Vendredi, 17 Octobre 2014 20:08
Au Crans-Montana Forum, en tant qu'ancien Premier ministre de Guinée et président du principal parti politique de l'opposition dans son pays, le président de l'UFDG était attendu pour parler de la crise Ébola, dans la mesure où « la santé publique constitue une composante sécuritaire fondamentale », selon Jean Paul Carteron, président du Crans-Montana Forum.
Cellou Dalein Diallo (sur la photo en compagnie de l’ambassadeur de Russie Alexey Borodavkin) a entamé son allocution par une petite incursion dans le sujet de la sécurité dans la zone sahélo sahélienne, non sans un bref coup d'œil historique qui rappelle les violences que le continent africain a subies en partant de l'esclavage aux guerres civiles, en passant par les luttes d'indépendance. Le chef de file de l'opposition guinéenne n'a pas manqué de dénoncer les trafics d'arme qui, pour lui, ont facilité les conflits dans la région.
Parlant de l'actualité Ébola, Cellou Dalein a une fois de plus pointé, d'une part la négligence de la part des autorités guinéennes, et d'autre part les lenteurs dans la mobilisation de la communauté internationale. Il a précisé que les pays africains de l'ouest n'y étaient pas préparés. Il a insisté sur le fait que les gouvernements ne disposent pas forcément des capacités adéquates pour faire face tous seuls à cette épidémie. Il stigmatise la part du budget national (2,4%) consacré au secteur de la santé.
Selon Cellou Dalein Diallo, il ne suffit pas seulement aux pays occidentaux de donner de l'argent et laisser les pays touchés par le virus se débrouiller. Il faut aller au-delà de ces expéditions financières afin d'aider à la constitution d'une organisation efficace pour stopper la propagation de la maladie. C'est donc tout naturellement qu'il donnera l'exemple de la mobilisation, notamment de la France, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Nord Mali. En plus de l'argent et des équipements, il a rappelé qu'on a envoyé des militaires qui ont appuyé l'armée malienne dans la guerre contre les terroristes. Ainsi donc, le président de l'UFDG demande une implication plus forte de la communauté internationale qui pourrait passer par la mise la mise en place d'une sorte de Serval humanitaire contre le virus Ébola. Dans l'entendement de M. Diallo, de la même manière que les djihadistes constituent une menace contre la stabilité du monde, Ébola aujourd'hui l'est autant.
Il faut noter la présence à cette journée de grandes personnalités, tels que des ambassadeurs, des ministres, mais aussi des présidents comme ceux du Monténégro, de la Macédoine et de la Bosnie.
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