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Cri du cœur d’une citoyenne : « il y a les victimes du virus Ebola et les victimes d’Ebola »
Edwige Mardi, 28 Octobre 2014 22:42
Mardi 15 octobre vers 11h., un jeune homme a eu un malaise dans des bureaux de la banlieue. Ses collègues alertés se sont précipités pour l’aider et l’ont fait coucher par terre. Moi-même alertée par les cris me suis précipitée en dehors de ma maison à 20 mètres de la terrasse où le malade était couché.
A ma première sortie, tout le monde l’entourait et tentait de l’aider en lui appuyant sur le torse (j’ai appris plus tard que ce geste l’avait sauvé), en lui versant de l’eau, etc…
Le temps de rentrer prendre un habit et ressortir, ma nounou qui était devant la porte me dit : « Regardez-moi ça, les gens ont commencé de parler de l’affaire Ebola ». Etonnée, je lui dis : « Mais non », puis me rapproche de la scène et observe en effet que le jeune malade est maintenant seul sur la terrasse et que tout le monde a pris ses distances. Je m’approche et me rends compte qu’il convulse et saigne énormément. A une distance d’un mètre, je vois une marre de sang qui se forme autour de sa tête et le sang continue de sortir de son nez de manière rapide. Je demande s’il était malade ces temps-ci. On me dit que oui, mais sans précisions.
C’est la panique. Que faire ? Je cours chercher un drap pour venir le tenir avec, afin d’éviter le contact. J’appelle entre temps le 115, ça ne passe pas.
- Peut-être le mauvais opérateur ?
J’appelle avec un autre, le numéro ne passe encore pas.
- Que se passe-t-il ?
Je suis maintenant à 2 mètres de lui. Mon drap en main mais la raison me gèle. Je ne peux plus m’approcher.
- Ah ! La Croix-Rouge a ses bureaux non loin de là !
Je cours prendre mes clés, saute dans ma voiture et suis en route.
- Réfléchis ! Réfléchis ! Ah ! Un ami travaille pour MSF, je vais l’appeler. Mon téléphone ? Mince, j’ai oublié le téléphone dans lequel son numéro est enregistré.
J’appelle un autre ami et lui demande de m’envoyer son numéro d’urgence par message.
- Ah ! Une pharmacie ! Je vais m’arrêter demander, ils ont peut-être d’autres contacts que le 115. Et non !
La dame me dit d’appeler le 115 qu’elle ne connait pas d’autre numéro. Je sors de la pharmacie et me rappelle que j’ai un ami journaliste qui doit avoir les numéros dont j’ai besoin. Mais encore une fois, son contact est dans le téléphone laissé à la maison.
Je continue vers les bureaux de la Croix-Rouge ou je rentre l’appeler ? Risque d’embouteillages.
J’opte pour rentrer. Entretemps, le numéro de mon ami qui travaille à MSF m’est parvenu. Je l’appelle. Il répond. Je lui explique sans détails que j’ai une urgence et ai besoin de la réponse à Ebola. Il me dit qu’il me rappelle dans 5 minutes qu’il va contacter les personnes en question. Je suis arrivée à la maison. Le malade git toujours sur le sol, en souffrance.
Je cours appeler mon ami journaliste. Il me dit de ne pas paniquer que ce n’est peut-être pas Ebola. Je lui explique que je sais mais qu’à cause du contexte, personne n’accepte d’aider ce jeune qui va peut-être mourir sous nos yeux parce que personne n’ose plus s’approcher. Bref, il me donne le numéro d’un haut responsable de la Croix-Rouge. Le numéro ne passe pas. Je le rappelle. Un autre numéro. Une dame répond : « Ah non, désolée nous on est en train de plier bagages. Je vais vous donner le contact de l’unité qui s’en occupe. » Je la supplie de faire vite. Elle me donne un numéro. J’appelle et une dame réponde : « Ah non, moi je suis à Macenta mais laissez moi vous envoyer un contact à Conakry tout de suite ».
Entre temps, ma belle sœur qui était allé chercher du secours à l’hôpital nous informe qu’ils refusent « évidemment » de se déplacer. Qui pourrait leur en vouloir ?
Mon ami me rappelle. « Ils arrivent. Ils vont vous appeler pour connaitre votre position. »
Je vais voir le malade, tente de le rassurer, l’informe que les secours arrivent, lui demande de respirer, de se calmer (est-ce vraiment lui qui doit se calmer ??). Il continue de convulser. Il souffre.
Mon ami me rappelle après 5 minutes. « Ils vous ont appelée ? ». Je réponds négativement. « En attendant appelez ce numéro. » J’appelle le numéro en question, cellule de réponse de Donka. « Bonjour Monsieur, nous avons ici un jeune qui a fait une crise et saigne beaucoup donc personne n’ose le toucher même pas le personnel médical de proximité » Il appelle son responsable qui prend la ligne et me demande mon nom et ma relation au malade. Je lui réponds et il me dit qu’ils vont me rappeler. Je lui rappelle qu’il s’agit d’une urgence qui dure déjà depuis 30 minutes et que ce n’est peut-être même pas un cas d’Ebola mais au vu de la situation, personne d’autre qu’eux n’osera le toucher.
Le malade commence d’aller mieux et nous demande d’appeler son frère. Il dit que ses nerfs lui font très mal. La crise d’hypertension se confirme. On m’explique qu’il a expliqué avoir eu une crise d’étouffement et une constipation il y a quelques jours et qu’il aurait pris des remèdes d’origine herbacée peu fiables. On suggère qu’il se nettoie, se change et qu’on l’emmène à l’hôpital.
