Mardi, 11 Novembre 2014 18:20
Dans cette déclaration que nous vous invitons à lire, l’opposition républicaine pointe du doigt « la mauvaise foi » des autorités, qui feraient tout pour ne pas jouer dans la transparence dans la perspective des élections à venir. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est considérée comme l’instrument qui serait utilisé pour organiser des élections truquées. L’opposition républicaine qui dénonce également la violation des droits humains, menace de reprendre ses manifestations.
DECLARATION CONJOINTE DE L’OPPOSITION REPUBLICAINE
L’opposition républicaine a décidé en juillet dernier de suspendre ses manifestations publiques et ses assemblées hebdomadaires pour empêcher que les regroupements induits par ces rencontres ne contribuent à la propagation de l’épidémie d’Ebola.
Au lieu de s’inspirer de cet exemple républicain, le pouvoir met à profit cette trêve unilatérale observée par l’opposition pour initier et intensifier sa campagne électorale avant la lettre, en s’engageant frénétiquement dans des manifestations de tous genres.
Cette stratégie d’occupation de terrain viole allègrement les dispositions de l’Etat d’urgence sanitaire déclarée par le président de la République lui-même et concourt assurément à aggraver cette maladie en augmentant les risques de contamination des manifestants, les contacts corporels étant fréquents durant ces cérémonies et autres bains de foule.
Le pouvoir utilise également cette suspension des manifestations publiques pour enjoindre à la CENI de reprendre sa fuite en avant dans la gestion du processus électoral en mettant en œuvre, dans l’opacité la plus totale, des activités ayant une incidence décisive sur la transparence et la crédibilité des futures élections.
La correction des anomalies constatées sur le fichier électoral et sur la cartographie des bureaux de vote, ainsi que le choix du nouvel opérateur technique chargé de la mise à jour de la liste électorale sont, entre autres opérations, des activités qui se déroulent actuellement au sein de la CENI à l’insu des partis politiques de l’opposition.
L’opposition républicaine dénonce son exclusion totale de la gestion du processus électoral qui se déroule dans des conditions dont l’opacité le dispute à l’irrégularité, la CENI ayant été jusqu’à tenir les partis d’opposition dans l’ignorance absolue du contenu des cahiers des charges servant à la sélection de l’opérateur technique.
L’opposition déplore le refus de dialogue des autorités actuelles qui s’enferment dans une logique de fait accompli en allant jusqu’à s’opposer à la signature du Relevé de conclusions résultant de la concertation de Juillet 2014, dans le but évident d’empêcher la mise en place des comités de suivi et de veille de la CENI.
L’opposition condamne fermement les violations graves des libertés et droits humains auxquelles se livrent de manière récurrente les autorités publiques qui se sont lancées ces derniers temps dans une véritable campagne de neutralisation et d’intimidation des opposants politiques. Le harcèlement du président de l’UFR à son domicile, l’assassinat ciblé du président de la section motards de l’UFDG, les menaces de mort et les agressions subies par le député uninominal de Dixinn, membre de l’UFDG, en sont les derniers épisodes.
L’opposition républicaine attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les risques réels que ces provocations et cette démarche d’exclusion dans la conduite du processus électoral font peser sur la paix civile et la cohésion sociale. Elle réaffirme sa détermination à œuvrer par tous les moyens légaux à l’instauration en Guinée d’un Etat de droit respectueux des principes démocratiques.
Pour ce faire, l’opposition républicaine exige des autorités publiques la mise en œuvre des actions suivantes :
Dans l’éventualité où ces revendications ne seraient pas immédiatement satisfaites, l’opposition républicaine initiera dans les prochains jours une série de manifestations pacifiques sur les places publiques afin d’amener le pouvoir à se conformer aux dispositions de la Constitution et des lois de la République.
L’opposition républicaine appelle le peuple de Guinée à rester debout et à demeurer mobilisé pour le combat politique en faveur de l’instauration en Guinée d’un Etat de droit et d’un régime réellement démocratique.
Conakry, le 7 novembre 2014
Les partis politiques membres de l’opposition républicaine
Le Démocrate
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