Pouvoir-opposition : le ton monte à nouveau

Facebook Imprimer    

 

leaders_opposition_5_01Dans cette déclaration que nous vous invitons à lire, l’opposition républicaine pointe du doigt « la mauvaise foi Â» des autorités, qui feraient tout pour ne pas jouer dans la transparence dans la perspective des élections à venir. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est considérée comme l’instrument qui serait utilisé pour organiser des élections truquées. L’opposition républicaine qui dénonce également la violation des droits humains, menace de reprendre ses manifestations.



DECLARATION CONJOINTE DE L’OPPOSITION REPUBLICAINE

L’opposition républicaine a décidé en juillet dernier de suspendre ses manifestations publiques et ses assemblées hebdomadaires pour empêcher que les regroupements induits par ces rencontres ne contribuent à la propagation de l’épidémie d’Ebola.

Au lieu de s’inspirer de cet exemple républicain, le pouvoir met à profit cette trêve unilatérale observée par l’opposition pour initier et intensifier sa campagne électorale avant la lettre, en s’engageant frénétiquement dans des manifestations de tous genres.

Cette stratégie d’occupation de terrain viole allègrement les dispositions de l’Etat d’urgence sanitaire déclarée par le président de la République lui-même et concourt assurément à aggraver cette maladie en augmentant les risques de contamination des manifestants, les contacts corporels étant fréquents durant ces cérémonies et autres bains de foule.

Le pouvoir utilise également cette suspension des manifestations publiques pour enjoindre à la CENI de reprendre sa fuite en avant dans la gestion du processus électoral en mettant en œuvre, dans l’opacité la plus totale, des activités ayant une incidence décisive sur la transparence et la crédibilité des futures élections.

La correction des anomalies constatées sur le fichier électoral et sur la cartographie des bureaux de vote, ainsi que le choix du nouvel opérateur technique chargé de la mise à jour de la liste électorale sont, entre autres opérations, des activités qui se déroulent actuellement au sein de la CENI à l’insu des partis politiques de l’opposition.

L’opposition républicaine dénonce son exclusion totale de la gestion du processus électoral qui se déroule dans des conditions dont l’opacité le dispute à l’irrégularité, la CENI ayant été jusqu’à tenir les partis d’opposition dans l’ignorance absolue du contenu des cahiers des charges servant à la sélection de l’opérateur technique.

L’opposition déplore le refus de dialogue des autorités actuelles qui s’enferment dans une logique de fait accompli en allant jusqu’à s’opposer à la signature du Relevé de conclusions résultant de la concertation de Juillet 2014, dans le but évident d’empêcher la mise en place des comités de suivi et de veille de la CENI.

L’opposition condamne fermement les violations graves des libertés et droits humains auxquelles se livrent de manière récurrente les autorités publiques qui se sont lancées ces derniers temps dans une véritable campagne de neutralisation et d’intimidation des opposants politiques. Le harcèlement du président de l’UFR à son domicile, l’assassinat ciblé du président de la section motards de l’UFDG, les menaces de mort et les agressions subies par le député uninominal de Dixinn, membre de l’UFDG, en sont les derniers épisodes.

L’opposition républicaine attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les risques réels que ces provocations et cette démarche d’exclusion dans la conduite du processus électoral font peser sur la paix civile et la cohésion sociale. Elle réaffirme sa détermination à œuvrer par tous les moyens légaux à l’instauration en Guinée d’un Etat de droit respectueux des principes démocratiques.

Pour ce faire, l’opposition républicaine exige des autorités publiques la mise en œuvre des actions suivantes :

  1. la signature du relevé de conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014 et la mise en place subséquente des comités de suivi et de veille ;
  2. la définition consensuelle d’un calendrier électoral pour la tenue, dans les meilleurs délais, des élections communales, en vue de mettre un terme à l’existence illégale de délégations spéciales et d’autres « élus » locaux nommés, ne disposant d’aucune légitimité pour administrer les collectivités ; ces responsables du parti au pouvoir qui ne sont dotés d’aucun mandat électif rivalisent de zèle dans la persécution des militants de l’opposition, surtout à l’intérieur du pays ;
  3. la réforme de la CENI qui a montré ses limites à l’occasion des dernières élections législatives et qui ne remplit plus, dans sa composition actuelle, le critère de parité prévu dans la loi 016 qui fixe son organisation et détermine son mode de fonctionnement ;
  4. la reprise intégrale du dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3) dont l’analyse des résultats provisoires révèle de nombreuses incohérences et anomalies soutenues par une volonté politique manifeste du gouvernement de l’utiliser non pas comme un outil fiable de planification pour le développement et la lutte contre la pauvreté, mais plutôt comme un véritable instrument de cadrage du fichier électoral pour justifier, à terme, un électorat fictif dans les fiefs du parti au pouvoir ;
  5. la mise en place immédiate des institutions républicaines (Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Haute cour de justice, Haute autorité de la communication, Haute autorité des collectivités locales, Institution indépendante des droits humains) dont l’absence est une violation manifeste de la Constitution et une cause du maintien de notre pays dans une situation de transition politique ;
  6. l’arrêt du harcèlement et de la persécution des responsables de l’opposition et l’ouverture immédiate d’enquêtes sérieuses devant aboutir à l’identification des acteurs et commanditaires de ces actes d’un autre âge en vue de leur traduction devant les juridictions compétentes ;
  7. la démilitarisation du village de Womey afin de mettre un terme à la punition collective qui frappe indistinctement les habitants de cette localité, tout en exigeant que la meilleure diligence soit accordée à la traduction devant les tribunaux, des personnes soupçonnées de commission de meurtres et d’actes de violence, le 16 septembre 2014, à l’encontre des membres de la mission officielle de sensibilisation,