La cellule rappelle. Mêmes questions et le type de lieu où l’on se trouve. Je leur dis des bureaux. Quel type de bureau. Administratif bon sang ! Mais en quoi cela importe ?? Je raccroche, j’en ai eu ma dose de ces gens.
Ils me rappelleront 15 minutes plus tard pour me dire qu’ils sont « enfin » dans l’ambulance, qu’ils ont été bloqués par les embouteillages, qu’ils s’excusent. Entretemps, une amie m’aura appelée pour m’informer qu’elle les a croisés au sortir de la ville et qu’il n’y avait aucun embouteillage. Ils me rappelleront plus tard en se présentant bien comme la cellule de réponse et d’investigations. Quelles investigations ? Une fois que je les ai virés une fois en leur disant que je ne voulais plus répondre à leurs questions, ils n’ont jamais plus rappelé. Du coup, ils ne savent même pas si c’était ou non un cas confirmé et ne le sauront jamais. Ils ont, cela dit, le nom du quartier mais pour peu que ça les intéresse !
Le malade se porte bien depuis. Il est dans une clinique en observation et a fait un bilan complet.
Morale de l’histoire : le 115 ne marche PAS
Notre cellule de réponse n’est pas compétente et/ou au point. Pourquoi ? Manque de moyens ? Débordée ? Peu équipée ? Quoi qu’il en soit, on ne peut pas compter sur elle. Pourquoi ne m’a-t-on à aucun moment posé des questions médicales de premières urgences qui nous auraient permis d’isoler la thèse Ebola ? Pourquoi ai-je parlé à du personnel administratif plutôt que médical ? Nous avons besoin en plus du 115, s’il doit un jour marcher, d’un autre numéro pour les urgences médicales sinon croyez-moi de nombreuses personnes vont mourir non pas du virus mais d’Ebola. Combien encore ne seront pas secourues ?
Notre système de santé n’était vraiment pas prêt à absorber une telle crise sanitaire. Mais, ne serait-ce pas alors l’occasion d’en profiter pour le renforcer ?
Des gens vont mourir du virus Ebola et d’autre du contexte Ebola. Combien de personnes encore, ne seront pas secourues à cause du contexte alors qu’elles n’étaient pas atteintes d’Ebola ?
En plus de l’impact économique, un impact social terrible va se faire ressentir. Le peuple guinéen est un peuple chaleureux et accueillant mais bientôt la méfiance va créer un climat délétère. Imaginez déjà cette vingtaine de personnes dont moi-même qui devons maintenant affronter notre collègue, tout en sachant qu’on a failli le laisser mourir !
Nos autorités doivent réagir de manière sérieuse, responsable et stricte par rapport à cette crise. Des détournements sont déjà confirmés. Quelle malédiction ! Responsables, craignez Dieu ! Ne jouez pas avec la vie qu’il a rendue sacrée…
Edwige
Source : Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Beau témoignage vraiment félicitations !
Il y a eu deux puissances planétaires contemporaines,l'une qui ne croyait pas en Dieu,l'URSS et qui s'est effondrée comme un chateau de cartes et l'autre qui croit en Dieu,les USA,au point d'écrire sur leur monnaie le dollar: In God we trust(en Dieu nous croyons).
Cette dernière est devenue encore plus puissante et domine le monde!
Si vous n'avez pas un petit pois à la place de la cervelle,cet exemple devrait vous donner à refléchir! Naggal houdhaagal!
"Le prosélytisme religieux c’est comme le proxénétisme ambulant, malheur à celui qui
tombe dans le collet". Jah Olela Wembo
Je paraphrase le même auteur :
“Il n'y a pas plus triste, pas plus intolérant ni diaboliquement plus dangereux qu'UNE PUISSANCE IMPERALISTE et sa croyance en Dieu !”
Continuez a croire que la drogue du peuple qu on appelle dieu existe. Eux les voleurs le savent c est pourquoi ils font ce qu ils veulent. La seule solution pour l afrique est d ecarter tout ce qui est lie a dieu et de se sentir responsable de son destin tout en tenant ces dirigeants a l oeil et les juger en consequence des actes qu ils posent pendant le temps qu ils dirigent le pays. Dans le cas contraire continuez a construire des mosques et des eglises et vous verrez si quelque chose va changer dans mille ans.L arabie vit de l argentdu petrole et de la protection des armes de la premiere puissance mondiale et le Vatican lui vit de tresors voles de par le monde a travers les siecles et soigneusement investis de par monde dans des projets tres tres lucratifs et non de dieu.
Il y a eu deux puissances planétaires contemporaines,l'une qui ne croyait pas en Dieu,l'URSS et qui s'est effondrée comme un chateau de cartes et l'autre qui croit en Dieu,les USA,au point d'écrire sur leur monnaie le dollar: In God we trust(en Dieu nous croyons).
Cette dernière est devenue encore plus puissante et domine le monde!
Si vous n'avez pas un petit pois à la place de la cervelle,cet exemple devrait vous donner à refléchir! Naggal houdhaagal!
C'est un NOM que vous avez surement recu de vos parents ( un peu comme tout le monde ).
En BON ATHEISTE , POURQUOI , BON DIEU , le conservez vous ? Mieux , vous " l'exibez " sur la toile ?
A chacun " SON OPIUM " !
LAKOUM WALIA DINE , KOUM WALIA DINE !
SALAM , SHALOM , ALMAMY !








