paroles et promesses mais aux actes exclusivement,rien que les actes. Surtout encore une fois,tout ce que vient de Alhassane Condé. C'est un autre attrape-nigauds du pouvoir!
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