Dans l’éventualité où ces revendications ne seraient pas immédiatement satisfaites, l’opposition républicaine initiera dans les prochains jours une série de manifestations pacifiques sur les places publiques afin d’amener le pouvoir à se conformer aux dispositions de la Constitution et des lois de la République.

L’opposition républicaine appelle le peuple de Guinée à rester debout et à demeurer mobilisé pour le combat politique en faveur de l’instauration en Guinée d’un Etat de droit et d’un régime réellement démocratique.

Conakry, le 7 novembre 2014

Les partis politiques membres de l’opposition républicaine


Le Démocrate
Partenaire de GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

 

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+2 #3 Segrega 12-11-2014 17:08

Par anticipation,la maguille electoraliste de koro est deja consommee par nos opposants...Mais comme il n'est jamais TROP tard,il faut exiger a ce que ces elections prochaines cette fois-ci soient propres au moins.
Comme cela,si koro echoue et essaye de s'enteter,il verra la rue!
Citer
 
 
+3 #2 Bagnamoulengue 12-11-2014 00:18

Voici une opposition qui a dormi pendant quatre (4) ans, les textes sont clairs sur la dessus pour aller aux elections mais elle a laisse Alpha Conde viole ces textes et 2015 est la et rien n'est fait pour doter ce pays des institutions democratiques. L'opposition se rend compte maintenant qu'elle est limitee par les contraintes du temps face a un regime qui veut a tout prix confiquer le pouvoir parceque ces elections communales et consorts ne pourront pas se tenir avant 2015 et partir aux elections presidentielles en 2015 avec ces delegations speciales qui sont en realite les faucons du RPG et une CENI deja transformee en memebres du RPG rendue possible par l'instauration de l'Etat d'urgence sanitaire signifie qu'elle signe sa defaite des le premier tour de ces elections presidentielles. En politique il ne faut enlever les yeux sur la cible, il ne faut pas marcher pour marcher, il faut marcher pour obtenir des resultats et exiger le delai pour implementer les resultats obtenus. Il ya eu beaucoup de nos compatriotes qui sont morts pour qu'il y ait la democratie dans ce pays mais a chaque fois qu'on resolve une crise, une autre crise nait par la mauvaise foi des tenants du pouvoir. Hier ils etaient les opposants, ils avaient des critiques virulents envers les regimes en place, ils savent la notion de la bonne gouvernance, ils savent l'ethique, ils savent qu'est ce que l'Etat de droit mais une fois au pouvoir au lieu de faire un sursaut patriotique, ils deviennent pires que leurs predecesseurs et ils sont prets a incolporer toutes les mauvaises pratiques que ces anciens regimes ont fait pour asseoir leurs pouvoirs et je rejoins notre compatriote Thierno Monenembo "Eux qui auraient du etre la solution c'est plutot eux le probleme". Sinon apres tout ce qui s'est passe au stade du 28 2009 avec des morts et l'humiliation de nos soeurs et meres et le depart des militaires du pouvoir, on ne serait pas la aujourd'hui a parler encore des elections pour faire asseoir les institutions democratiques apres cinq (5) ans. J'ai l'impression que tous ceux qui ont eu le privilege de diriger ce pays ont eu une tres mauvaise foi pour ce pays. Il faut voir en longueur de journee combien de fois nos compatriotes sont entrain de mourir de faim, de petites maladies, et maintenat Ebola parceque leur Etat a juste fait dos a eux et est occupe a s'enrichir et rien n'est fait pour ameliorer les conditions de vie des citoyens de ce pays et quiconque a un poste de responsabilite pour servir, cherche plutot a remplir ses poches et envoyer ses enfants en occident. Voila l'image d'un pays qui a toutes les potentialites economiques pour son developpemt mais est traine dans la boue par ses propres fils juste pour des interets egoistes et je crois que notre lutte doit etre focuse contre le systeme qui continue encore a tenir ce pays dans la boue.
Citer
 
 
-3 #1 un jeune gu1neen 11-11-2014 19:13

Péh! Les autorités sont de mauvaise foi ba???
Ladji laaa, moi yé savais pas ô. Faut dire aussi que nos opposants-là ont tjrs l’air partisans. Bon an, mal an, ils sont tjrs d’accord avec koro.
Yako
Citer